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Chikungunya à Mayotte : la HAS émet les mêmes recommandations de vaccination qu'en Guyane

Comme en Guyane, en réponse au risque d'épidémie de chikungunya à Mayotte, la HAS recommande d'utiliser le vaccin VIMKUNYA chez les personnes âgées de 65 ans et plus avec ou sans comorbidités, et chez les personnes de 12 à 64 ans avec comorbidités. 

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Selon la DGS (24 avril), Mayotte pourrait se trouver rapidement en situation épidémique.

Selon la DGS (24 avril), Mayotte pourrait se trouver rapidement en situation épidémique.Insularis / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Comme pour la Guyane il y a quelques semaines (cf. notre article du 14 avril 2026), la Haute Autorité de santé (HAS) a publié un avis portant sur l'utilisation des vaccins contre le chikungunya IXCHIQ (vaccin vivant atténué) et VIMKUNYA (vaccin protéique adjuvanté) à Mayotte et à La Réunion [1].

Une épidémie menaçante à Mayotte

Cet avis tient compte de la situation épidémique actuelle dans l'océan Indien, où le virus du chikungunya circule activement.

Depuis janvier 2026, 992 cas de chikungunya ont été confirmés biologiquement à Mayotte [2], contre 1 266 pour toute l'année 2025. Selon la direction générale de la Santé (DGS), « Mayotte pourrait rapidement se trouver dans une situation d'épidémie » [3]. L'Agence régionale de santé (ARS) a déclenché le plan d'organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC) niveau 2B « situation d'intensification de la circulation virale avec un risque d'évolution vers une épidémie » (cf. Figure 1).

L'analyse des cas enregistrés en 2026 montre que les femmes représentent 54 % des personnes infectées, et que l'âge médian est de 34 ans avec une représentation plus marquée des 24-44 ans (un tiers des cas) [2]. Environ la moitié des cas se concentre dans le nord-est de l'île, principalement à Mamoudzou et Koungou.

Depuis le début de l'année, 36 cas ont nécessité une hospitalisation, dont 2 cas graves admis en réanimation, note Santé publique France dans son bulletin de surveillance épidémiologique à Mayotte du 24 avril (portant sur la période du 13 au 19 avril 2026) [2]. 

VIMKUNYA recommandé chez les sujets les plus vulnérables

En réponse au risque épidémique de chikungunya à Mayotte et afin de protéger les personnes les plus à risque de développer une forme sévère, la HAS émet des recommandations d’utilisation du vaccin VIMKUNYA à Mayotte identiques à celles émises pour le territoire de Guyane. Ce vaccin est recommandé chez :

  • les 65 ans et plus (avec ou sans comorbidités) ;
  • les 12 à 64 ans avec comorbidités.

VIMKUNYA peut être proposé dans les autres populations « en tenant compte de la durée de protection documentée limitée à six mois et de l'absence de données chez les personnes immunodéprimées ou immunodéficientes ».

En revanche, l’utilisation de VIMKUNYA n'est pas recommandée chez la femme enceinte et allaitante « compte tenu de l’absence de données de tolérance dans cette population spécifique ». Cependant, « ce vaccin ne comporte pas de contre-indication de principe compte tenu de sa composition protéique adjuvantée et pourrait être proposé au cas par cas en tenant compte du risque individuel d’exposition et après examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels pour la femme enceinte, le fœtus et le nouveau-né », nuance la HAS.

IXCHIQ proposé chez les 18-64 ans dans certains cas

Concernant le vaccin vivant IXCHIQ, les recommandations antérieures de la HAS s'appliquent en Guyane :

  • IXCHIQ peut être proposé chez les personnes de 18 à 64 ans, après un examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels et en tenant compte des informations manquantes sur la sécurité chez les individus de 12 à 64 ans présentant des affections cliniques associées à une réponse immunitaire altérée ou dérégulée (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, auto-immunes, hématologiques, hépatique chronique, rénale chronique).

La HAS maintient la suspension d'utilisation du vaccin IXCHIQ chez les personnes de 65 ans et plus, prise à la suite des signaux de pharmacovigilance (avis du 25 avril 2025 - cf. notre article du 23 septembre 2025).

En tant que vaccin vivant atténué, IXCHIQ est :

  • contre-indiqué chez les personnes immunodéficientes ou immunodéprimées ;
  • non recommandé chez les femmes enceintes ou allaitantes (avis du 27 février 2025).

Enfin, la HAS maintient son avis du 17 juillet 2025 spécifiant qu’il n’y a pas d’élément en faveur d’une recommandation spécifique d’utilisation du vaccin IXCHIQ chez les personnes atteintes de drépanocytose.

Récapitulatif des recommandations de vaccination à Mayotte

Pour IXCHIQ comme pour VIMKUNYA, le schéma vaccinal comporte une dose unique. 

Le tableau ci-dessous récapitule les recommandations de la HAS pour la vaccination contre le chikungunya à Mayotte :

Tableau - Recommandations de la HAS (24 avril 2026)

Personnes de 12 à 64 ans
sans comorbidités

VIMKUNYA et IXCHIQ peuvent être proposés.

Pour IXCHIQ : chez les personnes de 18 à 64 ans après un examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels et en tenant compte des informations manquantes sur la sécurité chez les individus de 12 à 64 ans présentant des affections cliniques associées à une réponse immunitaire altérée ou dérégulée

Personnes de 12 à 64 ans
avec comorbidités
VIMKUNYA recommandé.
Personnes de 65 ans et plus
avec ou sans comorbidités

VIMKUNYA recommandé.

Ne pas utiliser IXCHIQ (avis de la HAS du 25 avril 2025). 

Personnes immunodéficientes ou immunodéprimées

VIMKUNYA peut être proposé.

IXCHIQ est contre-indiqué.

Femmes enceintes ou allaitantes Aucun des deux vaccins n'est recommandé, mais VIMKUNYA peut être proposé au cas par cas en tenant compte du risque individuel d’exposition et après examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels pour la femme enceinte, le fœtus et le nouveau-né.

Un risque d'épidémie moindre à La Réunion

À La Réunion, les données épidémiologiques récentes ne montrent pas de reprise épidémique. « Une épidémie est peu probable en raison d'une séroprévalence estimée à 66 % », note la HAS. Elle ajoute que « si une épidémie devait survenir à La Réunion, les mêmes recommandations (que celles applicables en Guyane et à Mayotte) pourraient y être appliquées ».

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