Réémergence des cas de chikungunya en Guyane depuis janvier 2026.evenfh / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Saisie par la direction générale de la Santé (DGS) en février 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) précise la place des vaccins IXCHIQ (vaccin vivant atténué) et VIMKUNYA (vaccin protéique adjuvanté) dans la stratégie vaccinale contre le chikungunya en Guyane [1, 2].
Pour rendre son avis, la HAS a notamment pris en compte
- le contexte épidémique actuel dans ce territoire ;
- les risques de survenue de formes sévères d’infection au chikungunya dans les populations les plus fragiles notamment les personnes présentant des pathologies sous-jacentes et les personnes à des âges extrêmes de la vie
; - les données disponibles à date d’immunogénicité, de corrélat de protection, et de durée de protection documentée jusqu'à 4 ans pour le vaccin IXCHIQ et jusqu'à 6 mois pour le vaccin VIMKUNYA
; - l’absence de données d’efficacité clinique
pour les deux vaccins IXCHIQ et VIMKUNYA ; - les données de pharmacovigilance :
- pour le vaccin IXCHIQ :
- effets indésirables graves et notamment neurologiques survenus chez les personnes de plus de 65 ans et récemment chez une jeune adulte sans comorbidité connue,
- ainsi que les informations manquantes sur la sécurité chez les individus de 12 à 64 ans présentant des comorbidités (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, auto-immunes, hématologiques, hépatiques chroniques, rénales chroniques) ;
- pour le vaccin VIMKUNYA : elles sont encore limitées, mais ne montrent, à ce jour, aucun signal de sécurité.
- pour le vaccin IXCHIQ :
Données épidémiologiques en Guyane
Santé publique France note une réémergence des cas de chikungunya en Guyane depuis janvier 2026. Les données épidémiologiques indiquent une circulation du
« Dix ans après la dernière épidémie majeure, la séroprévalence de la population reste insuffisante pour assurer une protection collective », note la HAS.
VIMKUNYA recommandé chez les sujets les plus vulnérables
En réponse au risque épidémique de chikungunya
- les personnes de 65 ans et plus
(avec ou sans comorbidités) ; - les personnes de 12 à 64 ans avec comorbidités.
VIMKUNYA peut être proposé dans les autres populations « en tenant compte de la durée de protection documentée limitée à six mois et de l'absence de données chez les personnes immunodéprimées ou immunodéficientes ».
En revanche, l’utilisation de
IXCHIQ peut être proposé chez les 18-64 ans dans certains cas
Concernant le vaccin vivant IXCHIQ, les recommandations antérieures de la HAS s'appliquent en Guyane :
- IXCHIQ peut être proposé chez les personnes de 18 à 64 ans après un examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels et en tenant compte des informations manquantes sur la sécurité chez les individus de 12 à 64 ans présentant des affections cliniques associées à une réponse immunitaire altérée ou dérégulée (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, auto-immunes, hématologiques, hépatique chronique, rénale chronique)
;
La HAS maintient la suspension d'utilisation du vaccin IXCHIQ chez les personnes de 65 ans et plus, prise à la suite des signaux de pharmacovigilance (avis du 25 avril 2025 - cf. notre article du 23 septembre 2025).
En tant que vaccin vivant atténue, IXCHIQ est :
- contre-indiqué
chez les personnes immunodéficientes ou immunodéprimées ; - non recommandé chez les femmes enceintes ou allaitantes (avis du 27 février 2025).
Enfin, la HAS maintient son avis du 17 juillet 2025
Récapitulatif des recommandations de vaccination en Guyane
Pour IXCHIQ comme pour VIMKUNYA, le schéma vaccinal comporte une dose unique.
Le tableau ci-dessous récapitule les recommandations de la HAS pour la vaccination contre le chikungunya en Guyane :
Tableau - Recommandations de la HAS (14 avril 2026)
| Personnes de 12 à 64 ans sans comorbidités |
VIMKUNYA et IXCHIQ peuvent être proposés. Pour IXCHIQ : chez les personnes de 18 à 64 ans après un examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels et en tenant compte des informations manquantes sur la sécurité chez les individus de 12 à 64 ans présentant des affections cliniques associées à une réponse immunitaire altérée ou dérégulée |
| Personnes de 12 à 64 ans avec comorbidités |
VIMKUNYA recommandé. |
| Personnes de 65 ans et plus avec ou sans comorbidités |
VIMKUNYA recommandé. |
| Personnes immunodéficientes ou immunodéprimées |
VIMKUNYA peut être proposé. IXCHIQ est contre-indiqué. |
| Femmes enceintes ou allaitantes | Aucun des deux vaccins n'est recommandé, mais VIMKUNYA peut être proposé au cas par cas en tenant compte du risque individuel d’exposition et après examen approfondi des bénéfices et des risques potentiels pour la femme enceinte, le fœtus et le nouveau-né. |
Sans négliger les mesures de lutte contre les moustiques
« La vaccination constitue un
Une stratégie nationale en cours d'élaboration
La HAS prépare une mise à jour, dans les prochaines semaines, de ses recommandations vaccinales contre le chikungunya concernant Mayotte et La Réunion.
La publication d'une stratégie vaccinale pour l’ensemble du territoire national est attendue dans les prochains mois.
[1] Réémergence du chikungunya en Guyane : quelle stratégie vaccinale ? (HAS, 14 avril 2026)
[2] Avis n°2026.0022/AC/SESPEV du 9 avril 2026 du collège de la Haute Autorité de santé portant sur les vaccins IXCHIQ et VIMKUNYA dans un contexte de réémergence du chikungunya en Guyane (HAS, 14 avril 2026)
[3] Chikungunya en Guyane - Bulletin du 2 avril 2026 mis à jour le 3 avril (Santé Publique France)
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