Nouvelle spécialité

Maladie de von Hippel-Lindau et tumeurs associées : mise à disposition de WELIREG en pharmacie de ville

À compter du 18 juillet 2026, WELIREG 40 mg comprimé pelliculé (belzutifan) peut être dispensé en pharmacie de ville avec une prise en charge dans le droit commun. WELIREG est indiqué pour traiter des cancers associés à la maladie de von Hippel-Lindau. 

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Un inhibiteur du facteur-2α, inductible par une protéine qui favorise la croissance cellulaire.

Un inhibiteur du facteur-2α, inductible par une protéine qui favorise la croissance cellulaire.Rasi Bhadramani / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Résumé

Après avoir bénéficié d'un accès précoce pendant plusieurs mois, WELIREG 40 mg comprimé pelliculé (belzutifan) peut désormais (à compter du 18 juillet 2026) être dispensé en pharmacie de ville, avec un remboursement dans le droit commun.

WELIREG est indiqué dans le traitement des patients adultes ayant : 

  • des tumeurs associées à la maladie de von Hippel-Lindau : carcinome à cellules rénales, hémangioblastomes du système nerveux central, tumeurs neuroendocrines pancréatiques, pour lesquels les interventions localisées (chirurgie) ne sont pas adaptées ;
  • un carcinome rénal à cellules claires, mais cette indication n'est pas remboursable au 18 juillet 2026. 

Ce médicament contient du belzutifan, premier représentant de la classe des inhibiteurs du facteur -2α (HIF-2α) inductible par l'hypoxie 3. L'efficacité du belzutifan a été démontrée dans les études de phase 2 Litespark non comparatives.

WELIREG se présente en comprimé contenant 40 mg de belzutifan. La dose quotidienne est de 120 mg, soit 3 comprimés à prendre en même temps, à la même heure chaque jour. 

Les éléments à surveiller sont le taux d'hémoglobine (risque d'anémie) et la saturation en oxygène (risque d'hypoxie). 

Avant d'initier le traitement, le prescripteur doit vérifier l'absence d'une grossesse. WELIREG est contre-indiqué chez la femme enceinte en raison d'un risque de lésions embryo-fœtales. Une carte patiente permet de rappeler ces risques aux femmes concernées et l'importance de suivre une contraception efficace (chez la femme et chez l'homme). 

La prescription est restreinte : prescription hospitalière réservée aux spécialistes en neurologie ou oncologie, et aux médecins compétents en cancérologie. 

WELIREG est un médicament d'exception. Il est remboursable à 100 % et agréé aux collectivités. 

Disponible en ville et à l'hôpital, WELIREG 40 mg comprimés pelliculé (belzutifan) est indiqué dans les situations suivantes en monothérapie pour le traitement des patients adultes :

  • présentant des tumeurs localisées et associées à la maladie de von Hippel-Lindau (VHL - cf. Encadré 1et pour qui les interventions localisées ne sont pas adaptées : carcinome à cellules rénales (CCR), hémangioblastomes du système nerveux central (SNC) ou tumeurs neuroendocrines pancréatiques (TNEp) ;
  • atteints d'un carcinome rénal à cellules claires avancé ayant progressé après au moins deux lignes de traitement comprenant un inhibiteur de PD-(L)1 et au moins deux thérapies ciblées du VEGF.  

Avant d’être commercialisé et remboursable dans le droit commun pour traiter des patients ayant des tumeurs associées à la maladie de von Hippel-Lindau, WELIREG a bénéficié d’un accès précoce dans cette indication.

La population de patients ayant une maladie de VHL ciblée par WELIREG (c'est-à-dire pour lesquels une intervention localisée n'est pas adaptée) est estimée par la Commission de la transparence (CT) à environ 144 patients [1].

WELIREG fait l'objet d'une surveillance supplémentaire qui permettra l'identification rapide de nouvelles informations relatives à la sécurité. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté.

