Les principales modifications concernent la dengue et le Chikungunya pour les vaccinations.liujunrong / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Comme chaque année, une version actualisée des Recommandations sanitaires aux voyageurs est mise à disposition pour les professionnels de santé.
Élaboré en tenant compte des récentes données épidémiologiques et de sécurité des produits de santé, ce document de référence accompagne la préparation d'un séjour à l'étranger afin de prévenir les risques sanitaires.
En particulier, cette version 2026 propose une mise à jour de certaines stratégies vaccinales et des mesures de protection personnelle contre les vecteurs de maladies.
Le ministère chargé de la Santé a mis en ligne l'édition 2026 des Recommandations sanitaires aux voyageurs [1].
Comme chaque année, le contenu de ces recommandations a été actualisé par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) [2] afin d'intégrer :
- les dernières données épidémiologiques internationales ;
- les avis émis au niveau national ou international en termes de prévention ou de stratégie thérapeutique ;
- les données de tolérance et de sécurité des médicaments ou autres produits de santé ;
- et la liste des vaccins disponibles, ainsi que d'autres produits susceptibles d'être utilisés pendant un séjour à l'étranger.
Les chapitres suivants ont été largement mis à jour :
- vaccination ;
- sur les risques liés aux arthropodes et protection personnelle antivectorielle (PPAV) ;
- sur les risques liés à l'environnement et exposition à la faune ou à la flore.
Pour faciliter la lecture, « les ajouts et modifications significatifs par rapport à l’édition 2025 apparaissent en police orange dans le texte », indiquent les auteurs.
En outre, dans cette édition 2026, des
Les conseils présentés dans ces fiches ne concernent que des séjours conventionnels, de moins de 1 mois.
Chaque recommandation est associée à une gradation : indispensable, fortement recommandée, recommandé au cas par cas.
Les voyageurs à risque (comorbidités, immunodépression, grossesse…) ou devant réaliser un séjour
Enfin, les auteurs invitent les lecteurs souhaitant apporter des précisions ou faire part de leur commentaire à leur écrire à l'adresse
Actualisation des recommandations vaccinales : les points clés
Chikungunya : mise à jour des données de tolérance d'IXCHIQ et de la stratégie vaccinale
Les deux vaccins contre le chikungunya
L'édition 2026 (page 18) prend en compte les données de tolérance concernant le vaccin IXCHIQ et intègre les avis de la Haute Autorité de santé (HAS). Le vaccin IXCHIQ n'est pas recommandé chez les personnes de plus de 65 ans.
Chez les voyageurs, la
- en zone épidémique, quelle que soit la durée du séjour,
- de plus de 1 mois ou de séjours répétés dans une zone endémique (circulation active du virus dans les 12 mois précédents).
La place des vaccins dans la stratégie de vaccination des voyageurs contre le chikungunya est résumée dans le tableau suivant :
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Dengue : des données de pharmacovigilance rassurantes
Déjà mentionnée dans la version 2025, la stratégie de vaccination des voyageurs contre la dengue (page 27) évolue afin de prendre en compte les données de pharmacovigilance concernant le vaccin QDENGA (vaccin vivant atténué).
Le HCSP note que ces données sont « rassurantes quels que soient le terrain et les antécédents personnels de dengue » et recommande la vaccination des voyageurs contre la dengue uniquement dans le contexte spécifié, et pour les populations suivantes :
- séjour dans une zone où une épidémie est avérée ou séjour de plus d’un mois dans une zone où la dengue est considérée comme endémique (taux d’incidence supérieur à 100 pour 100 000 personnes-années) :
- la vaccination contre la dengue est recommandée chez les voyageurs de 6 ans et plus, quels que soient les antécédents personnels de dengue (sérologie non nécessaire).
Le schéma vaccinal comporte 2 doses :
- 2 doses par voie sous-cutanée (SC) espacées d'au moins 3 mois ;
- en cas de départ imminent, tout particulièrement en cas d’épidémie : 1 dose SC au moins 2 semaines avant le départ, la 2e dose devant être impérativement réalisée avec un intervalle d’au moins 3 mois.
En revanche, la vaccination des voyageurs contre la dengue n'est pas recommandée dans les situations suivantes :
- séjour dans une zone où le taux d’incidence est supérieur à 100 pour 100 000 personnes-années sans épidémie rapportée :
- la vaccination n’est pas recommandée pour les séjours courts (de moins d’un mois) ;
- séjour dans une zone où la dengue circule avec un taux d’incidence inférieur à 100 pour 100 000 personnes-années, et sans épidémie active rapportée :
- la vaccination n’est pas recommandée.
Le HCSP rappelle que QDENGA est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes ou allaitantes et en cas d’hypersensibilité aux substances actives ou à l’un des excipients.
Hépatite A : le niveau d'hygiène du pays de destination en premier critère
La vaccination contre l'hépatite A (page 48) est recommandée à partir de l’âge de 1 an pour tous les voyageurs devant séjourner dans un pays où le niveau d’hygiène peut être insuffisant (Asie y compris la Turquie, tout le continent africain, Amérique centrale et du Sud, Europe de l’Est), quelles que soient les conditions du séjour.
