XTANDI : prise en charge étendue dans le cancer de la prostate métastatique hormonosensible

Par David Paitraud - Date de publication : 01 février 2022
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La prise en charge (remboursement et agrément aux collectivités) de XTANDI (enzalutamide) est étendue au traitement du cancer de la prostate métastatique hormonosensible (mHSPC) en association avec un traitement par suppression androgénique (ADT).
Représentation anatomique en 3D de la prostate chez l'homme (illustration).

Représentation anatomique en 3D de la prostate chez l'homme (illustration).


Résumé
La spécialité d'enzalutamide XTANDI 40 mg comprimé pelliculé bénéficie d'une extension de remboursement en ville (100 %) et d'agrément aux collectivités dans le  traitement du cancer de la prostate métastatique hormonosensible (mHSPC) en association avec un traitement par suppression androgénique (ADT).

Cette extension de prise en charge a été accordée sur la base principalement des résultats des études de phase III ENZAMET (en ouvert) et ARCHES, ayant démontré la supériorité de l'enzalutamide (+ ADT) en termes respectivement de survie globale et de
survie sans progression radiologique

Comme dans les autres indications de XTANDI, la posologie d'enzalutamide est de 160 mg en 1 prise quotidienne (4 comprimés de XTANDI 40 mg par jour).

La prise en charge est conditionnée à une prescription initiale hospitalière annuelle, établie par un oncologue ou un cancérologue. 


La prise en charge de XTANDI 40 mg comprimé pelliculé (enzalutamide) est étendue au traitement du cancer de la prostate métastatique hormonosensible (mHSPC) en association avec un traitement par suppression androgénique (ADT) (cf. VIDAL Reco « Cancer de la prostate »).

Cette extension de prise en charge s'applique dans le cadre (cf. Encadré ci-dessous) : 
  • du remboursement en ville : taux de prise en charge à 100 %, 
  • de l'agrément aux collectivités. 

Encadré - Modalités de prescription de XTANDI
Prescription initiale hospitalière annuelle, réservée aux oncologues et aux médecins compétents en cancérologie,
Renouvellement non restreint.

Toutes les indications de XTANDI désormais remboursables
Avec cette extension de prise en charge, toutes les indications thérapeutiques de XTANDI sont désormais remboursables : 
  • traitement du cancer de la prostate hormonosensible métastatique (mHSPC) chez les hommes adultes en association avec un traitement par suppression androgénique ;
  • traitement du cancer de la prostate résistant à la castration (CPRC) non métastatique à haut risque chez les hommes adultes (cf. notre article du 26 mars 2020) ;
  • traitement du CPRC métastatique chez les hommes adultes asymptomatiques ou peu symptomatiques, après échec d'un traitement par suppression androgénique, et pour lesquels la chimiothérapie n'est pas encore cliniquement indiquée ;
  • le traitement du CPRC métastatique chez les hommes adultes dont la maladie a progressé pendant ou après une chimiothérapie à base de docétaxel.

XTANDI dans le cancer de la prostate métastatique hormonosensible
L'indication de XTANDI dans le traitement du mHSCP a été obtenue en avril 2021.
En France, de décembre 2019 à juin 2021, XTANDI a bénéficié d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) dans une indication proche, mais restreinte :
  • traitement des patients adultes atteints d'un mHSPC de haut volume, et pour lesquels un traitement par acétate d'abiratérone ou docétaxel ne peut être considéré, en association avec un traitement par suppression androgénique (ADT).
Jusqu'à présent, une prise en charge dans cette indication restreinte était accordée en relais d'ATU. 

Analyse médico-économique de XTANDI dans le mHSCP : SMR important et ASMR IV
Dans son avis du 21 juillet 2021, la Commission de la transparence (CT) a accordé à XTANDI dans le traitement du mHSCP : 
  • un service médical rendu (SMR) important ;
  • une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV).

