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Hypoparathyroïdie chronique : mise à disposition du médicament YORVIPATH en ville

Après avoir bénéficié d'une mise à disposition en accès précoce, YORVIPATH (palopegtériparatide) peut désormais être dispensé en pharmacie de ville. YORVIPATH est un traitement substitutif injectable de l'hormone parathyroïdienne, dans un contexte d'hypoparathyroïdie chronique.

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L’hypoparathyroïdie peut se manifester par des signes d’hypocalcémie et aussi être asymptomatique.

L’hypoparathyroïdie peut se manifester par des signes d’hypocalcémie et aussi être asymptomatique.Shidlovski / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Résumé

YORVIPATH solution injectable est un traitement substitutif de l'hormone parathyroïdienne (PTH) indiqué chez des adultes atteints d'hypoparathyroïdie chronique.

Il contient du palopegtériparatide, qui correspond à un promédicament constitué de l'hormone parathyroïdienne PTH(1-34) conjuguée à un vecteur méthoxy polyéthylène glycol (mPEG).

Il se présente en stylo prérempli multidose muni d'un bouton-poussoir et d'un sélecteur de doses. Trois spécialités composent la gamme : 

  • stylo prérempli YORVIPATH 168 µg/0,56 mL (bouton-poussoir bleu), permettant d'administrer des doses 6, 9 ou 12 microgrammes de PTH(1-34) ;
  • stylo prérempli YORVIPATH 294 microgrammes/0,98 mL (bouton-poussoir orange), permettant d'administrer des doses 15, 18 ou 21 microgrammes de PTH(1-34) ;
  • stylo prérempli YORVIPATH 420 microgrammes/1,4 mL (bouton-poussoir bordeaux), permettant d'administrer des doses 24, 27 ou 30 microgrammes de PTH(1-34).

Le stylo prérempli est conçu pour une injection sous-cutanée (SC). Une nouvelle aiguille d'injection doit être insérée avant chaque injection et retirée (et jetée) aussitôt après l'injection. 

Un stylo est destiné à un traitement de 14 jours. Chaque boîte en contient deux, soit la quantité pour 28 jours de traitement. 

En initiation de traitement, la dose recommandée est de 18 microgrammes 1 fois par jour. En phase de titration, des ajustements posologiques sont réalisés par incréments de 3 microgrammes tous les 7 jours. 

Les concentrations de calcium sérique doivent être contrôlées pendant la titration et pendant le traitement. 

La dose de vitamine D active ou de supplément de calcium doit être ajustée au cours du traitement.

Avant la première utilisation, YORVIPATH doit être conservé au réfrigérateur. Une fois ouvert, le stylo peut être conservé à température ambiante pendant 14 jours maximum. 

YORVIPATH doit être prescrit par un spécialiste en endocrinologie - diabétologie - nutrition, en néphrologie ou en rhumatologie.

Il est agréé aux collectivités et remboursable à 65 % (à compter du 25 avril 2026) en ville, au prix de 7 598,22 euros la boîte de 2 stylos (prix identique pour les trois spécialités).

En endocrinologie, YORVIPATH solution injectable en stylo prérempli (palopegtériparatide) est un traitement substitutif de l'hormone parathyroïdienne (PTH) indiqué dans le traitement des adultes atteints d'hypoparathyroïdie chronique (cf. Encadré 1).

La gamme YORVIPATH est disponible à l'hôpital et en pharmacie de ville. Elle se compose de trois spécialités : 

YORVIPATH est un médicament orphelin. Dans son avis du 11 septembre 2025 [1], la Commission de la transparence (CT) a estimé entre 3 300 et 4 950 patients la population cible de YORVIPATH (dans le périmètre de prise en charge, correspondant aux patients qui ne sont pas contrôlés de manière optimale par le traitement vitamino-calcique).

Avant d'être remboursable dans le droit commun, YORVIPATH a bénéficié d'une autorisation d'accès précoce (AAP) en France (jusqu'au 10 avril 2026). 

YORVIPATH fait l'objet d'une surveillance supplémentaire qui permettra l'identification rapide de nouvelles informations relatives à la sécurité. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté.

Encadré 1 - Prise en charge de l'hypoparathyroïdie

L'hypoparathyroïdie est une maladie rare. Elle se caractérise par une insuffisance de sécrétion de l'hormone parathyroïdienne (PTH), ce qui entraîne une hypocalcémie et, dans certains cas, une hyperphosphatémie. 

La Haute Autorité de santé (HAS) a établi un protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) à l'attention des médecins traitants (mars 2025) [2], dans lequel elle explique que « les objectifs principaux de la prise en charge de l'hypoparathyroïdie sont d'éviter les hypocalcémies aiguës menaçantes, de limiter les complications à long terme (rénales, ophtalmologiques, cérébrales, notamment) et de maintenir une qualité de vie optimale pour les patients ».