Le HCSP note par ailleurs que :
- le schéma vaccinal à une dose peut être utilisé chez l’enfant, hors AMM. Cette position s'appuie sur les nombreuses études démontrant, chez les personnes immunocompétentes, une séroprotection prolongée, chez l’adulte comme chez l’enfant, avec un schéma à une dose vaccinale ;
- le schéma à 1 dose est également possible chez l’adulte, en dehors des sujets de plus de 40 ans, chez lesquels les données sont limitées. Dans tous les cas, si le délai entre les 2 doses défini par l’AMM n’est pas respecté, la 2e dose peut être administrée quel que soit le délai, sans avoir à reprendre l’ensemble du schéma vaccinal
Encéphalite à tiques : des précisions concernant les rappels
Concernant la vaccination contre les encéphalites à tiques, le HCSP note que « des études sont en faveur d'une immunité protectrice jusqu'à 10 ans après la 3ème dose vaccinale ».
Les recommandations pour les rappels ultérieurs sont actualisées (page 38) :
- pour les personnes vaccinées par un schéma standard :
- un rappel est recommandé 3 ans après un schéma de primo-vaccination complet
- puis tous les 5 à 10 ans si âgé de 12 à 49 ans ou tous les 3 ans si âgé de plus de 50 ans.
- pour les personnes vaccinées par un schéma rapide/express :
- un rappel est recommandé 12 à 18 mois après un schéma de primo-vaccination complet
- puis tous les 5 à 10 ans si âgé de 12 à 49 ans ou tous les 3 ans si âgé de plus de 50 ans+
La fréquence des rappels devra ensuite être définie au cas par cas par le professionnel de santé en fonction du statut immunitaire et de l'état clinique du patient.
Synthèse des éléments actualisés pour les autres vaccinations
Concernant les autres vaccinations recommandées chez les voyageurs, les éléments suivants ont été mis à jour :
- liste des vaccins disponibles pour la grippe (page 46) et la Covid-19 (page 26) ;
- données épidémiologiques pour les pathologies suivantes : choléra (page 23), variole B (page 57), rougeole (page 68), rage (page 64, cf. Encadré), encéphalite à tiques (page 34), fièvre jaune (page 39), leptospirose (page 55) ;
- liste des pays où circulent les poliovirus sauvages et dérivés des souches vaccinales (page 62), et de haute endémie tuberculeuse (page 71).
Concernant la rougeole, le HCSP souligne la présence d'une épidémie active aux États-Unis ; les professionnels de santé doivent vérifier le statut vaccinal des personnes prévoyant de séjourner outre-Atlantique, notamment celles qui doivent assister aux matchs de coupe du monde Fifa 2026 (cf. notre article du 25 juin 2026).
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Dans un contexte de réémergence de cas de rage en Europe centrale [2], le HCSP a intégré dans les recommandations 2026 les liens permettant de suivre l'évolution épidémiologique de cette infection :
Selon un rapport de l'Agence nationale de sécurité de sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) [2], une augmentation du nombre de cas de rage est observée depuis 2021 chez les animaux sauvages et domestiques en Pologne, Roumanie, Hongrie, Slovaquie. Cette réémergence est marquée par l’arrivée d’un nouveau groupe de virus rabique. La situation est particulièrement préoccupante en Roumanie où le programme de vaccination des renards roux a été interrompu. En 2025 dans ce pays, un homme est décédé de la rage après avoir été mordu par un chien errant. « Il s’agissait du premier décès humain dû à la transmission de la rage par un animal terrestre dans l’Union européenne depuis 2012 », note l'Anses. |
Maladie à virus Ebola : un ajout de dernière minute
Les auteurs ont ajouté « en dernière minute » un point d'actualité sur l'alerte Ebola en République démocratique du Congo, dans lequel ils décrivent (page 7) :
- la situation épidémique actuelle, déclarée « Urgence de santé publique » par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ;
- le mode de transmission et le tableau clinique ;
- la conduite à tenir face à un cas suspect après un voyage dans une zone à risque (cf. notre article du 2 juin 2026).
Le HCSP recommande aux voyageurs n’ayant pu reporter leur voyage et devant se rendre dans un pays touché par la maladie à virus Ebola de respecter les consignes suivantes :
- appliquer strictement les règles d’hygiène standard ;
- se laver les mains fréquemment au savon ou les frictionner avec une solution hydroalcoolique ;
- éviter tous contacts rapprochés avec les secrétions des malades ayant une forte fièvre, des troubles digestifs, ou des hémorragies extériorisées par la bouche, le nez, ou les selles ;
- ne pas consommer ni manipuler de la viande de brousse ;
- éviter les rites funéraires au cours desquels parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille ;
- en cas d’apparition de symptômes, appeler sans délai le SAMU-Centre 15.
