Chikungunya et paludisme : deux maladies infectieuses transmises par des moustiques différents.Nadezhda Deineka / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Les deux spécialités suivantes bénéficient d'une prise en charge dans le droit commun, au sein des établissements hospitaliers :
- vaccin contre le chikungunya VIMKUNYA suspension injectable en seringue préremplie (vaccin protéique recombinant à base de pseudo-particules virales avec adjuvant) : agrément aux collectivités [1] dans l'immunisation active pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya (CHIKV) chez les personnes âgées de 12 ans et plus. Ce vaccin doit être utilisé conformément aux recommandations du Haut Conseil de la santé publique en vigueur (HCSP - recommandations sanitaires 2025 aux voyageurs) ;
- ARTESUNATE AMIVAS 110 mg poudre et solvant pour solution injectable (artésunate) : agrément aux collectivités et prise en charge en sus des prestations d'hospitalisation [2, 3] dans le traitement initial du paludisme sévère chez l'adulte et l'enfant.
Avis favorable à la prise en charge de VIMKUNYA conformément aux recommandations du HCSP
Dans son avis du 5 novembre 2025 [4], la Commission de la transparence (CT) a attribué au vaccin VIMKUNYA :
- un service médical rendu (SMR) modéré dans l’immunisation active pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya (CHIKV) chez les personnes âgées de 12 ans et plus selon les recommandations en vigueur dans l’attente de nouvelles données. Le maintien de cet avis est conditionné à l’analyse des résultats des études en cours, des données de pharmacovigilance et des données d’efficacité en vie réelle dans un délai maximal de deux ans ;
- une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la stratégie thérapeutique selon les recommandations vaccinales en vigueur du HCSP (cf. Encadré).
La CT note qu'il « persiste un besoin médical non couvert compte tenu du contexte épidémiologique, des restrictions d’utilisation du vaccin vivant IXCHIQ (notamment chez les plus de 65 ans, les immunodéprimés et les femmes enceintes), et du nombre limité de doses de vaccins disponibles ».
Le schéma de vaccination comporte une dose unique de 0,8 mL par voie intramusculaire (IM) dans le muscle deltoïde.
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En juin 2025, les recommandations sanitaires pour les voyageurs ont été actualisées pour inclure celle relative à VIMKUNYA :
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ARTESUNATE AMIVAS : une ASMR modérée en traitement initial du paludisme sévère
Dans son avis du 3 juillet 2024 [5], la CT a conclu que l'artésunate est une option de première ligne, dans la mesure où ce médicament est indispensable et constitue depuis de nombreuses années le traitement de référence du paludisme sévère chez l’adulte et l’enfant.
La CT a pris en compte les données des études SEAQUAMAT et AQUAMAT selon lesquelles la quantité d’effet de l’artésunate est significative en termes de réduction de la mortalité hospitalière par rapport à la quinine, chez des patients atteints d’une forme sévère de paludisme à P. falciparum :
- étude SEAQUAMAT (1 259 adultes et 202 enfants de moins de 15 ans originaires d’Asie) dans la population en ITT : le taux de mortalité était inférieur dans le groupe artésunate (14,7 % ; 107/730) par rapport au groupe quinine (22,4 % ; 164/731), soit un HR = 0,60 ; IC95% [0,45 ; 0,79], p = 0,0002 ;
- étude AQUAMAT (5 425 enfants âgés de moins de 15 ans originaires d’Afrique) dans la population en ITT : le taux de mortalité était inférieur dans le groupe artésunate (8,5 % ; 230/2 712) par rapport au groupe quinine (10,9 % ; 297/2 713), soit un OR = 0,75 ; IC95% [0,63 ; 0,90], p = 0,0022.
Elle conclut que la spécialité ARTESUNATE AMIVAS apporte :
- un SMR important dans l'indication de son autorisation de mise sur le marché (AMM) : traitement initial du paludisme sévère chez l'adulte et l'enfant ;
- une ASMR III (modérée) par rapport à la quinine IV dans le traitement initial du paludisme sévère chez l’adulte et l’enfant.
ARTESUNATE AMIVAS est un médicament à usage hospitalier.
Chez les adultes et les enfants (de la naissance à moins de 18 ans), la dose recommandée est de 2,4 mg/kg (0,24 mL de solution injectable reconstituée par kg de poids corporel) par injection intraveineuse (IV) à 0, 12 et 24 heures.
Après au moins 24 heures (3 doses) de traitement par ARTESUNATE AMIVAS, les patients ne pouvant tolérer un traitement oral peuvent continuer à recevoir un traitement par voie IV à raison de 2,4 mg/kg une fois toutes les 24 heures (à partir de 48 heures après le début du traitement).
Le traitement par ARTESUNATE AMIVAS doit être arrêté lorsque les patients peuvent tolérer un traitement oral.
[1] Arrêté du 19 décembre 2025 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l'usage des collectivités et divers services publics (Journal officiel du 23 décembre 2025, texte 52)
[2] Arrêté du 7 janvier 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques prises en charge en sus des prestations d'hospitalisation mentionnée à l'article L. 162-22-7 du code de la sécurité sociale (Journal officiel du 9 janvier 2026, texte 28)
[3] Arrêté du 7 janvier 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l'usage des collectivités et divers services publics (Journal officiel du 9 janvier 2026, texte 29)
[4] Avis de la Commission de la transparence – VIMKUNYA (HAS, 5 novembre 2025)
[5] Avis de la Commission de la transparence – ARTESUNATE AMIVAS (HAS, 3 juillet 2024)
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