VIH : arrêt de commercialisation de VIDEX et ZERIT fin mars 2018

Par DAVID PAITRAUD -
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La commercialisation des antirétroviraux VIDEX (didanosine) et ZERIT (stavudine) sera arrêtée fin mars 2018. Au delà de cette date, ces spécialités seront disponibles jusqu'à écoulement complet des stocks.

Le laboratoire BMS a pris cette décision en raison de l'évolution des recommandations thérapeutiques dans le traitement de l'infection par le VIH. 
VIDEX et ZERIT ne sont plus utilisés dans les trithérapies au profit d'INTI plus récents, dont les profils d'efficacité et de tolérance sont plus favorables.

En pratique, il est recommandé aux médecins d'envisager dès à présent la modification des traitements en cours et aux pharmaciens d'
orienter les patients traités par ZERIT ou VIDEX vers leur médecin. 
Représentation en 3D de rétrovirus (illustration).

Représentation en 3D de rétrovirus (illustration).


Fin de commercialisation en mars 2018
Le laboratoire Bristol-Myers Squibb a décidé d'arrêter la commercialisation des médicaments antirétroviraux VIDEX (didanosine) et ZERIT (stavudine) :
L'arrêt de commercialisation en France sera effectif fin mars 2018.
Au délà de cette date, ces spécialités resteront disponibles jusqu'à écoulement des stocks.

Anticiper l'indisponibilité de VIDEX et de ZERIT
Le délai d'environ 6 mois d'ici à fin mars 2018 doit permettre aux médecins et aux patients d'anticiper l'indisponibilité prochaine de ces médicaments.

Dès à présent, le laboratoire recommande de modifier les traitements en cours afin de remplacer VIDEX ou ZERIT par les alternatives thérapeutiques à disposition (Cf. VIDAL Reco "Infection par le VIH"). 
 
Un rapport bénéfice/risque moins favorable que les autres INTI plus récents
VIDEX et ZERIT comprimés sont commercialisés depuis 1997 en France. La forme gélule et la forme buvable de VIDEX sont respectivement commercialisées depuis 2000 et 2006.

La didanosine et la stavudine appartiennent à la classe des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI), dont ils sont des représentants historiques avec la zidovudine (RETROVIR).

La décision d'arrêter la commercialisation de VIDEX et ZERIT est motivée par : 
  • l'évolution des recommandations thérapeutiques relatives au traitement de l'infection par le VIH : en raison de leur toxicité chez l'adulte, l'enfant et la femme enceinte (Cf. Encadré 1), VIDEX et ZERIT ne font plus partie des recommandations thérapeutiques (Rapport Morlat novembre 2016 et EACS janvier 2017), ni lors de l'initiation d'un traitement antirétroviral, ni dans les situations d'échec virologique ;
 
Encadré 1 - Toxicité de la didanosine et de la stavudine
  • toxicité mitochondriale avec hyperlactatémie
  • pancréatite
  • neuropathie périphérique, 
  • atteintes hépatiques 
  • et plus récemment, pour la didanosine, signaux additionnels de malformations congénitales et de tumeurs chez l'enfant de mère exposée pendant la grossesse.
 
  • l'existence d'alternatives thérapeutiques au profil d'efficacité et de sécurité plus favorable (Cf. VIDAL Reco "Infection par le VIH") : en pratique, au sein de leur classe pharmacologique, la didanosine et la stavudine ne sont plus utilisées dans les trithérapies au profit d'INTI dotés d'un meilleur profil de tolérance tels le ténofovir, la lamivudine ou l'emtricitabine.

Une place limitée selon les derniers avis de la Commission de la transparence
Selon les derniers avis de la Commission de la transparence, la place de VIDEX et de ZERIT dans la stratégie thérapeutique de l'infection par la VIH est limitée :
  • pour VIDEX : "Compte tenu de sa toxicité mitochondriale importante et de l'existence d'INTI mieux tolérés, la didanosine (VIDEX) ne doit plus faire l'objet d'instauration de traitement mais peut garder un intérêt chez les patients virologiquement contrôlés avec cet INTI et qui le tolèrent correctement. Cependant, il est fortement recommandé de remplacer la didanosine lorsque cela est possible" (Cf. avis du 23 septembre 2015).
  • pour ZERIT : " ZERIT ne fait pas partie des options thérapeutiques de première ligne dans la prise en charge du VIH mais peut garder un intérêt chez les patients virologiquement contrôlés n'ayant pas d'alternatives thérapeutiques appropriées. Il existe des alternatives médicamenteuses. Cependant, la balance bénéfice/risque de ZERIT moins favorable que d'autres alternatives lui confère une place limitée dans la stratégie thérapeutique" (Cf. avis du 22 juin 2016).

Sources : Laboratoire Bristol-Myers Squibb

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Vidal News du 2017-10-12

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