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Le cancer colorectal (CCR) se situe au troisième rang des cancers les plus fréquents en France chez l’homme et au deuxième rang chez la femme (illustration).

Le cancer colorectal (CCR) se situe au troisième rang des cancers les plus fréquents en France chez l’homme et au deuxième rang chez la femme (illustration).

#Médicaments #Prise en charge
Par David Paitraud - Date de publication : 10 mars 2022

BRAFTOVI : prise en charge étendue au cancer colorectal, en association au cétuximab

Le périmètre de remboursement (100 %) et d'agrément aux collectivités de BRAFTOVI 75 mg gélule (encorafénib) est étendu au cancer colorectal métastatique BRAF muté, en deuxième ligne de traitement ou plus et en association avec le cétuximab (ERBITUX). 
 
Résumé 
L'inhibiteur des protéines kinases BRAF BRAFTOVI 75 mg gélule (encorafénib) bénéficie d'une extension de prise en charge (remboursement en ville et agrément aux collectivités) dans le traitement du cancer colorectal (CCR) métastatique : 
  • en association au cétuximab (ERBITUX) ;
  • chez les patients porteurs d'une mutation BRAF V600E ;
  • en deuxième ligne de traitement ou plus.

L'avis favorable au remboursement de BRAFTOVI dans cette indication s'appuie sur les données de l'étude BEACON, au cours de laquelle l'association encorafénib/cétuximab a montré une efficacité supérieure à d'autres protocoles médicamenteux, en termes de survie globale et de survie sans progression. 

Pour être pris en charge, BRAFTOVI doit être prescrit à l'hôpital, par un oncologue ou un cancérologue.
Une surveillance dermatologique est recommandée au cours du traitement, en raison d'un risque de cancers cutanés associés à ce traitement. 

BRAFTOVI 50 mg gélule n'est pas concerné par cette extension de prise en charge. 

La spécialité BRAFTOVI 75 mg gélule (encorafénib) est désormais prise en charge dans l'indication suivante, correspondant à celle de l'autorisation de mise sur le marché (AMM : cf. Encadré 1) :  
Encadré 1 - BRAFTOVI : indications thérapeutiques de l'AMM
  • Mélanome : en association au binimétinib (MEKTOVI) dans le traitement de patients adultes atteints de mélanome non résécable ou métastatique porteur d'une mutation BRAF V600 (cfVIDAL Reco « Mélanome cutané ») ;
  • Cancer colorectal : en association au cétuximab, dans le traitement de patients adultes atteints de cancer colorectal (CCR) métastatique porteur d'une mutation BRAF V600E, ayant reçu un traitement systémique antérieur.

Cette extension de prise en charge s'applique : 
  • en ville : remboursement au taux de 100 % (cf. Encadré 2) ;
  • à l'hôpital : agrément aux collectivités. 
Elle ne concerne pas le dosage à 50 mg de BRAFTOVI gélule.

Encadré 2 - Conditions de prescription de BRAFTOVI
  • Médicament soumis à prescription hospitalière ;
  • Prescription réservée aux spécialistes en oncologie ou aux médecins compétents en cancérologie ;
  • Médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement.

BRAFTOVI : un inhibiteur sélectif de la kinase RAF
La mutation BRAF V600E conduit à l'activation de la kinase RAF et de la voie de signalisation RAS/RAF/MEK/ERK, entraînant une prolifération accrue des cellules cancéreuses.

L'encorafénib est un inhibiteur sélectif de la kinase RAF (Rapidly Accelerated Fibrosarcoma), le premier de cette classe thérapeutique à obtenir une AMM dans le traitement du CCR métastatique porteur d'une mutation BRAF.

Selon les données de l'Institut national du cancer (Inca), l'incidence de la mutation BRAF chez les patients avec un CCR est estimée à 11 % en France, dont une majorité avec la mutation BRAF V600E.
 