Dans cet avis, la CT s'est appuyée sur les données d'efficacité et de tolérance de XTANDI (enzalutamide) issues des études de phase III suivantes, incluant des patients atteints d'un mHSPC : 
  • étude ARCHES (1) de supériorité, randomisée, en double aveugle, internationale, contrôlée versus placebo dont l'objectif était d'évaluer l'efficacité et la tolérance de l'enzalutamide + traitement par suppression androgénique (ADT) versus placebo + ADT, en termes de survie sans progression radiologique (rPFS)* ;
  • étude ENZAMET (2), randomisée, multicentrique, en ouvert, dont l'objectif était d'évaluer la supériorité de l'association enzalutamide + ADT versus un blocage androgénique complet associant un antiandrogène non stéroïdien AANS (bicalutamide/nilutamide/flutamide) + ADT, en termes de survie globale (définie comme le temps entre la randomisation et le décès, toutes causes confondues).

(*) La progression radiologique était définie par une progression selon les critères RECIST 1.1 au niveau des tissus mous, ou la détection d'au moins 2 nouvelles lésions osseuses d'après scintigraphie osseuse.

Les résultats indiquent : 
  • lors de l'analyse principale de l'étude ARCHES, la supériorité de l'association enzalutamide + ADT en termes de survie sans progression radiologique après un suivi médian de 14,4 mois (14 octobre 2018 - analyse intermédiaire), avec : 15,5 % des patients du groupe enzalutamide + ADT et 34,4 % des patients du groupe placebo + ADT ayant eu une progression radiologique ou étant décédés (HR = 0,39, IC95% : [0,30 ; 0,50]). La médiane de survie sans progression radiologique n'a pas été atteinte dans le groupe enzalutamide + ADT et a été de 19,0 mois dans le groupe placebo + ADT. La CT souhaite néanmoins disposer des résultats de l'analyse finale de l'étude ARCHES lorsqu'ils seront disponibles ;
  • après un suivi médian de 33,8 mois pour l'étude ENZAMET (analyse intermédiaire) : un gain en termes de survie globale de l'association enzalutamide + ADT versus ADT seule (HR = 0,67 ; IC95% : [0,52 ; 0,86]), sans que la médiane de survie globale n'ait été atteinte pour aucun des deux groupes.
Le profil de tolérance de XTANDI en association à l'ADT est jugé acceptable par rapport à l'association placebo + ADT avec, respectivement 23,6 % et 24,7 % d'événements indésirables (EI) de grade > 3.

La CT considère que, dans la stratégie thérapeutique, la place de XTANDI administré en association à l'ADT est celle d'une option de traitement de première ligne du cancer de la prostate métastatique hormonosensible. Elle précise que, « en l'absence de données comparatives, la place de XTANDI (enzalutamide) versus les autres options thérapeutiques disponibles en première ligne à savoir l'apalutamide, le docétaxel ou l'acétate d'abiratérone (en association avec la prednisone ou la prednisolone), reste à déterminer »


XTANDI en pratique dans le traitement du mHSCP
Quelle que soit l'indication de XTANDI (dont le traitement du mHSCP), la dose recommandée est de 160 mg d'enzalutamide (4 comprimés pelliculés de 40 mg) en une seule prise quotidienne par voie orale.

La castration médicale par un analogue de l'hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH) doit être maintenue pendant la durée du traitement pour les patients n'ayant pas subi de castration chirurgicale.

Pour aller plus loin
Avis de la Commission de la transparence - XTANDI et cancer de la prostate métastatique hormonosensible (HAS, 21 juillet 2021)

Arrêté du 19 janvier 2022 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux (Journal officiel du 25 janvier 2022 - texte 16)
Arrêté du 19 janvier 2022 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l'usage des collectivités et divers services publics (Journal officiel du 25 janvier 2022 - texte 17)

Les études pivots :
(1) Armstrong, Andrew J., Russell Z. et al. ARCHES: A Randomized, Phase III Study of Androgen Deprivation Therapy With Enzalutamide or Placebo in Men With Metastatic Hormone-Sensitive Prostate Cancer. J Clin Oncol. 2019 Nov 10;37(32):2974-2986.
(2) Ian D. Davis, Andrew J. Martin, et al. Enzalutamide with Standard First-Line Therapy in Metastatic Prostate Cancer. New England Journal of Medicine 2019;381:121-31.
 

Sources : JO (Journal officiel) , EMA (European Medicines Agency) , HAS (Haute Autorité de santé) , ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament)

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