Encadré 1 - La maladie de von Hippel-Lindau en synthèse

Selon Orphanet, la maladie de von Hippel-Lindau est définie comme « un syndrome familial avec prédisposition aux cancers associé à une variété de tumeurs malignes et bénignes, le plus souvent des hémangioblastomes rétiniens, cérébelleux et spinaux, des carcinomes à cellules rénales (CCR) et des phéochromocytomes/paragangliomes ».

La maladie de von Hippel-Lindau (VHL) est due à une mutation germinale du gène suppresseur de tumeur « VHL ». Cela confère aux patients un risque à vie de développer de multiples tumeurs bénignes ou malignes notamment des carcinomes à cellules rénales (CCR), des hémangioblastomes rétiniens et du système nerveux central (HB), des phéochromocytomes/paragangliomes, des tumeurs neuroendocrines pancréatiques (TNEp), des cystadénomes papillaires et une érythrocytose

La maladie de VHL est rare : la prévalence est estimée à 1/53 000 et l'incidence annuelle à la naissance est estimée à 1/36 000.

L'âge moyen au moment du diagnostic est de 26 ans.

En France, selon les données de la cohorte issue du registre exhaustif français Predir (Prédispositions aux tumeurs du rein – réseau labellisé par l’Inca) disponibles, environ 1 237 patients adultes atteints de la maladie de VHL étaient recensés en octobre 2024 [1].

À propos du belzutifan

Le belzutifan est un nouveau principe actif. Il s’agit d’un inhibiteur du facteur -2α (HIF-2α) inductible par l'hypoxie 3, une protéine impliquée dans la croissance cellulaire, la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et le développement tumoral. En bloquant l'action de cette protéine, le belzutifan « peut empêcher la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, interrompant ainsi l'apport sanguin nécessaire à la croissance des cellules cancéreuses et réduisant la progression de la tumeur ».

Pour les patients pour lesquels les interventions localisées ne sont pas adaptées, le belzutifan représente le « seul médicament disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) spécifique à la maladie de VHL dans ce périmètre d’indication », note la CT.

Efficacité démontrée dans des études non comparatives

L'efficacité du belzutifan a été évaluée dans les études de phase 2 Litespark non comparatives : 

  • l'étude Litespark-004 incluait des patients ayant une tumeur solide mesurable de CCR associée à la maladie de VHL. Le taux de réponse globale au traitement, c'est-à-dire la proportion de patients atteints d'un CCR ne présentant aucun signe de cancer ou dont la tumeur avait diminué après traitement (critère de jugement principal), était de 67 % (n=41 ; IC95% [54,0 ; 78,7]) ;
  • l'étude Litespark-015 incluait des patients adultes atteints de la maladie de VHL présentant au moins une tumeur rénale, ou un phéochromocytome, ou un paragangliome (PPGL), ou une tumeur neuroendocrine du pancréas (TNEp). Le taux de réponse globale (critère de jugement principal) était de 83,3 % (n = 15 ; IC95% [58,6 ; 96,4]) chez 18 patients avec des tumeurs solides mesurables de CCR associée à la maladie de VHL.

Un traitement de première intention lorsque l'intervention localisée ne convient pas

Dans son avis du 25 juin 2025 [1], la CT rappelle que, dans le cadre de la maladie de VHL, il existe un « besoin médical non couvert à disposer de médicaments efficaces et bien tolérés chez des patients pour qui les interventions localisées ne sont pas adaptées ».

En s'appuyant sur divers éléments dont les données issues des études Litespark et le contexte médical actuel, la CT a attribué à WELIREG :

  • un service médical rendu (SMR) modéré dans l'indication de l'AMM ;
  • une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la stratégie thérapeutique actuelle, pour les patients pour qui les interventions localisées ne sont pas adaptées.

Chez les patients adultes atteints de la maladie de VHL et pour qui les interventions localisées ne sont pas adaptées, WELIREG (belzutifan) est un traitement de 1re intention dans le cadre prévu par son AMM.

Dans les recommandations européennes de la Société européenne d'oncologie médicale (Esmo) pour la prise en charge du CCR, le belzutifan est cité comme le traitement devant être proposé chez les patients qui ne nécessitent pas de chirurgie immédiate.

