Administration dans le tissu sous-cutané de l’abdomen ou de la cuisse en 3 à 5 minutes. Dmitriy83 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
- La gamme OPDIVO (nivolumab, anti-PD-1) compte une nouvelle spécialité : OPDIVO 600 mg solution injectable pour administration sous-cutanée (SC), en flacon de 5 mL.
- Il s'agit de la deuxième immunothérapie anticancéreuse sous-cutanée remboursable après TECENTRIQ SC (atézolizumab).
- OPDIVO SC est agréé aux collectivités dans 18 indications couvrant 9 tumeurs solides, qui correspondent aux indications communes et remboursables d'OPDIVO soultion à diluer pour perfusion.
Une nouvelle spécialité de nivolumab, immunothérapie anti-PD-1, est mise à disposition à l'hôpital :
- OPDIVO 600 mg solution injectable pour administration sous-cutanée, en flacon de 5 mL.
Ce médicament a pour substance active, le nivolumab et contient également de la hyaluronidase humaine recombinante, une enzyme augmentant la dispersion et l'absorption des substances co-formulées administrées par voie sous-cutanée.
Cette spécialité, dont la voie d’administration (sous-cutanée), la forme pharmaceutique (solution injectable) et le dosage (600 mg par flacon) sont nouveaux, vient compléter la gamme OPDIVO. Celle-ci se composait jusqu’à présent uniquement d’une solution à diluer pour perfusion intraveineuse (IV) : OPDIVO 10 mg/mL, solution à diluer pour perfusion, en flacons de 4 mL, 10 mL, 12 mL et 24 mL.
OPDIVO 600 mg pour administration sous-cutanée (SC) n'a qu'une partie des indications de la forme IV.
Les indications concernent 9 tumeurs solides de l’adulte déjà approuvées :
- en initiation d'emblée en monothérapie ;
- en monothérapie d’entretien après l’association nivolumab par voie intraveineuse + ipilimumab ;
- en relai pour les patients dèjà traités par OPDIVO IV en monothérapie ou en association à une chimiothérapie ou au cabozantinib.
La prise en charge est effective dans ces différentes indications.
Les principales différences avec la forme IV concernent :
- l'hématologie. Le lymphome de Hodgkin classique reste réservé à la voie IV.
- la pédiatrie. La forme SC est limitée à l’adulte.
- l'association avec l’ipilimumab. La phase d’association se fait uniquement par voie IV.
Il s'agit de la deuxième immunothérapie anticancéreuse SC prise en charge en France, après l'anti-PD-L1 TECENTRIQ SC (atézolizumab), remboursable depuis octobre 2024 (cf. notre article du 3 décembre 2024).
Agréé dans 9 tumeurs solides et 18 indications
OPDIVO 600 mg SC est agréé aux collectivités dans le traitement de 9 tumeurs solides et couvre 18 indications [1] :
- mélanome : 5 indications ;
- cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) : 2 indications ;
- carcinome à cellules rénales : 3 indications ;
- cancer épidermoïde de la tête et du cou (SCCHN) : 1 indication ;
- carcinome urothélial : 2 indications ;
- cancer de l’œsophage ou de la jonction œsogastrique ou adénocarcinome gastrique : 3 indications ;
- cancer colorectal avec déficience du système de réparation des mésappariements del'ADN (dMMR) ou instabilité microsatellitaire élevée (MSI-H) : 2 indications.
Les indications agréées aux collectivités sont inscrites sur la liste en sus sauf pour les deux indications dans le cancer colorectal [2,3].
Un périmètre de remboursement superposable à celui de la voie intraveineuse
En février 2026, la Commission de la transparence (CT) de la HAS s'est prononcée en faveur du remboursement d’OPDIVO 600 mg SC dans les indications communes et remboursables de la forme IV [4].
L’évaluation a reposé sur l’étude de non-infériorité CheckMate-67T, de phase 3, multicentrique, randomisée, en ouvert, en groupe parallèle, réalisées chez des patients atteints d’un carcinome rénal à cellules claires avancé ou métastatique. L’objectif principal était de démontrer la non-infériorité de cette voie d'administration (n = 248) versus OPDIVO par voie intraveineuse (n = 247). Les co-critères de jugement pharmacocinétique principaux étaient :
- la concentration sérique moyenne du nivolumab au cours des 28 premiers jours ;
- la concentration sérique résiduelle à l’état d’équilibre.
