Le virus respiratoire syncytial est une cause majeure d’hospitalisation des nourrissons.sruilk / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le groupement d'intérêt scientifique GIS EPI-PHARE a partagé les conclusions d'une étude [1, 2] comparant le niveau de protection des deux stratégies actuellement recommandées en France pour prévenir les infections à virus respiratoire syncytial (VRS), et plus particulièrement la bronchiolite, chez les nouveau-nés et les nourrissons :
- l’immunisation directe reposant sur l’anticorps monoclonal BEYFORTUS (nirsévimab) injecté chez le nouveau-né ou le nourrisson ;
- l’immunisation indirecte (par transfert d'anticorps) reposant sur la vaccination des femmes enceintes par ABRYSVO entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée.
Un niveau de protection supérieur pour le nirsévimab
L'étude EPI-PHARE est la première au monde à comparer directement l'immunisation par anticorps monoclonal et l'immunisation par transfert d'anticorps grâce à la vaccination pendant la grossesse.
Les données analysées sont issues du système national des données de santé (SNDS) pour la période 2024-2025 qui correspond à la première saison de déploiement des deux stratégies, au choix des parents.
Plus de 42 000 nourrissons nés entre septembre et décembre 2024 (42 560) ont été inclus dans l'étude. Les auteurs ont procédé à l'appariement (1 pour 1) entre les nourrissons ayant reçu le nirsévimab ou dont la mère a été vaccinée pendant la grossesse.
Le critère d'efficacité retenu était l'hospitalisation. Au total, 481 hospitalisations pour infection par VRS ont été enregistrées sur cette période (cf. Encadré) :
- 212 dans le groupe nirsévimab ;
- 269 dans le groupe ayant bénéficié de la vaccination maternelle.
Le risque d’hospitalisation pour infection liée au VRS est plus faible en cas d'immunisation par BEYFORTUS, réduit de 26 % par rapport à la vaccination maternelle avec ABRYSVO. Ce résultat témoigne d'une efficacité supérieure de l'immunisation par nirsévimab par rapport à l'immunisation indirecte, en termes d'hospitalisation.
La supériorité du nirsévimab par rapport à la vaccination maternelle par ABRYSVO est également observée :
- en termes d'admissions en réanimation ou en soins intensifs pédiatriques (réduction de 42 % supplémentaires) ;
- en termes d'oxygénothérapie (réduction de 44 %) ;
- en termes d'intubations (réduction de 43 %).
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Deux stratégies très efficaces
Les résultats de cette étude comparative ne remettent pas en cause les recommandations actuelles. Relayant cette étude, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) souligne que les deux stratégies actuellement proposées en prévention des infections à VRS chez le nourrisson sont « très efficaces » (cf. nos articles des 2 décembre 2025 et 10 décembre 2025). Ces deux approches ont une efficacité comprise entre 65 et 85 % et permettent de réduire significativement les hospitalisations pour bronchiolite des nourrissons.
Les auteurs rappellent que « la vaccination maternelle constitue une alternative pertinente dans les situations où l'administration systématique du nirsévimab n'est pas possible », ajoutant que « les deux approches doivent être considérées comme complémentaires dans une stratégie de prévention visant à optimiser la couverture vaccinale ».
Enfin, cette étude se focalise sur l'efficacité pour réduire les hospitalisations associées au VRS, mais ne tient pas compte du profil de sécurité de ces deux stratégies. « Les résultats de cette étude (...) doivent s'inscrire dans un cadre plus large. L'évaluation des risques associés à chacun de ces produits doit également être prise en compte », concluent les auteurs.
[1] Prévention des hospitalisations pour bronchiolite chez le nouveau-né : Beyfortus montre une efficacité supérieure à celle offerte par Abrysvo (ANSM, 22 décembre 2025)
[2] Étude comparant l’efficacité des deux stratégies de prévention du VRS (EPI-PHARE, décembre 2025)
3 minutes
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