WELIREG en pratique : 3 comprimés par jour en 1 prise

La dose recommandée de belzutifan est de 120 mg par jour, soit 3 comprimés de WELIREG 40 mg administrés en même temps, à la même heure chaque jour.

WELIREG se présente en boîte de 90 comprimés (comportant 3 boîtes de 30), correspondant à la quantité suffisante de comprimés pour 30 jours de traitement à la posologie recommandée. 

Le traitement doit être poursuivi jusqu'à progression de la maladie ou survenue de toxicité inacceptable. 

Selon la sévérité des effets indésirables, la dose de belzutifan peut être réduite ou le traitement par WELIREG interrompu ou définitivement arrêté.

Anémie, hypoxie : éléments à contrôler

Les éléments suivants doivent être contrôlés avant le traitement, puis surveillés pendant le traitement : 

  • risque d'anémie : surveillance du taux d'hémoglobine ;
  • risque d'hypoxie : surveillance de la saturation en oxygène par oxymétrie de pouls 

Toxicité embryo-fœtale : contraception obligatoire

WELIREG est contre-indiqué chez les femmes enceintes en raison d'un risque de lésions pour l'embryon et le fœtus. 

Le prescripteur doit vérifier l’absence de grossesse avant d’initier le traitement.

Chez les femmes en âge de procréer, des méthodes contraceptives hautement efficaces doivent être prescrites pendant le traitement et pendant au moins 1 semaine après la dernière dose.

Le belzutifan peut réduire l'efficacité des contraceptifs hormonaux. Pour pallier ce phénomène, il est recommandé d'associer : 

  • une méthode contraceptive alternative non hormonale ;
  • le port d'un préservatif par le partenaire masculin.

Des mesures pour sécuriser le traitement par WELIREG

Pour informer les patients et les professionnels de santé sur le risque de toxicité embryo-fœtale associé à WELIREG, les documents suivants sont accessibles en ligne sur le site de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) [2] :

De l’accès précoce au droit commun : des mesures pour faciliter la transition

Les commandes de WELIREG au titre du droit commun sont ouvertes aux pharmaciens d'officine et des pharmacies à usage intérieur (PUI) à partir du 18 juillet 2026.

Les demandes d’accès précoce à WELIREG ne sont plus réalisables à partir du 18 juillet 2026, mais la plateforme « accès précoce » reste ouverte pour consultation des données saisies [3].

Les pharmaciens d'officine peuvent commander WELIREG : 

  • chez leur grossiste-répartiteur habituel ;
  • ou en commande directe auprès du laboratoire MSD, au 0 800 94 38 77 si la spécialité n'est pas référencée chez le grossiste. 

Pour les patients traités par WELIREG dans le cadre du dispositif d’accès précoce, le laboratoire a élaboré une étiquette comportant le numéro de contact des ventes directes du laboratoire, destinée à être apposée sur l’ordonnance et transmise au pharmacien d’officine (cf. ci-dessous). 

Identité administrative

Liste I
Prescription hospitalière réservée aux spécialistes en neurologie ou oncologie et aux médecins compétents en cancérologie
Surveillance particulière pendant le traitement
Boîte de 90 (3 boîtes de 30), CIP 3400930309032
Remboursable à 100 % sur ordonnance de médicament d’exception (cf. Encadré 2) [4]
Prix public TTC = 14 177,30 euros [5]
Agrément aux collectivités (cf. Encadré 2) [6]
Laboratoire MSD France

Encadré 2 - Périmètre de prise en charge de WELIREG en ville et à l'hôpital

À compter du 18 juillet 2026 : 

  • en monothérapie pour le traitement des patients adultes qui nécessitent un traitement pour un carcinome à cellules rénales (CCR), des hémangioblastomes du système nerveux central (SNC) ou des tumeurs neuroendocrines pancréatiques (TNEp), localisés et associés à la maladie de von Hippel-Lindau et pour qui les interventions localisées ne sont pas adaptées.

 

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