Le traitement chronique repose sur les dérivés hydroxylés de la vitamine D (alfacalcidol ou calcitriol) et sur la supplémentation orale en calcium. 

YORVIPATH (palopegtériparatide) fait partie des nouveaux traitements proposés en France, « qui devrait faire évoluer la notion de traitement conventionnel ».

À propos du palopegtériparatide

YORVIPATH est formulé à base de palopegtériparatide ; il s'agit d'un promédicament constitué de l'hormone parathyroïdienne PTH(1-34) conjuguée à un vecteur méthoxy polyéthylène glycol (mPEG) par le biais de la technologie déposée TransCon Linker. Cette formulation permet d'augmenter « la stabilité et la demi-vie de la PTH libérée à 60 heures », indique le PNDS.

Dans l'organisme, le palopegtériparatide est transformé en tériparatide (hormone parathyroïdienne [PTH]).
Pour rappel, l’hormone parathyroïdienne est nécessaire pour maintenir le taux de calcium et de phosphate dans le sang.

Une supériorité démontrée sur plusieurs critères

L'étude de phase III PaTHway [3] a permis de démontrer la supériorité de YORVIPATH par rapport au placebo, en addition à un traitement conventionnel (supplémentation en calcium et dérivés hydroxylés de la vitamine D [calcitriol ou alfacalcidol]), sur un critère de jugement multiple comprenant :

  • la calcémie ajustée à l’albumine dans l’intervalle des valeurs normales ;
  • l’indépendance vis-à-vis des dérivés hydroxylés de la vitamine D ;
  • l’indépendance vis-à-vis des doses thérapeutiques de calcium ;
  • et l’absence d’augmentation du médicament d’étude prescrit.

Au total, 78,8 % des patients du groupe palopegtériparatide ont atteint ce critère multiple versus 4,8 % des patients du groupe placebo, p < 0,0001.

La démonstration de la supériorité du palopegtériparatide a également été démontrée sur les critères de jugement secondaires hiérarchisés de qualité de vie, via le score HPES (Hypoparathyroidism Patient Expérience Scale) et le SF-36 (sous-échelle du fonctionnement physique).

Selon l'étude PaTHway [3], le profil de tolérance de palopegtériparatide apparaît favorable : « marqué principalement par des événements indésirables modérés et principalement des réactions au site d’injection, des céphalées ».

Un avis favorable au remboursement en seconde intention

Sur la base de ces résultats, la CT a émis un avis favorable à la prise en charge de YORVIPATH :

  • service médical rendu (SMR) important en seconde intention, c'est-à-dire dans le traitement des adultes atteints d’hypoparathyroïdie chronique pour lesquels une thérapie substitutive en PTH est nécessaire et qui ne sont pas contrôlés de manière optimale par le traitement vitaminocalcique. Le SMR est jugé insuffisant dans les autres indications de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), c'est-à-dire chez les patients qui sont contrôlés de manière optimale par le traitement vitaminocalcique ;
  • une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV), en seconde intention.

En pratique : administration quotidienne par voie sous-cutanée

Avant de démarrer le traitement, la calcémie et le taux de vitamine D 25 (OH) sérique doivent être contrôlés. 

La dose de YORVIPATH doit être individualisée en fonction du taux de calcium sérique du patient.

La dose initiale recommandée est de 18 microgrammes 1 fois par jour, administrée par voie sous-cutanée (SC). Les recommandations posologiques sont indiquées en microgrammes de PTH(1-34).

Une titration de la dose est nécessaire ; les ajustements posologiques ultérieurs sont réalisés par incréments de 3 microgrammes tous les 7 jours.
La figure 1 dans la monographie VIDAL détaille les modalités de titration en fonction de la calcémie :

  • titration de YORVIPATH pour atteindre la dose minimale requise permettant de prévenir une hypocalcémie ;
  • ajustement de la dose de calcium et/ou de la vitamine D.

La plage de doses est de 6 à 60 microgrammes par jour. La dose maximale est de 60 microgrammes par jour.

Des stylos préremplis multidose, différenciés par leur couleur

YORVIPATH se présente en stylos multidose munis d'un sélecteur de dose et d'un bouton-poussoir de couleur différente selon le dosage (cf. Illustration) :

  • YORVIPATH 168 µg/0,56 mL :
    • chaque stylo prérempli administre des doses de 6, 9 ou 12 microgrammes de PTH(1-34),
    • bouton-poussoir bleu ;
  • YORVIPATH 294 µg/0,98 mL :
    • chaque stylo prérempli administre des doses de 15, 18 ou 21 microgrammes de PTH(1-34),
    • bouton-poussoir orange ;
  • YORVIPATH 420 µg/1,4 mL : 
    • chaque stylo prérempli administre des doses de 24, 27 ou 30 microgrammes de PTH(1-34),
    • bouton-poussoir bordeaux.

