
La prescription "DC + nom de marque", faite en général par ordinateur, gagne du terrain en France (illustration).
Les médecins et pharmaciens interrogés font partie des utilisateurs de services et produits VIDAL. Ils ont été recrutés sur des critères de représentativité (âge, sexe, région, potentiel de prescription) par un mail les invitant, s'ils le souhaitaient, à remplir un questionnaire en ligne.
Les résultats complets sont accessibles ici (fichier PDF). Voici ci-dessous un résumé des principaux résultats.
Perception globale de la prescription en DC : seuls 8 % des médecins généralistes et 12 % des spécialistes libéraux y sont "totalement opposés"
Les prescripteurs libéraux perçoivent de plus en plus favorablement la prescription en DC :
- 37 % (23 % en octobre 2015) des MG et 22 % (13 % 2015) des spécialistes libéraux sont favorables à la prescription en DC et estiment que c'est une bonne mesure ;
- 32 % (32 % 2015) des MG et 26 % (22 % 2015) des spécialistes pensent que cela ne change rien, le logiciel le fait pour eux ;
- 15 % (17 % 2015) des MG et 22 % (16 % 2015) des spécialistes
vont s'adapter à la prescription en DC petit à petit ; - 9 % (14 % 2015) des MG et 18 % (25 % 2015) des spécialistes passeront à la prescription en DC que si la contrainte est forte ;
- 8 % (14 % 2015) des MG et 12 % (24 % 2015) des spécialistes y sont totalement opposés.
Parmi les spécialistes libéraux non généralistes :
- les plus favorables à la prescription en DC sont les cardiologues et les pédiatres ;
- les plus réticents ou opposés sont les ophtalmologues et les dermatologues.
Parmi les 514 médecins généralistes répondants, 98 % possédaient un ordinateur et 92 % un logiciel de gestion de cabinet avec logiciel d'aide à la prescription (LAP).
78 % de leurs ordonnances étaient informatisées, 22 % manuscrites.
Moins d'un tiers (32,3 %) des médecins généralistes répondants prescrivent encore en "nom de marque seul". Près de la moitié (49,5 %) prescrivent actuellement en "DC + nom de marque", modalité de prescription rendue possible par l'utilisation des LAP (58 % des MG ont paramétré leur LAP pour qu'il édite systématiquement l'ordonnance en "DC + nom de marque") :

Les spécialistes libéraux prescrivent davantage en nom de marque seul
Les 624 spécialistes libéraux répondants prescrivent encore relativement souvent en "nom de marque seul", mais les prescriptions comportant un libellé en DC ("DC seule" ou "DC + nom de marque") sont cependant majoritaires, pour la première fois, en 2017 :

Certaines spécialités libérales (ophtalmologie, dermatologie, gastro-entérologie en particulier) restent cependant attachées à la prescription en "nom de marque seul", même si la prescription en DC progresse. Exemple des ophtalmologues libéraux :

A l'hôpital, moins d'ordonnances informatisées, mais une perception très favorable de la prescription en DC
Les logiciels de prescription intra-hospitaliers sont de plus en plus répandus : 80 % des établissements où travaillent les 622 répondants à notre enquête. Par contre ils sont moins utilisés pour les prescriptions de sortie (64 %) et pour les consultations externes (31 %).
Cependant, la prescription en DC est perçue encore plus favorablement que par les libéraux : seuls 3 % des spécialistes hospitaliers y sont totalement opposés.
Malgré la perception favorable, encore beaucoup d'ordonnances rédigées en nom de marque seul
Les médecins hospitaliers utilisent davantage le libellé en DC ("DC seule" ou "DC + nom de marque") qu'en 2015 pour les sorties hospitalières (58 % vs 46 %) et les consultations externes (50 % vs 43 %).
En ce qui concerne les prescriptions intra-hospitalières, nous leur avons posé la question pour la première fois en 2017. 63 % prescrivent en DC (seule ou DC + nom de marque).