Le risque d’introduction du virus dans les pays hors de l’Afrique est actuellement considéré comme faible par l’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Des nouvelles recommandations pour la protection personnelle antivectorielle
Le chapitre relatif à la protection personnelle anti-vectorielle (PPAV - page 74) a été largement révisé afin d'y intégrer les nouvelles recommandations émises par le HCSP le 12 juin 2026 [3].
Le travail d'actualisation avait pour objectif :
- pour chaque produit de protection antivectorielle, de considérer les niveaux de preuve d’efficacité et les aspects toxicologiques pour l’humain et l’environnement, en vue de recommander ou non leur usage ;
- d'homogénéiser les messages de prévention tant par rapport aux insectes que par rapport aux autres vecteurs potentiels d’agents pathogènes (virus, bactérie, parasite), comme les tiques ;
- de réaliser un support pour les recommandations sanitaires du HCSP à destination des voyageurs (cf. Illustration).
D'une façon générale, le HCSP recommande :
- de privilégier les mesures de protection physique (vêtements longs et couvrants, moustiquaire, climatisation et brasseurs d'air) ;
- de n'utiliser que les répulsifs disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) : DEET, IR3535 et KBR3020=3 ou icaridine (cf. Tableau 8 par 82).
Par conséquent, les produits et dispositifs de protection antivectorielle suivants ne sont pas ou plus recommandés :
- l’huile d’eucalyptus citronné, en attendant son évaluation ;
- les bracelets antimoustiques et les huiles essentielles (y compris à base de citronnelle), en l'absence de preuve d'efficacité ;
- les serpentins fumigènes, en l’absence d’AMM et d’un risque potentiel pour la santé humaine ;
- les diffuseurs électriques d’insecticide pour les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans en raison d’un risque de trouble du neurodéveloppement des enfants.
- les vêtements imprégnés à la perméthrine, en raison d’un rapport bénéfice/risque défavorable : le HCSP note que des sprays de vêtements à base de DEET et d’IR3535 peuvent être proposés en alternative, en cas de risque élevé de maladie à transmission vectorielle.
Illustration - Résumé des recommandations de PPAV

Des plantes et des animaux à risque
Le HCSP met en garde contre l’ayahuasca
Le HCSP alerte les voyageurs sur les risques de consommer l’ayahuasca (page 143). Il s'agit d'une décoction (ou macération) de plantes trouvée principalement en Amérique du Sud. Elle se compose le plus souvent d'une liane grimpante Banisteriopsis caapi associée à des feuilles de Psychotria viridis aux propriétés hallucinogènes.
Cette préparation est proposée dans un but d’expérience spirituelle ou mystique, dont la consommation fait désormais « l'objet d'un tourisme occidental ». Les auteurs recommandent que la consommation de l'ayahuasca soit « encadrée par des personnes sécures capables de vérifier les contre-indications et de contrôler les risques pour les usagers (vomissements, angoisse, douleurs thoraciques, traumatismes… principalement en cas de coadministration avec d’autres produits toxiques) ».
Hantavirus et autres maladies portées par les rongeurs
Un paragraphe sur les risques spécifiques liés aux rongeurs a été ajouté dans l'édition 2026 (page 132), faisant écho à l’épisode d’infection à Hantavirus andes particulièrement médiatisé au mois d'avril (cf. notre article du 7 mai 2026).
Face aux risques liés aux rongeurs, il est recommandé de façon générale :
- d’éviter les contacts avec des rongeurs vivants ou morts, leurs excrétions ou leurs habitats ;
- de se laver soigneusement les mains ou de les frictionner avec un SHA après un travail ou une sortie dans la nature ;
- de ventiler les espaces fermés, d’humidifier le sol avant nettoyage et d’éviter de dormir dans des bâtiments potentiellement souillés ;
- de stocker les aliments de manière sécurisée, notamment lors de randonnées en zone rurale ;
- en cas de camping d’éviter de dormir directement sur le sol et d’éloigner les tentes des zones de broussailles et de décharges ;
- de porter un masque chirurgical dans les situations à risque d’exposition, notamment lorsqu’on rentre dans un lieu inhabité ou lors de l’aération ou le nettoyage d’un tel lieu (port de gants et de lunettes de protection en plus d’un masque).
Comme pour tout voyage, « l’application des mesures d’hygiène standard est essentielle » insistent les auteurs :
- hygiène des mains régulière à l’eau et au savon ou au soluté hydroalcoolique ;
- hygiène des espaces privés ;
- consommations d’aliments bien cuits ou lavés-pelés ;
- consommation d’eau en bouteille ou stérilisée.
[1] Recommandations sanitaires aux voyageurs, à l’attention des professionnels de santé – Édition 2026 (HCSP et ministère en charge de la Santé, juillet 2026)
[2] Rage : une réémergence préoccupant en Europe centrale (Anses, 10 juin 2026)
[3] Protection personnelle antivectorielle (HCSP, 12 juin 2026)
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