Les intoxications aux cannabinoïdes de synthèse concernent des mineurs dans plus de 70 % des cas.LucaLorenzelli / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Les intoxications liées aux cannabinoïdes de synthèse sont en hausse préoccupante depuis 2025 chez les adolescents.
Le ministère de la Santé appelle à être vigilant et à y penser. Les manifestations cliniques sont variées et peu spécifiques avec des symptômes neurologiques, psychiatriques, cardiovasculaires ou digestifs.
Une prise en charge urgente est nécessaire en présence de signes de gravité ou d'une situation préoccupante.
Tout cas suspect ou confirmé est à signaler via le Portail de signalement des événements sanitaires indésirables.
Le ministère de la Santé appelle les professionnels de santé à renforcer leur vigilance quant aux intoxications liées aux cannabinoïdes de synthèse, qui surviennent principalement chez des mineurs. Environ 500 signalements ont été déclarés depuis début 2025, concernant dans plus de 70 % des cas des adolescents de 13 à 18 ans avec 71 % de cas graves, dont deux décès (convulsions répétées, suicide), indique le DGS-Urgent du 11 juin 2026 [1].
Le phénomène des nouveaux produits de synthèse, observé depuis une dizaine d'années (cf. notre article du 4 février 2025 Addictologie : quels sont les nouveaux produits de synthèse ?), s'accélère (cf. notre article du 11 juin 2026 Lutte contre la consommation de drogues : 7 dérivés de la tryptamine classés comme stupéfiants). Un signal d'addictovigilance concernant les cannabinoïdes de synthèse, consommés sous forme de vapotage, est particulièrement préoccupant depuis 2025 chez les jeunes, qui ignorent souvent la composition réelle des produits consommés.
Des e-liquides, inodores et incolores, parfois présentés comme licites (« CBD »), contiennent des cannabinoïdes de synthèse à forte toxicité, de composition et de dosage variables. Ces substances chimiques imitent les effets du THC, mais avec des effets potentiellement beaucoup plus puissants que le cannabis. Ils sont appelés « PTC » (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, K2 (cf. notre article du 11 février 2025 « Pète ton crâne » et vapotage : des risques graves pour la santé des ados). Souvent difficiles à identifier dans les prélèvements sanguins et/ou urinaires, ils peuvent être retrouvés dans les e-liquides récupérés.
Devant quels tableaux y penser ?
Les manifestations cliniques sont variées et peu spécifiques.
Les présentations cliniques observées sont hétérogènes, pouvant associer :
- des troubles neurologiques : agitation, confusion, convulsions, altération de la conscience pouvant aller jusqu’au coma ;
- des troubles psychiatriques : hallucinations, attaque de panique, idées suicidaires, signes de sevrage ;
- des troubles cardiovasculaires : tachycardie, douleurs thoraciques, mais aussi bradycardie, troubles du rythme ou collapsus ;
- des manifestations digestives : nausées, vomissements.
Dans les formes les plus sévères, il est observé des décompensations aiguës multiviscérales, associant atteintes neurologiques, cardiovasculaires et métaboliques (acidose sévère, hyperlactatémie). « Le caractère non spécifique des symptômes, associé à une faible sensibilisation des professionnels, peut contribuer à une sous-détection du phénomène », insiste la direction générale de la Santé.
Que faire en pratique ?
Il est demandé aux professionnels de santé :
- d’identifier précocement et d’orienter de manière adaptée les patients présentant un tableau clinique évocateur ;
- en cas de signes de gravité (convulsions, troubles de la conscience, agitation extrême, détresse respiratoire, douleur thoracique…) ou de situation clinique préoccupante, même en l’absence de signes majeurs, d'orienter vers un service d’urgence ;
- de prendre conseil, si besoin, auprès du centre d'évaluation et d'information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A) de sa région (liste consultable en ligne) ou du centre anti-poison et de toxicovigilance (CAPTV) ;
- d’informer les patients et leur entourage de l’existence des dispositifs d’écoute, d’information et d’orientation : Drogues Info Service (appel anonyme et gratuit) accessible 7j/7 de 8h à 2h, au numéro anonyme et gratuit 0 800 23 13 13 ; fiche d’information « Cannabis de synthèse » ;
- d’inviter, dans la mesure du possible et sans prise de risque, à conserver le produit suspect sans le manipuler ni le jeter, afin de permettre une éventuelle analyse rapide (gratuite te anonyme) par les autorités compétentes (SINTES via la coordination régionale ou sintes@ofdt.fr ou au numéro 01 41 62 77 37) ;
- de signaler les cas (cf. Encadré) ;
- de sensibiliser les adolescents et leur entourage aux risques graves associés à ces substances, y compris lorsqu’elles sont consommées par vapotage ou présentées comme des produits licites.
Une attention particulière est appelée en milieu scolaire et périscolaire, en lien avec les services de l’Éducation nationale.
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Tout cas suspect ou confirmé d’exposition à des cannabinoïdes de synthèse doit être signalé dans les meilleurs délais via le Portail de signalement des évènements sanitaires indésirables. Une fois sur le portail, cliquer sur l'onglet « Signaler un évènement indésirable » et sélectionner l’entrée « Vous êtes un professionnel de santé ». Cliquer dans la rubrique « Effet sanitaire indésirable suspecté d'être lié à des produits de consommation », puis choisir le formulaire adapté à la situation (par exemple « Addictovigilance », si une consommation de substance est suspectée ou « Vapotage et pneumopathie »). Renseigner les informations personnelles (pour pouvoir être recontacté), sur la personne exposée (âge, sexe, antécédents médicaux, etc.) et sur le produit, avant de valider. |
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4 minutes
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