HYALGAN (acide hyaluronique) : baisse du taux de remboursement à 15 %

Par Isabelle COCHOIS -
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A compter du 10 novembre 2016, le taux de remboursement de HYALGAN 20 mg/2 mL solution injectable pour voie intra-articulaire (hyaluronate de sodium) passera à 15 % au lieu de 65 % précédemment.

Le prix de vente de HYALGAN (hors honoraire de dispensation) s'élève à 28,57 euros (1 seringue préremplie), dont 85 % resteront donc à charge de l'assuré.

Cette baisse du taux de prise en charge fait suite au dernier avis de la Commission de la transparence, en date de 2014, où le service médical rendu de HYALGAN a été jugé faible dans le traitement symptomatique de seconde intention de la gonarthrose

HYALGAN est la seule solution injectable par voie intra-articulaire d'acide hyaluronique ayant le statut de médicament.
D'autres solutions injectables par voie intra-articulaire d'acide hyaluronique sont disponibles avec le statut de dispositif médical (DM) : certaines sont inscrites sur la liste des produits et prestations remboursables.

Mais en 2015, la commission en charge d'évaluer l'inscription au remboursement des dispositifs médicaux (CNEDiMTS) a jugé que le
 service rendu de ces DM était insuffisant dans le traitement symptomatique de la gonarthrose en seconde intention.
En septembre 2016, les laboratoires commercialisant ces produits ont reçu une lettre d'intention de déremboursement total.
Il n\'existe pas à ce jour de traitement de fond permettant de modifier l\'évolution de l\'arthrose (illustration).

Il n\'existe pas à ce jour de traitement de fond permettant de modifier l\'évolution de l\'arthrose (illustration).


HYALGAN reste remboursable mais au taux de 15 %
Indiqué dans le traitement symptomatique de la gonarthrose douloureuse avec épanchement
 (Cf. VIDAL Reco "Gonarthrose, coxarthrose"), HYALGAN est une solution injectable par voie intra-articulaire d'acide hyaluroniqueremboursable en 2e intention, après échec des antalgiques et échec ou intolérance aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sous réserve que :
  • les injections soient exclusivement prescrites et réalisées par un rhumatologue, un chirurgien orthopédique ou un médecin de médecine physique et de réadaptation, 
  • et dans la limite de 3 injections par an et par genou.

Seule solution injectable par voie intra-articulaire d'acide hyaluronique ayant le statut de médicament, HYALGAN a été réévalué en 2014 par la Commission de la transparence (Cf. Avis du 19 novembre 2014) qui a considéré que les éléments disponibles permettaient de retenir au mieux une efficacité faible de HYALGAN versus l'injection intra-articulaire de solution saline (utilisée comme placebo dans les études cliniques).

"Elle a regretté l'absence d'étude de méthodologie rigoureuse démontrant une quantité d'effet importante de HYALGAN versus placebo, ce malgré le recul important en termes de commercialisation, et l'absence de démonstration d'une épargne en AINS ou d'un impact probant sur le recours à la chirurgie".

Cependant, tenant compte du nombre limité d'alternatives thérapeutiques disponibles, de l'efficacité, certes faible, versus placebo, de l'existence de patients répondeurs selon les experts et de l'absence de signal de tolérance, la Commission a considéré que HYALGAN conserve une place dans la stratégie thérapeutique de l'arthrose et lui a attribué un 
service médical rendu (SMR) faible.

En conséquence, HYALGAN reste remboursable mais son taux de remboursement passe de 65 % à 15 %, ce à compter du 10 novembre 2016.
Son prix de vente s'élève (hors honoraires de dispensation) à 28,57 euros (1 seringue préremplie) dont 85 % resteront à charge de l'assuré.


Les dispositifs médicaux menacés de déremboursement total
D'autres solutions injectables par voie intra-articulaire d'acide hyaluronique sont actuellement diponibles mais avec le statut de dispositif médical.
Ce sont par exemple :
ADANTARTHRUMDUROLANEEUFLEXXAGO-ON
OSTENILSINOVIALSTRUCTOVIALSYNOCROMSYNVISC-ONE.

En majorité inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR), ils sont remboursables au taux de 60 %, exclusivement pour les patients atteints de gonarthrose, après échec des antalgiques et échec ou intolérance aux AINS :
  • dans la limite d'un traitement composé de 3 injections à 1 semaine d'intervalle maximum par an et par genou, ou de 1 seule injection par an et par genou, selon le produit,
  • sous réserve que la prescription et la réalisation de l'injection intra-articulaire soient effectuées par un rhumatologue, un chirurgien orthopédique ou un médecin de médecine physique et de réadaptation.

Chacun de ces dispositifs médicaux a fait l'objet en 2015 d'une réévaluation par la CNEDiMTS (Commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé) : tous les avis ont conclu à un service rendu insuffisant dans le traitement symptomatique de la gonarthrose en seconde intention.

En septembre 2016, les laboratoires commercialisant ces produits ont reçu de la Direction de la Sécurité sociale et de la Direction générale de la Santé, une lettre d'intention de déremboursement total (Cf. Communiqué de presse du SNITEM, syndicat national de l'industrie des technologies médicales, 8 septembre 2016), leur donnant 30 jours pour réagir...

Pour aller plus loin
Avis relatif à la décision de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie portant fixation du taux de participation de l'assuré applicable à des spécialités pharmaceutiques (Journal officiel, 8 novembre 2016)

Avis de la Transparence (HAS, 19 novembre 2014)

Sources : J.O. (Journal Officiel), HAS (Haute Autorité de Santé)

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Vidal News du 2017-04-27