Les résultats de l’étude CheckMate-67T ont montré une non-infériorité sur les deux co-critères.
Le service médical rendu (SMR) par OPDIVO 600 mg SC est identique à celui attribué à la forme IV dans les indications concernées par la demande de remboursement.
Pour la CT, la place d'OPDIVO 600 mg SC est identique à celle d'OPDIVO 10 mg/ml IV. Il s’agit « d’un complément de gamme n'apportant pas d'amélioration du service médical rendu (ASMR V) ».
Solution prête à l'emploi et flacon à usage unique
OPDIVO solution injectable n'est pas destiné à une administration par voie intraveineuse et doit être administré uniquement par injection sous-cutanée.
Avant utilisation, les étiquettes des flacons doivent être vérifiées afin de s'assurer que la formulation (sous-cutanée ou intraveineuse) est bien celle qui est prescrite.
Le flacon de 5 mL, qui contient 600 mg de nivolumab, est à usage unique. Selon la dose, un ou deux flacons sont nécessaires.
OPDIVO solution injectable est une solution prête à l'emploi.
Une seringue et une aiguille sont nécessaires pour prélever le médicament dans le flacon.
Avant de prélever la dose, le ou les flacons doivent atteindre la température ambiante .
L'administration par voie sous-cutanée peut se faire à l'aide d'une aiguille hypodermique de 23 G à 25 G ou d'un kit d'administration sous-cutanée.
Une fois prélévé dans la seringue, il est recommandé d’utiliser immédiatement la dose. Si ce n’est pas le cas, elle doit être conservée au réfrigérateur à une température comprise entre 2 °C et 8 °C, à l’abri de la lumière, pendant 7 jours maximum et/ou à une température ambiante comprise entre 20 °C et 25 °C et à la lumière ambiante, pendant 8 heures maximum.
OPDIVO est administré sous la forme d’une injection dans le tissu sous-cutané de l’abdomen ou de la cuisse, pendant une durée de 3 à 5 minutes, toutes les 2 semaines, 3 semaines ou 4 semaines, en fonction de la dose. Les sites d’injection sont alternés pour les injections successives.
Pour plus de précisions : se référer à la monographie VIDAL.
Identité administrative
Liste I − réservé à l'usage hospitalier
Prescription réservée à certains médecins spécialistes : oncologie ou cancérologie.
Surveillance particulière pendant le traitement
Flacon de 5 ml. CIP : 3400955109754. UCD : 3400890050241. [1]
Agrément aux collectivités (cf. Encadré 1) [1]
Prise en charge en sus des GHS (cf. Encadré 1) [2, 3]
Laboratoire Bristol Myers Squibb
Encadré 1 - Périmètre de prise en charge d'OPDIVO 600 mg solution injectable SC [1,2,3]
Agrément aux collectivités dans les indications listées ci-dessous. Les indications en sus des GHS sont les mêmes sauf pour les indications dans le cancer colorectal.
