Mortalité réduite chez les patients français sous traitement de substitution aux opioïdes

Cette étude de cohorte rétrospective (2010-2022), financée par le GIS Epi-Phare, et réalisée chez 175 191 personnes, montre qu'un TSO réduit le risque de décès toutes causes de 59 % la première année, de 64 % entre 2 et 5 ans et de 60 % à 7 ans.

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Des résultats qui confortent l'intérêt des TSO à court et à long terme.

Des résultats qui confortent l'intérêt des TSO à court et à long terme.Prostock-Studio / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La mortalité chez les personnes qui suivent un traitement de substitution aux opioïdes (TSO) diminue, en particulier pour celles qui prennent de la buprénorphine, dès la première année de traitement, puis cette baisse se maintient les années suivantes, selon une étude française.

Le taux de décès chez les personnes qui ne sont pas traitées pour leurs troubles de l'usage des opioïdes est estimé à 1 %-3 % par an et les surdoses sont responsables dans plus de la moitié des cas, rappellent la Pr Julie Dupouy de l'université de Toulouse et ses collègues dans The Lancet Public Health.

L'introduction des TSO, buprénorphine et méthadone, a permis de réduire l'usage déclaré et les surdoses, mais les données à long terme manquent.

Dans cette étude financée par le groupement d'intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare, les chercheurs ont voulu préciser la mortalité sous TSO et les causes de décès.

Pour cela, ils ont mené une étude de cohorte rétrospective à partir du système national des données de santé (SNDS), identifiant 175.191 personnes de 15 ans et plus (35,9 ans en médiane, 75 % d'hommes) ayant débuté un TSO entre janvier 2010 et décembre 2022.

À l'inclusion, ils étaient 65,2 % à recevoir de la buprénorphine, 31,5 % de la méthadone et 3,4 % de la buprénorphine + naloxone. Pour les deux tiers (66,5 %), le médecin généraliste était le premier prescripteur.

Le suivi des patients était de 9,2 ans en médiane. Au cours de la première année de suivi, la durée cumulée d'utilisation des TSO était de 218 jours en médiane.

L'analyse de mortalité a porté sur un total de 137.221 personnes-années en cumulé sous TSO et 28.912 sans TSO au cours de la première année, respectivement 236.427 et 79.404 personnes-années à deux ans, 391.633 et 231.675 personnes-années à cinq ans et 405.087 et 298.754 personnes-années à sept ans.

Au total, 6.728 personnes étaient décédées à sept ans de suivi.

L'analyse multivariée des données montre que globalement, la mortalité de toutes causes est réduite de manière significative sur le plan statistique de 59 % sous TSO par rapport aux périodes sans TSO au cours de la première année.

Le risque de décès de toutes causes reste significativement réduit sous TSO ensuite, de 64 % à deux ans et à cinq ans, et à 60 % à sept ans.

Le plus grand bénéfice du TSO sur la mortalité était observé avec la buprénorphine, avec une réduction de 84 % après un an de suivi. La baisse était de 42 % avec la méthadone et non significative pour l'association buprénorphine + naloxone.

L'analyse suggère que le risque de décès au cours de la première année de suivi était plus élevé chez les hommes, augmentait avec l'âge, avec la prise de certains médicaments, notamment les analgésiques opioïdes, les antidépresseurs, les benzodiazépines, les hypnotiques, les médicaments pour les troubles de l'usage de l'alcool et les gabapentinoïdes, avec des comorbidités cancéreuses surtout, mais aussi psychiatriques, hépatiques et le VIH.

L'analyse des données de mortalité selon les causes du décès montre une réduction significative des décès, notamment par surdoses accidentelles, blessures ou empoisonnements, infections, suicides, suivant des tendances similaires, au cours de la première année puis des années suivantes.

Dans cette grande cohorte nationale, les TSO étaient fortement associés à une mortalité plus faible, de manière plus marquée pour la buprénorphine, concluent les chercheurs.

Ces résultats suggèrent qu'il faut continuer à développer l'accès aux TSO et renforcer les modèles de prise en charge en soins primaires dans les pays présentant des contextes similaires, ajoutent-ils.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 6 juillet 2026.

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