Bon usage

Prévention des infections à VRS : nouvelle mise en garde contre les erreurs médicamenteuses

Les récents rapports de surveillance portant sur les vaccins contre le VRS et le nirsévimab (BEYFORTUS) mettent en évidence une persistance des erreurs médicamenteuses. L'ANSM rappelle qu'une fiche d'information est à la disposition pour accompagner les professionnels de santé. 

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
Dans l’ensemble, les données confirment la sécurité d’utilisation de ces médicaments.

Dans l’ensemble, les données confirment la sécurité d’utilisation de ces médicaments.champpixs / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Alors que la campagne 2026-2027 de prévention des bronchiolites à VRS chez les nourrissons a commencé lundi 14 septembre en métropole (cf. notre article du 2 septembre 2026), l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met les professionnels de santé en garde contre les erreurs médicamenteuses rapportées avec les médicaments impliqués précédemment dans cette stratégie :

Confusion entre les traitements préventifs, erreurs de cibles ou de schéma d'administration...

Les deux derniers rapports de surveillance de ces médicaments de prévention [2, 3] publiés en septembre 2026 (cf. Encadré) mettent en évidence la persistance d'erreurs médicamenteuses et de confusion entre ces médicaments. Selon les auteurs, ces erreurs « semblent être le reflet de confusions ou de défaut d’assimilation des différentes stratégies de prévention thérapeutiques disponibles ».

Les principales erreurs rapportées sont (liste non exhaustive) : 

  • avec le nirsévimab (BEYFORTUS) : 
    • erreur de dose : confusion dans la dose en fonction du poids (100 mg au lieu de 50 mg),
    • erreur de cible : administration de BEYFORTUS chez la femme enceinte, au lieu d'ABRYSVO,
    • non-respect de la stratégie : administration de BEYFORTUS à des patients non éligibles (enfant, adulte) ou en dehors de la saison épidémique ;
  • avec les vaccins ABRYSVO et AREXVY : 
    • erreur de vaccin : injection d'AREXVY chez une femme enceinte, 
    • erreur de cible : injection du vaccin chez le nourrisson, vaccination paternelle, vaccination pendant l'allaitement, 
    • erreur de calendrier : vaccination en dehors de la période recommandée, vaccination d'une femme enceinte avant la 32e semaine d'aménorrhée,
    • erreur de schéma vaccinal : administration de 2 doses chez la femme enceinte, ou revaccination du sujet âgé chaque année par confusion avec la vaccination contre la grippe. Dans 4 erreurs citées dans le rapport de surveillance, les auteurs évoquent des prescriptions mentionnant « à faire chaque année avec le vaccin contre la grippe »,
    • coadministration avec le vaccin diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche (alors qu'un délai de 15 jours est nécessaire).
Encadré - Traitements préventifs contre les infections à VRS : un profil de sécurité confirmé

La mise à disposition des vaccins et des anticorps monoclonaux contre le VRS est associée à une surveillance étroite de ces médicaments et des effets indésirables associés. 

L'ANSM publie régulièrement les rapports d'enquête de pharmacovigilance (cf. notre article du 2 décembre 2025). Les derniers rapports mis en ligne en septembre 2026 portent sur les cas de pharmacovigilance déclarés entre mars 2025 et février 2026 : 

  • pour les vaccins ABRYSVO, AREXVY et mRESVIA : deuxième rapport [2] ;
  • pour le nirsévimab (BEYFORTUS) : troisième rapport [3].

Dans l'ensemble les données confirment la sécurité d'utilisation de ces médicaments chez l'adulte (pour les vaccins) et chez le nourrisson (pour l'anticorps monoclonal). 

Concernant le vaccin ABRYSVO utilisé chez la femme enceinte pour obtenir une protection passive du nouveau-né par transfert d'anticorps, aucun nouveau risque n'est identifié. Comme dans le premier rapport, les auteurs relèvent « une dizaine de cas d'accouchements prématurés » mais aucun lien ne peut être établi avec le vaccin (cf. notre article du 18 novembre 2025 sur les résultats de l'étude Epi-Phare). Des cas de paralysie faciale d'évolution favorable ont également été déclarés, sans lien de causalité avec le vaccin faute de données suffisantes.

Concernant l'anticorps monoclonal nirsévimab (BEYFORTUS), les auteurs notent que « comme l'année précédente, plus de la moitié des déclarations recueillies sur la période 2025-2026 concernent des nourrissons ayant développé une bronchiolite à VRS malgré l’administration de BEYFORTUS, généralement sans conséquence grave », sans remettre en cause l'efficacité de ce traitement (cf. notre article du 6 janvier 2026). Par ailleurs, « les données recueillies dans ce rapport, comme dans le précédent, ne confirment pas certains risques potentiels identifiés dans le premier rapport 2023-2024 (syndrome grippal, diminution de l’appétit, baisse du tonus musculaire, risque d’accident vasculaire cérébral) »

Pour aider les professionnels de santé : une fiche récapitulative à consulter 

Les erreurs médicamenteuses impliquant les médicaments de prévention contre les infections à VRS étaient déjà mises en avant dans les précédents rapports de surveillance, ce qui avait conduit l'ANSM a élaboré une fiche d'information synthétique.

Une nouvelle version de cette fiche (cf. Illustration) [4] est mise à la disposition des professionnels de santé ; elle intègre les nouveautés dans la stratégie de prévention, notamment l'arrivée de l'anticorps monoclonal clesrovimab (ENFLONSIA - cf. notre article du 27 août 2026).

Illustration - Fiche d'information synthétique de l'ANSM
« Comment bien utiliser les traitements de prévention contre le VRS
 » [4]

Cette fiche présente les différentes stratégies en vigueur et les médicaments à utiliser selon la population : 

  • nouveau-né et nourrisson ;
  • enfant jusqu'à 24 mois ;
  • femme enceinte ;
  • adulte (75 ans et plus, ou 65 ans et plus avec pathologie respiratoire chronique ou cardiaque susceptible de décompenser).

Elle souligne les points de vigilance : 

  • ne pas confondre anticorps monoclonal et vaccin ;
  • ne pas cumuler anticorps monoclonal et vaccin, sauf exception ;
  • avant d'injecter, vérifier le patient, le médicament, la dose et la voie d'administration.

Pour les auteurs des rapports de surveillance, la mise à disposition de cette fiche d'information ainsi que l’actualisation (1er mars 2026) du carnet de maternité (qui mentionne la vaccination contre le VRS) constituent des mesures de réduction du risque d'erreur médicamenteuse « dont il sera intéressant de confirmer l’impact lors de la prochaine campagne vaccinale ». 

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !