Des produits non évalués de composition incertaine, et potentiellement toxiques.scanrail / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
La mobilisation des autorités sanitaires contre la vente illégale de produits présentés comme des analogues ou agonistes du GLP-1 (aGLP-1) sur internet n'est pas nouvelle.
Septembre 2025 : la première alerte conjointe ANSM-EMA
Dès le 11 septembre 2025, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l'Agence européenne du médicament (EMA) avaient tiré la sonnette d'alarme face à la forte augmentation des offres d'achat en ligne de médicaments illégaux présentés comme des aGLP-1 (cf. notre article du 11 septembre 2025). Les deux agences avaient alors identifié « des centaines de faux profils Facebook, de fausses publicités et de fausses fiches de commerce électronique, hébergés pour la plupart hors de l'Union européenne ».
Elles rappelaient que tout aGLP-1 acheté sur internet est illégal, ces médicaments devant obligatoirement être prescrits par un médecin et délivrés dans des pharmacies «
Ces produits frauduleux, souvent contrefaits, peuvent ne pas contenir la substance active annoncée, ou au contraire, renfermer des substances toxiques à des concentrations dangereuses.
L'alerte soulignait également le recours à l'usurpation de logos officiels
Novembre 2025 : sept sites visés par des mesures de police sanitaire
L'ANSM est passée à l'action, et le 20 novembre 2025, elle
Juillet 2026 : l'alerte s'élargit aux peptides
Une nouvelle alerte de l'ANSM est émise le 2 juillet 2026, cette fois élargie à une catégorie plus large de produits : les « peptides » (cf. notre article du 2 juillet 2026). Le terme recouvre des substances telles que le rétatrutide (triple agoniste des récepteurs du GLP-1, du GIP et du glucagon), mais aussi le BP180, le TB500, le GH, le GHK-Cu, le BPC-157, ou encore le NAD+. Ces produits, vendus en ligne, sur les réseaux sociaux ou via des circuits informels (entraîneurs sportifs, proches…), sont présentés comme des compléments alimentaires à visée minceur, anti-âge ou de récupération sportive. L'ANSM avait alors rapporté des signalements d'événements indésirables graves ayant conduit à des hospitalisations :
- nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales ;
- perte d’appétit importante, déshydratation ;
- fatigue intense, malaise, sensation de vertiges ;
- atteinte hépatique ;
- dysesthésies ;
- infection au point d’injection ;
- réaction allergique sévère.
Elle avait incité les professionnels de santé à relayer ces mises en garde auprès de leurs patients.
Zoom sur l'actualisation du 22 juillet 2026
L'actualisation publiée par l'ANSM [1, 2] porte simultanément sur les deux précédentes communications : celle du 19 novembre 2025 relative aux mesures de police sanitaire contre les sites vendant des aGLP-1 (cf. notre article du 20 novembre 2025), et celle du 2 juillet 2026 relative aux peptides (cf. notre article du 2 juillet 2026). Le message central est le même pour les deux : deux nouvelles décisions de police sanitaire viennent d'être prises, et d'autres mesures sont en cours.
Deux nouvelles sociétés dans le viseur de l'ANSM
L'agence annonce avoir pris des mesures de police sanitaire à l'encontre de deux nouvelles entités :
- AZRL LTD (décision du 16 juillet 2026) ;
- Synedica Laboratories (décision du 9 juillet 2026).
Ces deux décisions s'ajoutent aux sept déjà prononcées depuis octobre 2025, portant le bilan total à neuf mesures de police sanitaire depuis le début de cette mobilisation. L'ANSM précise que d'autres mesures sont en cours, signalant que la traque des sites illicites se poursuit activement.
Chaque signalement peut déclencher une mesure
L'un des points notables de cette actualisation est la réaffirmation explicite d'une doctrine d'intervention systématique. L'ANSM indique clairement que « ces actions pourront être reproduites pour chaque nouveau signalement de site qui proposerait à la vente des produits présentés comme des médicaments ou avec des allégations thérapeutiques ». L'agence s'inscrit dans une logique de surveillance continue et d'action en continu, dans laquelle chaque signalement – qu'il émane de professionnels de santé, de patients ou de simples internautes – peut directement déclencher une procédure.
Les peptides au cœur de la mobilisation : un périmètre élargi
L'actualisation du 22 juillet 2026 confirme que la lutte ne se limite plus aux seuls aGLP-1 au sens strict. L'ANSM « poursuit sa mobilisation contre la vente illicite de peptides sur internet, dont certains sont présentés comme des aGLP-1 ». Le terme « peptides » est délibérément large : il englobe des molécules en cours de développement clinique (comme le rétatrutide), des substances aux prétendus effets régénérateurs ou de récupération (BPC-157, TB500, GHK-Cu…), ainsi que des composés présentés comme des boosters métaboliques (NAD+, GH…).
Cette extension du périmètre traduit une réalité de terrain : le marché illicite ne se limite pas aux contrefaçons. Il s'est diversifié, exploitant la notoriété croissante des agonistes du GLP-1 pour commercialiser toute une gamme de produits injectables ou oraux, sans évaluation ni autorisation des autorités sanitaires.
Les effets indésirables documentés (plus élevés avec les produits injectables) ont déjà été décrits (cf. ci-dessus et notre article du 2 juillet 2026). Leur survenue nécessite de consulter rapidement un professionnel de santé. L'actualisation du 22 juillet 2026 rappelle que l'absence d'effets indésirables immédiats ne signifie pas que le produit est sans danger : « Même si vous n’avez pas ressenti d’effets indésirables au moment de la consommation ou de l’injection du produit, ceux-ci peuvent survenir à tout moment ».
Un nouveau message à destination des personnes ayant recours à ces produits
L'actualisation du 22 juillet 2026 introduit un message absent des précédentes communications : l'ANSM s'adresse directement aux personnes qui auraient recours à ces produits dans un objectif de perte de poids, de transformation corporelle, ou de performance sportive, en les invitant à « en parler à un médecin ou à un pharmacien », qui pourront « les orienter vers une prise en charge adaptée et sécurisée ».
À retenir
Face à cette actualisation, plusieurs messages clés sont à retenir et à relayer :
- tout aGLP-1 ou peptide acheté en dehors du circuit officiel est illégal et potentiellement dangereux, quelle que soit sa forme (injectable, oral, patch, anneau nasal…) et quel que soit le canal d'achat (site internet, réseau social, entourage) ;
- les patchs vendus comme contenant du sémaglutide n'en contiennent pas : les analyses de l'ANSM le confirment. Ces produits sont frauduleux et peuvent renfermer des substances nocives non déclarées ;
- en cas d'effets indésirables, les patients doivent consulter rapidement un professionnel de santé. En cas de détresse vitale, appeler le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers) ;
- l'absence de symptômes immédiats ne garantit pas l'innocuité du produit utilisé ;
- le signalement est un acte sanitaire : tout professionnel ou particulier qui identifie une annonce de vente de ces produits sur internet ou les réseaux sociaux est invité à effectuer un signalement sur le portail Pharos (www.internet-signalement.gouv.fr) ;
- les patients qui ont des objectifs de perte de poids ou de performance doivent être orientés vers une prise en charge médicale adaptée et sécurisée.
[1] L'ANSM prend des mesures de police sanitaire à l'encontre des sites internet vendant des aGLP-1 (ANSM, publié le novembre 2025, mis à jour le 22 juillet 2026).
[2] « Peptides » vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux (ANSM, publié le 2 juillet 2026, mis à jour le 22 juillet 2026).
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