Trente aiguilles sont également fournies dans la boîte, pour les injections quotidiennes. 

Chaque stylo prérempli est destiné à un traitement de 14 jours. Une boîte en contient deux, soit la quantité pour 28 jours de traitement. 
Deux stylos peuvent être nécessaires si une dose supérieure à 30 µg de YORVIPATH est requise (cf. Tableau 1 dans la monographie VIDAL).

Le stylo YORVIPATH doit être conservé au réfrigérateur (entre 2 et 8 °C) dans son emballage. Une fois ouvert, il peut être conservé à température ambiante pendant 14 jours maximum. Passé ce délai, il doit être jeté.

Illustration - Stylo prérempli YORVIPATH 294 µg/0,98 mL (extrait de la notice)

Consignes à donner aux patients : première utilisation du stylo

Lorsqu'un nouveau stylo de YORVIPATH est utilisé, il doit être retiré du réfrigérateur 20 minutes avant la première ouverture.

Avant d'utiliser un nouveau stylo, il faut vérifier le bon écoulement de la solution : 

  • insérer une nouvelle aiguille sur le stylo ;
  • tourner le sélecteur de dose de 2 clics dans le sens horaire (vers la droite) jusqu’à ce que la fenêtre de dose affiche le symbole des gouttelettes.

Instructions pour l’administration

Le stylo prérempli est conçu pour l'injection SC.

Le patient doit avoir reçu une formation préalable à l'utilisation de ce stylo. Les soignants peuvent s'appuyer sur les supports pédagogiques suivants : 

Les sites d'injection sont l'abdomen ou la face avant de la cuisse. Ils doivent être changés chaque jour, avec une rotation entre quatre sites possibles : abdomen (côté gauche ou droit) et face avant de la cuisse (côté gauche ou droit).

Une aiguille neuve doit être utilisée à chaque injection. Elle doit être jetée après l'injection. Il ne faut pas la laisser sur le stylo. 

Après l'injection, un système de sécurité enveloppe l’aiguille. 

Lors de la dispensation, le pharmacien remet une boîte de recueil des déchets d'activité de soins à risque infectieux (Dasri). 

Évaluation régulière pendant le traitement 

La prescription de YORVIPATH nécessite une surveillance rapprochée : 

  • de la calcémie : mesure du calcium sérique et évaluation des signes et symptômes d'hypercalcémie ou d’hypocalcémie (cf. Encadré 2).

En cas de traitement concomitant avec des glycosides cardiaques (tels que la digoxine ou la digitoxine), surveillance :

  • du taux de calcium sérique, des concentrations de glycosides cardiaques, et des signes et symptômes de toxicité digitalique.
Encadré 2 - Symptômes associés à une anomalie de la calcémie
  • hypercalcémie : les symptômes peuvent inclure, sans s’y limiter, des vomissements, des vertiges, une sensation de soif, de la confusion mentale, une faiblesse musculaire et des battements de cœur irréguliers.
    L’hypercalcémie est plus probable dans les 3 premiers mois suivant le début du traitement ou en cas de changement de la dose de YORVIPATH.
  • hypocalcémie : les symptômes peuvent inclure, sans s’y limiter, des picotements dans le bout des doigts, les orteils et les lèvres (paresthésies), des spasmes et crampes musculaires, un engourdissement de la bouche et des convulsions.
    L’hypocalcémie est plus probable en cas d'arrêt du traitement par YORVIPATH, pendant une courte période ou définitivement, en cas de changement de la dose.

Identité administrative

Liste I
Prescription réservée aux spécialistes en endocrinologie - diabétologie - nutrition, en néphrologie ou en rhumatologie
Surveillance particulière pendant le traitement
YORVIPATH 168 µg/0,56 mL, boîte de 2 stylos de 0,56 mL et 30 aiguilles, CIP 3400930288986
YORVIPATH 294 µg /0,98 mL boîte de 2 stylos de 0,98 mL et 30 aiguilles, CIP 3400930288993
YORVIPATH 420 µg /1,4 mL, boîte de 2 stylos de 1,4 mL et 30 aiguilles, CIP 3400930289006
Remboursable à 65 % à compter du 25 avril 2026 [4] (cf. Encadré 3)
Prix public TTC pour tous les dosages = 7 598,22 euros [5]
Agrément aux collectivités [6] (cf. Encadré 3)
Laboratoire Ascendis Pharma

Encadré 3 - Périmètre de prise en charge de YORVIPATH
  • Traitement des adultes atteints d'hypoparathyroïdie chronique pour lesquels une thérapie substitutive en PTH est nécessaire et qui ne sont pas contrôlés de manière optimale par le traitement vitamino-calcique.

En outre, le traitement dans cette indication doit être instauré et supervisé par des médecins ou des professionnels de la santé qualifiés et expérimentés dans le diagnostic et la prise en charge de patients atteints d'hypoparathyroïdie.

 

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