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Les kits de naloxone comme outil de réduction des risques

Le surdosage aux opioïdes ne concerne pas que les usages illicites : un mésusage expose aussi les patients à ce risque. La HAS recommande de prescrire ou délivrer de la naloxone prête à l'emploi aux patients et à leur entourage pour anticiper les situations d'urgence.

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En 2024, 34 % des usagers d’opioïdes ignoraient l’existence des kits de naloxone.

En 2024, 34 % des usagers d’opioïdes ignoraient l’existence des kits de naloxone.MoleQLSS / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Un surdosage aux opioïdes, couramment appelé « overdose », peut être identifié par l’association des trois symptômes suivants : myosis, inconsciences et dépression respiratoire.

Devant toute suspicion de surdosage, il est impératif d’appeler immédiatement les secours.

L’administration d’une première dose de naloxone est ensuite réalisée sans délai. L’objectif est d’inverser la dépression respiratoire et de maintenir la personne en vie dans l’attente de la prise en charge médicalisée. En l’absence d’amélioration, une ou plusieurs doses supplémentaires peuvent être administrées jusqu’à l’arrivée des secours [1].

Une molécule d’action rapide, mais de courte durée

La naloxone, antagoniste pur, spécifique des récepteurs opioïdes, est l’antidote des surdoses aux opioïdes. Elle permet de traiter rapidement la dépression respiratoire potentiellement mortelle. Cependant, la durée d’action de la plupart des opioïdes est plus longue que celle de la naloxone : les signes de surdosage peuvent donc réapparaître après une première amélioration.

Utilisée depuis plus de quarante ans en médecine d’urgence, elle est aujourd’hui disponible sous des formes prêtes à l’emploi (NYXOID, PRENOXAD et VENTIZOLVE), utilisables par des non-professionnels de santé. Son profil de sécurité est bien établi : en l’absence d’opioïdes, elle est sans effet, et son principal risque est la survenue d’un syndrome de sevrage aigu chez les personnes dépendantes [2].

Un enjeu qui dépasse l’addictologie

La question des surdoses ne se limite pas aux usages illicites. Les opioïdes sont largement prescrits dans le traitement de la douleur aiguë ou chronique. Initiation récente, augmentation posologique, mésusage, association à d’autres dépresseurs du système nerveux central ou perte de tolérance expose certains patients à un risque réel de surdose.

Dans ce contexte, proposer une information sur la naloxone, voire en faciliter l’accès, relève pleinement du rôle de prévention du pharmacien.

Un outil recommandé par la HAS

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande explicitement de prescrire ou de délivrer une naloxone prête à l’emploi aux personnes à risque de surdose, mais également à leur entourage, afin d’anticiper une situation d’urgence et de réduire la mortalité dans l’attente de l’arrivée des secours [1].

En France, les pharmacies d’officine peuvent délivrer les spécialités de naloxone avec prescription (NYXOID) ou sans prescription (PRENOXAD et VENTIZOLVE), et participer activement à cette stratégie de réduction des risques. Cette délivrance ne se limite pas à un acte technique : elle s’accompagne d’un échange court sur les signes de surdose, la conduite à tenir, l’appel aux secours et la surveillance post-administration.

Sources

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