- en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d’un mélanome avancé (non résecable ou métastatique) ;
- en association à l’ipilimumab, en 1re ligne de traitement du mélanome au stade avancé chez des patients ECOG 0 ou 1, dont la tumeur est B-RAF non muté, ne présentant pas de métastase cérébrale active et avec une administration dans des centres disposant d’une réanimation médicale polyvalente ;
- en association avec l’ipilimumab dans le traitement des adultes atteint d’un mélanome avancé en première ligne chez les patients ECOG 0 ou 1, dont la tumeur est B-RAF mutée, sans métastase cérébrale active ;
- en monothérapie dans le traitement adjuvant des patients adultes atteints d’un mélanome de stade IIB ou IIC et ayant subi une résection complète ;
- en monothérapie dans le traitement adjuvant des patients adultes atteints d’un mélanome avec atteinte des ganglions lymphatiques ou une maladie métastatique, et ayant subi une résection complète ;
- en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d’un cancer bronchique non-à-petites cellules (CBNPC) de type épidermoïde localement avancé ou métastatique après une chimiothérapie antérieure ;
- en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d’un cancer bronchique non-à-petites cellules (CBNPC) de type non épidermoïde localement avancé ou métastatique après une chimiothérapie antérieure », uniquement chez les patients en bon état général (ECOG 0 ou 1) ;
- en monothérapie dans le traitement du cancer du rein à cellules claires ou comportant un contingent de cellules claires au stade avancé après échec d’un traitement antérieur par anti-VEGF ;
- en association avec l’ipilimumab dans le traitement de première ligne au stade avancé du carcinome rénal à cellules claires ou comportant un contingent de cellules claires de pronostic intermédiaire ou défavorable ;
- en association au cabozantinib, le traitement de première ligne, au stade avancé, du carcinome rénal à cellules claires ou comportant un contingent de cellules claires ;
- en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d’un cancer épidermoïde de la tête et du cou en progression pendant ou après une chimiothérapie à base de sels de platine ;
- en monothérapie dans le traitement adjuvant des patients adultes atteints de carcinome urothélial infiltrant le muscle (CUIM) à haut risque de récidive après exérèse complète, dont les cellules tumorales expriment PD-L1 au seuil ≥ 1 %:
- ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante ;
- ou n’ayant pas reçu de chimiothérapie néoadjuvante et non éligibles/ou ayant refusé une chimiothérapie adjuvante à base de cisplatine ;
- en association à une chimiothérapie combinée à base de fluoropyrimidine et de sels de platine, en première ligne, dans le traitement des patients adultes atteints d’un carcinome épidermoïde de l’oesophage avancé non résécable, récurrent ou métastatique dont les cellules tumorales expriment PD-L1 au seuil ≥ 1 % ;
- en monothérapie dans le traitement adjuvant des patients atteints d’un cancer de l’oesophage ou de la jonction oesogastrique et qui ont une maladie résiduelle après une radiochimiothérapie néoadjuvante antérieure et une résection complète (R0 post-chirurgie) dans les 4 à 16 semaines ;
- en association à une chimiothérapie combinée à base de fluoropyrimidine et de sels de platine, en première ligne, dans le traitement des patients adultes atteints d’un adénocarcinome gastrique, de la jonction oesogastrique ou de l’oesophage avancé ou métastatique, HER-2 négatif, dont les tumeurs expriment PD-L1 avec un score positif combiné (Combined Positive Score : CPS) ≥ 5;
- en association à l’ipilimumab, uniquement dans le traitement de première ligne des patients adultes atteints d’un cancer colorectal métastatique avec une instabilité microsatellitaire élevée (MSI- H) ou une déficience du système de réparation des mésappariements de l’ADN (dMMR) non résécables d’emblée.
- en association à l’ipilimumab, dans le traitement des patients adultes atteints d’un cancer colorectal métastatique avec une déficience du système de réparation des mésappariements de l’ADN ou une instabilité microsatellitaire élevée après une association antérieure de chimiothérapie à base de fluoropyrimidine, chez les patients n’ayant pas reçu d’immunothérapie antérieure et aux posologies de l’AMM.
[1] Arrêté du 10 septembre 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques agréées à l'usage des collectivités et divers services publics – OPDIVO 600 mg (Journal officiel du 11 septembre 2026, texte 36)
[2] Arrêté du 10 septembre 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques prises en charge en sus des prestations d'hospitalisation mentionnée à l'article L. 162-22-7 du code de la sécurité sociale – OPDIVO 600 mg (Journal officiel du 11 septembre 2026, texte 34)
[3] Arrêté du 17 septembre 2026 modifiant l'arrêté du 10 septembre 2026 portant modification de la liste des spécialités pharmaceutiques prises en charge en sus des prestations d'hospitalisation mentionnée à l'article L. 162-22-7 du code de la sécurité sociale – OPDIVO 600 mg (Journal officiel du 18 septembre 2026, texte 37)
[4] Avis de la Commission de la transparence – OPDIVO 600 mg (HAS, 6 février 2026).
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