Que ce soit en sortie, consultation externe ou intra-hospitalier, ce sont les spécialistes en médecine interne et les psychiatres qui prescrivent le plus en DC seule ou avec nom de marque. A l'inverse, les oncologues et les rhumatologues prescrivent davantage en nom de marque seul.
Les pharmaciens constatent aussi une modification des pratiques de prescription
Les pharmaciens constatent un recours de plus en plus fréquent aux prescriptions en DC + nom de marque :

Les pharmaciens constatent un recours stable à la mention non substituable
Selon les 223 pharmaciens d'officine interrogés, 7 à 9 médecins sur 10 utilisent encore la mention "non substituable" :

[édit 31/05] Ces mentions concernent en particulier la prescription d'anti-épileptiques ou d'hormones thyroïdiennes, les patients âgés, ainsi que les patients présentant une allergie ou intolérance connue à un excipient "à effet notoire",
Notons, comme le rappelle Milj en commentaire, qu'un excipient à effet notoire peut être contenu dans un médicament générique comme dans un médicament princeps. Dans ce dernier cas, la prescription d'un générique ne comportant pas cet excipient présentera un intérêt pour ces patients [/édit].
Motivations des médecins pour prescrire en DC seule
Les médecins généralistes libéraux interrogés prescrivent le plus souvent en DC seule pour "favoriser l'acceptation des génériques". Les spécialistes libéraux le font le plus souvent "quand le nom de la DC n'est pas trop barbare" et "parce que c'est obligatoire" :

Motivations des médecins pour prescrire un nom de marque sur l'ordonnance
Selon les médecins libéraux interrogés, voici les 6 motifs de prescription d'un nom de marque :

Les autres motifs sont "chez les patients polymédiqués" (24 %), "pour les médicaments qui ne font pas partie d'un groupe générique" (24 %), "pour les médicaments associés à un dispositif ou mode d'administration spécifique" (23 %), "parce que je préfère prescrire en nom de marque" (18 %), "parce que je connais CE médicament et que je n'en veux pas un autre" (17 %), "dans le cas de maladies particulièrement lourdes" (14 %), et "lors de prescriptions pédiatriques" (10 %).
Environ 3 patients sur 4 éprouvent encore des difficultés ou problèmes avec la prescription en DC
Selon les médecins libéraux et pharmaciens, une large majorité de patients (74 % selon les généralistes et les pharmaciens, 57 % chez les spécialistes) rencontrent encore aujourd'hui "des difficultés et/ou problèmes avec la prescription et/ou délivrance en DC".
L'harmonisation des packagings, une solution ?
Pour limiter ces problèmes persistants rencontrés par les patients de confusion, d'identification de leurs médicaments, l'information doit être améliorée.
Nous avons soumis aux répondants une hypothèse, celle de mettre la DC, le dosage, et la voie d'administration sur la face principale de la boîte du médicament, avec le nom de marque du produit en plus petit (et le nom du laboratoire en petits caractères, sur une face latérale).
Les répondants semblent a priori favorables, voire très favorables, à une telle modification :

En conclusion : petit à petit, la prescription en DC s'impose sur les ordonnances, le plus souvent avec le nom de marque
Comme nous l'avons vu, les pratiques ont évolué en majorité vers une prescription "DC + nom de marque", facilitée par les logiciels d'aide à la prescription libéraux et hospitaliers paramétrés pour pouvoir le faire automatiquement si le prescripteur le décide.
Afin de lutter contre les risques de confusion, d'incompréhension, d'erreurs, faut-il par exemple, améliorer la lisibiltié des ordonnances informatiques, ou encore, comme suggéré ci-dessus, modifier les boîtes de médicaments ?
En savoir plus
Résultats de l'enquête 2017 sur la prescription en DC, mars 2017
Sur VIDAL.fr :
Prescription en DC obligatoire : nouvelle enquête auprès de 1 300 médecins libéraux (décembre 2015)
Enquête exclusive : la prescription en DCI vue par 1 600 médecins et 400 pharmaciens d'officine (mars 2015)
Sources
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