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Désogestrel et étonogestrel : ajout du méningiome à la liste des contre-indications

Un méningiome ou un antécédent de méningiome constituent désormais une contre-indication à une contraception à base de désogestrel ou d'étonogestrel. Les femmes exposées à ces progestatifs doivent être surveillées afin de détecter des signes ou symptômes évocateurs.

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Les signes évocateurs de méningiome sont à repérer chez les femmes sous désogestrel/étonogestrel.

Les signes évocateurs de méningiome sont à repérer chez les femmes sous désogestrel/étonogestrel.megaflopp / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

S'appuyant sur les données d'une étude française Epi-Phare [1] montrant une faible augmentation du risque de méningiome intracrânien chez les femmes exposées au désogestrel pendant un an ou plus (cf. notre article du 27 mars 2025), l'Agence européenne du médicament (EMA) a décidé d'actualiser le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice de toutes les spécialités suivantes, afin d'informer les professionnels de santé et les patientes sur ce risque [2] : 

La mise à jour de ces documents d'information porte sur les rubriques suivantes : 

  • mise à jour des situations de contre-indication : le désogestrel ou l'étonogestrel sont désormais contre-indiqués chez les femmes qui ont un méningiome ou qui ont eu un méningiome par le passé ;
  • ajout de mises en garde pour réduire le risque de méningiome : prise en compte les traitements antérieurs par des progestatifs déjà associés à un risque de méningiome (par exemple la cyprotérone, le nomégestrol, la médroxyprogestérone, et la chlormadinone) avant de commencer un traitement par désogestrel ou étonogestrel ; 
  • ajout de précautions d'emploi : surveillance des femmes traitées par désogestrel ou étonogestrel pour détecter les signes et symptômes (cf. Encadré) pouvant suggérer un méningiome ;
  • ajout du méningiome en tant qu'effet indésirable avec une fréquence « indéterminée ».

Si un méningiome est diagnostiqué chez une femme recevant du désogestrel ou de l'étonogestrel, l'utilisation du médicament doit être interrompue impérativement.

Encadré - Signes et symptômes évoquant un méningiome
  • troubles de la vision ;
  • perte auditive ou bourdonnements dans les oreilles ;
  • perte d'odorat ;
  • aggravation de maux de tête ;
  • perte de mémoire ;
  • convulsions ;
  • faiblesse dans les bras et les jambes.

Un risque faible, mais existant

En général, les méningiomes associés aux progestatifs ne sont pas cancéreux et se développent lentement. Selon leur taille ou leur localisation, ils peuvent causer des troubles graves.

Le risque de développer un méningiome augmente avec la durée d'exposition au désogestrel ou à l'étonogestrel. Il est estimé qu’un cas supplémentaire de méningiome surviendrait pour 67 300 femmes qui utilisent ces médicaments.

Le risque de méningiome associé à ces médicaments reste cependant très inférieur à celui associé à la prise de la chlormadinone (LUTERAN et génériques), cyprotérone (ANDROCUR et génériques), nomégestrol (LUTENYL et génériques), médrogestone (COLPRONE), et médroxyprogestérone (DEPO PROVERA).

En France, des mesures sont déjà applicables depuis 2025

Dès la publication des résultats de l'étude Epi-Phare en 2024-2025, l'ANSM avait mis en place les mesures suivantes relatives à l'utilisation de désogestrel et étonogestrel sur le territoire national (cf. notre article du 27 mars 2025) :

  • information des patients sur le risque de méningiome et sur la conduite à tenir en cas de signes et symptômes évocateurs ;
  • vérification systématique des traitements antérieurs par progestatifs (progestatif utilisé, durée d'utilisation) ;
  • réévaluation de la contraception chez les femmes de 45 ans et plus ;
  • prescription d'une IRM cérébrale dans les situations suivantes : 
    • à l’instauration du traitement par désogestrel, en cas d’exposition antérieure de plus de 1 an à un ou plusieurs progestatifs à risque, conformément aux recommandations d’octobre 2023;
    • en cas de signes évocateurs de méningiome (maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre, troubles du langage, perte de mémoire, épilepsie nouvelle ou aggravée).

L'ajout du méningiome sur la liste des contre-indications et des effets indésirables s'inscrit dans la continuité de ces mesures françaises.

À la différence de ces mesures émises en 2025, l'EMA cite l'anneau vaginal d'étonogestrel (NUVARING et génériques en France) comme médicament concerné par la mise à jour des documents d'information.

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