#Médicaments #Vigilance #Bon usage

Lamotrigine : attention aux effets indésirables cutanés graves

Dans le traitement de l'épilepsie ou des troubles bipolaires, la lamotrigine (LAMICTAL et génériques) expose à des éruptions cutanés rares, mais graves. L'ANSM émet des recommandations pour minimiser la survenue de ce risque, ou organiser sa prise en charge.

David Paitraud 04 juillet 2023 Image d'une montre4 minutes icon Ajouter un commentaire
1
2
3
4
5
3,2
(6 notes)
Publicité
Surveiller attentivement les symptômes évocateurs.

Surveiller attentivement les symptômes évocateurs.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), trois sociétés savantes (Société française de neurologie, Société française de neurologie pédiatrique, Société française de dermatologie) et la Ligue française contre l'épilepsie (LFCE) alertent sur le risque d'effets indésirables cutanés [1] associé à la lamotrigine (LAMICTAL et génériques - cf. Encadré 1). 

Encadré 1 - Indications de la lamotrigine en France

La lamotrigine est le principe actif des spécialités LAMICTAL comprimé dispersible/à croquer et de ses génériques. 

La lamotrigine est indiquée : 

Un effet indésirable connu, qui peut être d'issue fatale

Les éruptions cutanées représentent un effet indésirable connu et fréquent de la lamotrigine. Dans les essais cliniques chez l'adulte, elles sont survenues chez de 8 à 12 % des patients (contre 5 à 6 % des patients prenant un placebo). 

Selon le résumé des caractéristiques du produit (RCP), en général, les éruptions cutanées : 

  • sont maculopapuleuses en apparence ; 
  • surviennent au cours des 8 premières semaines de traitement (2 premiers mois) ;
  • sont d'une évolution favorable à l'arrêt du traitement. 

Dans certains cas cependant, ces éruptions cutanées peuvent être graves et d'issue fatale. Ces éruptions graves se manifestent dans le cadre des syndromes de Stevens-Johnson, de Lyell (ou nécrolyse épidermique toxique) et du Dress (syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques). Elles sont alors associées à un tableau variable de symptômes systémiques dont une fièvre, des adénopathies ou un œdème du visage. 

Signes d'alerte et conduite à tenir

Dans son alerte publiée le 3 juillet 2023, l'ANSM rappelle que les boîtes de lamotrigine contiennent une carte patient informant sur le risque d’éruption cutanée grave. Il est recommandé aux patients : 

  • de prendre connaissance de cette carte et de la conserver en permanence ;
  • de surveiller attentivement les symptômes évocateurs d'un effet indésirable cutané grave : éruption cutanée ou rougeur, fièvre, symptômes pseudo-grippaux, gonflement du visage, apparition de ganglions, irritation de la bouche ou des yeux, bleus ou saignements inattendus, gorge douloureuse.

En cas d'éruption cutanée sous lamotrigine (en particulier dans les deux premiers mois de traitement), les patients adultes et enfants doivent consulter rapidement un médecin.
La lamotrigine doit être arrêtée immédiatement si son imputabilité est suspectée.

Chez les patients ayant interrompu le traitement en raison d’une éruption cutanée, les recommandations suivantes sont applicables : 

  • évaluation spécialisée dermatologique et allergologique ;
  • ne pas réintroduire la lamotrigine si le lien a été confirmé.

Consignes de prescription pour minimiser le risque d'effet indésirable cutané : respecter la phase de titration

Pour réduire le risque d'éruption cutanée grave lié à la lamotrigine, il est recommandé : 

  • si la lamotrogine est prescrite en monothérapie : de respecter la titration nécessaire pendant les quatre premières semaines de traitement (cf. Encadré 2) ; 
  • d'éviter l'association à l’acide valproïque ou ses dérivés (valpromide, divalproate), car elle augmente le risque d’éruption cutanée compte tenu d’une interaction pharmacocinétique (le valproate est un inhibiteur de la glucuronisation de la lamotrigine). Si cette association est prescrite, des recommandations particulières de titration doivent être appliquées, conformément au RCP (cf. Encadré 3).

Les schémas de titration chez l'adulte et chez l'enfant sont décrits dans les monographies de LAMICTAL

Encadré 2 - Recommandations de titration applicables à la lamotrigine en monothérapie chez l'adulte
  • 25 mg en semaines 1 et 2 ;
  • puis 50 mg par jour en semaines 3 et 4 ;
  • puis augmentation de la dose par palier maximal de 50 à 100 mg toutes les 1 à 2 semaines pour atteindre la posologie d'entretien.

 

Encadré 3 - Recommandations de titration applicables à la lamotrigine en association avec le valproate chez l'adulte

Chez l’adulte, lorsqu’elle est nécessaire, une titration prudente est recommandée sur 6, voire 10 semaines :
  • la posologie initiale de lamotrigine doit être réduite de moitié (12,5 mg, soit 1 comprimé de 25 mg un jour sur deux pendant 2 semaines) ;
  • puis 25 mg / jour pendant 2 semaines ;
  • puis, selon la réponse clinique, augmentation de la posologie par paliers de 25 mg toutes les 2 semaines jusqu’à atteindre la posologie d’entretien.

 

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !
Presse - CGU - Données personnelles - Politique cookies - Mentions légales - Contact webmaster