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Ebola : la DGS définit la conduite à tenir face à un cas suspect en France

Dans un DGS-Urgent émis le 29 mai 2026, la DGS adresse aux professionnels de santé la conduite à tenir en cas de symptomatologie évoquant une maladie à virus Ebola (MVE). Tout patient suspect doit être immédiatement isolé et le SAMU-Centre 15 doit être contacté. 

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L'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

L'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).Zephyr18 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

En réaction à l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) rapportée en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, la direction générale de la Santé (DGS) a adressé aux professionnels de santé français un DGS-Urgent [1]. L’objet de ce message est double :

  • faire un point sur le risque d'importation en France et la situation épidémique actuel (cf. Encadré 1) ;
  • préciser la conduite à tenir en cas de suspicion chez un patient accueilli par un professionnel de santé (médecin, pharmacien, infirmier ou sage-femme).

Si le risque d’importation de cette infection en France est considéré comme faible à ce jour, la DGS n'écarte pas la possibilité d'observer des cas suspects sur le territoire national ; elle appelle les professionnels de santé à renforcer leur vigilance.

Pour rappel, le niveau de risque évalué par l'OMS le 22 mai 2026 est :

  • très élevé au niveau national (RDC) ;
  • élevé au niveau régional ;
  • faible au niveau mondial.
Encadré 1 - Point épidémiologique - MVE en Afrique (27 mai 2026)

L’épidémie de MVE en cours en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda est causée par la souche Bundibugyo. En RDC, plus de 1 000 cas suspects et 246 décès ont été signalés.

La situation est marquée par :

  • une évolution de l’épidémie non contrôlée à ce stade et un bilan probablement sous-estimé en RDC ;
  • une circulation dans des zones urbaines et à forte mobilité ;
  • l’absence actuelle de vaccination et de traitement spécifique validé pour la souche Bundibugyo ;
  • la difficulté de réaliser les investigations et le contact-tracing en RDC ;
  • la très faible capacité de diagnostic des patients en RDC ;
  • un accès aux soins rendus difficile dans certains secteurs notamment ruraux.

Dans ce contexte, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) au titre du règlement sanitaire international.

À noter que la plupart des épidémies avec un virus Ebola en RDC étaient jusqu'à présent dues au virus Zaire, le seul virus Ebola pour lequel un vaccin est homologué.

Définition du cas suspect : identifier une situation d'exposition

Un patient suspect est défini comme toute personne présentant, dans un délai de 21 jours après son retour d’une zone de circulation virale, un tableau clinique évocateur de maladie à virus Ebola (cf. Encadré 2) :

  • fièvre ≥ 38 °C ;
  • OU des symptômes incluant céphalées sévères, asthénie, myalgies/arthralgies, vomissements, diarrhée, douleur abdominale ou saignements inexpliqués.

Une personne décédée de façon inexpliquée dans un délai de 21 jours après son retour d’une zone de circulation virale est aussi considérée comme un cas suspect.

Une MVE doit donc être évoquée devant tout patient présentant une symptomatologie compatible dans les 21 jours suivant un séjour en zone de circulation virale« Les tableaux cliniques initiaux pouvant être peu spécifiques (fièvre, symptômes généraux), une attention particulière doit être portée à l’interrogatoire de voyage et à la recherche d’un contexte d’exposition à risque », précise la DGS.

Les personnes revenant de la zone de circulation du virus et ne rapportant aucun symptôme ne sont pas des patients suspects à évaluer.

Encadré 2 - La maladie à virus Ebola en synthèse
  • Transmission
    • initiale à l'humain : elle est supposée survenir lors de contacts étroits avec des animaux infectés, vivants ou morts, particulièrement les chauves-souris ou les primates non humains,
    • interhumaine : elle se produit par contact direct avec le sang ou les fluides biologiques de personnes infectées, ou par contact avec des surfaces contaminées ;
  • Incubation : la période d’incubation est comprise entre 2 et 21 jours ;
  • Manifestations cliniques :
    • survenue des symptômes le plus souvent de manière brutale avec notamment fièvre, asthénie, myalgies, céphalées et odynophagie,
    • évolution vers des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), une éruption cutanée et des atteintes hépato-rénales,
    • des manifestations hémorragiques, plus tardives et inconstantes, peuvent être observées. Une atteinte neurologique est également possible (confusion, irritabilité).

Les personnes infectées ne sont pas contagieuses avant l'apparition des symptômes et le deviennent dès le début des symptômes.

Cas suspect de MVE : isolement immédiat 

Si le professionnel de santé suspecte une MVE chez un patient, les mesures suivantes doivent être mises en œuvre sans délai :

  • isolement immédiat ;
  • application des mesures de protection adaptées :
    • port d’un masque chirurgical et friction hydro-alcoolique pour le patient,
    • port d'un masque FFP2, de gants et d'une surblouse, et friction hydro-alcoolique pour le personnel soignant ;
  • contact auprès du SAMU-Centre 15 pour activer la filière risque épidémique et biologique (REB).

« Aucun patient suspect ne doit être adressé vers une structure d’urgence ou un laboratoire sans concertation préalable avec le SAMU-Centre 15 », insiste la DGS.

Classement du cas : de suspect à possible

Lorsqu'il est contacté, le SAMU-Centre 15 organise une évaluation clinico-épidémiologique pour classer le cas avant d'intervenir. 

Cette évaluation est réalisée via une conférence téléphonique associant le praticien prenant en charge le patient, le médecin régulateur du SAMU, l’infectiologue de l’établissement de santé de référence régional pour le risque épidémique et biologique (ESR R REB), le centre national de référence des fièvres hémorragiques virales (CNR FHV) - Institut Pasteur Lyon disponible 24/24 7/7), voire l'agence régionale de santé (ARS) et Santé publique France. 

En cas de classement en « cas possible »

  • prise en charge du patient : un SMUR (structure mobile d'urgence et de réanimation) est mobilisé pour assurer la prise en charge du patient, qui devra rester isolé jusqu’à l'arrivée du SMUR ;
  • traçabilité et désinfection : au niveau du cabinet médical, les mesures suivantes sont mises en œuvre après le départ du patient : 
    • lister les patients en salle d’attente et les laisser partir après friction hydroalcoolique,
    • réaliser une désinfection des locaux avec de la javel ou un produit désinfectant virucide validé avec la norme NF EN 14476+ A2, suivie d’une pause de 15 minutes et d’un rinçage. Les consultations ne doivent reprendre qu'après la désinfection,
    • éliminer les déchets dans la filière DASRI,
    • appeler l’infectiologue REB d’astreinte (via un appel au Centre 15) ;
  • déclaration : tout cas possible de fièvre hémorragique africaine (FHA), maladie à signalement obligatoire, doit faire l’objet d’une déclaration via le formulaire dédié de notification obligatoire (« formulaire MSO FHA »).
Sources

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