Une AMM précédée par une ATU
Dans
le cancer colorectal, BRAFTOVI a bénéficié d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) de cohorte de juin à décembre 2020 dans une indication proche de celle de son AMM, à savoir : 
  • en association au cétuximab, dans le traitement de patients adultes atteints de CCR métastatique porteur d'une mutation BRAF V600E, ayant progressé après un ou deux traitement(s) antérieur(s) systémique(s) au stade métastatique et présentant un score ECOG 0 ou 1.

Encorafénib/cétuximab : une efficacité démontrée en termes de survie globale et de survie sans progression versus d'autres associations
L'efficacité de l'association encorafénib/cétuximab (groupe doublet) a été démontrée dans l'étude  de supériorité de phase III BEACON, multicentrique randomisée, en ouvert, par rapport aux associations irinotécan/cétuximab ou FOLFIRI/cétuximab (groupe comparateur ou contrôle), en termes de survie globale (SG) et de survie sans progression avec des gains en valeurs absolues de 3 mois et 2,7 mois respectivement (critères de jugement secondaires hiérarchisés : cf. Tableau ci-dessous).

Tableau Résultats sur la SG du groupe doublet versus contrôle (critère de jugement secondaire hiérarchisé, analyse principale au 11 février 2019) - étude BEACON

 
En France, selon la Commission de la transparence (CT), la population cible pouvant bénéficier de l'association encorafénib/cétuximab est estimée à 1 300 nouveaux patients (atteints de cancer colorectal avec mutation BRAF V600E) par an.

Un SMR important et une ASMR modérée
Dans l'avis émis le 16 décembre 2020, la CT considère que l'association encorafénib/cétuximab est un traitement de 2e ligne et plus du cancer colorectal métastatique porteur d'une mutation BRAF V600E.

Sur la base des résultats de l'étude BEACON, elle a attribué à BRAFTOVI :
  • un service médical rendu (SMR) important ;
  • une amélioration du service médical rendu modérée (ASMR III).

Toxicité cutanée : la CT met en garde
Concernant la tolérance de BRAFTOVI, les données de l'étude BEACON font état d'un profil général favorable en comparaison au groupe contrôle.
Cependant, la CT souligne la toxicité rapportée en termes d'augmentation du risque de cancers cutanés sous encorafénib/cétuximab (3,2 % versus 0 %).
Compte tenu de ce risque, elle recommande une
 surveillance dermatologique régulière au cours du traitement.

Pas d'indication en association avec l'encorafénib pour le cétuximab
À la date du 10 mars 2022, ERBITUX (cétuximab) ne dispose pas d'indication dans le traitement du cancer colorectal en association avec l'encorafénib. 


BRAFTOVI dans le cancer colorectal : recommandations posologiques
Dans le cancer colorectal, la posologie initiale d'encorafénib est de 300 mg 1 fois par jour, soit 4 comprimés de BRAFTOVI 75 mg.

En présence d'effets indésirables, les options sont une réduction de dose, une interruption temporaire ou un arrêt définitif du traitement :
  • 1re réduction : 225 mg 1 fois par jour (3 comprimés de BRAFTOVI 75 mg)
  • 2e réduction : 150 mg 1 fois par jour (2 comprimés de BRAFTOVI 75 mg)

Pour aller plus loin 
Arrêté du 1er mars 2022 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux - BRAFTOVI (Journal officiel du 8 mars 2022, texte 14)
Arrêté du 1er mars 2022 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l'usage des collectivités et divers services publics - BRAFTOVI (Journal officiel du 8 mars 2022, texte 15)
Avis de la Commission de la transparence - BRAFTOVI et CCR métastatique (HAS, 16 décembre 2020)

Étude BEACON
Kopetz S. et al. Encorafenib, Binimetinib, and Cetuximab in BRAF V600E– Mutated Colorectal Cancer. N Engl J Med, 2019; 381: 1632-1643

 

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