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Falsification d’ordonnances en officine : quels médicaments sont les plus concernés ?

Le téléservice Asafo, accessible sur Amelipro, et l’enquête Osiap, portée par les centres d’addictovigilance, permettent aux pharmaciens de signaler les suspicions de fausses ordonnances. 

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Entre 2017 et 2022, le nombre d’ordonnances suspectes a quasi triplé. 

Entre 2017 et 2022, le nombre d’ordonnances suspectes a quasi triplé. Drazen Zigic / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La falsification d’ordonnances représente aujourd’hui un sujet de vigilance important pour la santé publique et la sécurité du circuit du médicament.

Historiquement, la surveillance reposait principalement sur l’enquête Ordonnances suspectes, indicateurs d’abus possible (Osiap), portée par les centres d’addictovigilances depuis 2001 [1]. Elle consiste en deux périodes d’observation annuelle de quatre semaines (mai et novembre) et donne lieu à une synthèse nationale. Les résultats montrent une nette augmentation des ordonnances suspectes ces dernières années : entre 2017 et 2022, leur nombre a quasiment triplé, passant de 1 295 à 3 629 signalements. Les motivations principales de la falsification sont le mésusage (automédication ou abus) et le trafic de médicaments.

Un nouvel outil de vérification et de signalement : Asafo

Depuis août 2024, l’outil Alerte sécurisée aux fausses ordonnances (Asafo), créé initialement par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) d’Île-de-France en 2011, a été déployé nationalement [2]. Ce téléservice accessible toute l’année via Amelipro permet aux pharmaciens de consulter la liste des ordonnances confirmées comme frauduleuses dans toute la France, et de signaler rapidement une ordonnance suspecte.

En un an, plus de 15 000 suspicions ont été transmises, dont trois sur quatre se sont révélées frauduleuses. À ce jour, plus de 10 000 fausses ordonnances confirmées ont été enregistrées. Par ailleurs, l’utilisation régulière du téléservice est encouragée par une rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp), à hauteur de 100 euros pour une connexion hebdomadaire au moins 46 semaines par an.

Les médicaments concernés par la falsification d’ordonnance

Selon l’enquête Osiap 2024 [1], les principaux médicaments figurant sur les ordonnances falsifiées sont :

  • les antalgiques opioïdes : tramadol (16,6 %), codéine (10,6 %) ;
  • les médicaments antidiabétiques, représentent près de 30 % des ordonnances frauduleuses, principalement en raison de leur valeur marchande élevée sur le marché parallèle. L’année 2024 a été marquée par une hausse significative de l’insuline (12,5 %). Le sémaglutide (9,8 %) a également fait l’objet d’un détournement d’usage pour ses propriétés amaigrissantes ;
  • les benzodiazépines ou apparentés (anxiolytiques et hypnotiques) : alprazolam (9 %), zopiclone (5,8 %) et zolpidem (5,5 %) ;
  • la prégabaline chute de 26,7 % en 2020 à 6 % en 2024.

Contrairement à une idée reçue, les médicaments de substitution aux opioïdes ne représentent qu’une faible part des falsifications déclarées.

Que faire en cas de doute sur une ordonnance ?

En pratique, le premier réflexe reste de contacter le prescripteur. Si la fraude est confirmée, le pharmacien peut signaler la fausse ordonnance dans Asafo en précisant le motif. Il peut également déclarer les situations d’abus ou de dépendance à leur centre d‘addictovigilance de référence, auprès du conseil régional de l’ordre des pharmaciens (Crop) ou de leur agence régionale de santé (ARS). Ces dispositifs renforcent la sécurisation du parcours de soins et permettent de mieux documenter les dynamiques de mésusage et de trafic [3, 4].

Sources

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