La tryptamine de synthèse se présente sous forme de poudre, liquide ou intégrée dans des aliments.Darwin Brandis / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a inscrit sept dérivés de la tryptamine (cf. Encadré 1) sur la liste des stupéfiants. Par cette
La décision de l'ANSM est motivée par les données d'addictovigilance
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Les tryptamines sont des substances psychoactives dont les effets reposent principalement sur une action agoniste des récepteurs sérotoninergiques. Des plantes Les dérivés de synthèse sont obtenus par modification chimique de la structure chimique de la tryptamine dans le but
Ces produits sont consommés par voie orale, inhalée ou nasale. Ils sont |
Sept dérivés de la tryptamine désormais classés comme stupéfiants
La décision de l'ANSM concerne les substances suivantes :
- AMT (alpha-méthyltryptamine ou indopan) ;
- 4-AcO-DMT (4-acétoxy-diméthyltryptamine ou psilacétine) ;
- 4-HO-MET (4-hydroxy-N-méthyl-N-éthyltryptamine) ;
- 4-HO-MiPT (4-hydroxy-N-méthyl-N-isopropyltryptamine) ;
- 5-MeO-DMT (5-méthoxy-N,N-diméthyltryptamine ou méthylbufoténine) ;
- 5-MeO-MiPT (5-methoxy-N-methyl-N-(1-méthyléthyl)-1H-Indole-3-éthanamine) ;
- 5-MeO-DiPT (5-méthoxy-N,N-diisopropyltryptamine ou « foxy »).
Ces produits s'ajoutent à plusieurs
Une émergence des NPS-tryptamines confirmée par l'addictovigilance
Les tryptamines émergentes ont fait l'objet d'une enquête d'addictovigilance menée par le
Les données recueillies mettent en évidence des intoxications parfois sévères. Les principaux effets rapportés étaient :
- des troubles neurologiques (36 %), dont trois comas ;
- des troubles de l'usage (27 %) ;
- des troubles psychiatriques (14 %).
Un décès impliquant une NPS-tryptamine (la 5-MeO-DMT, en association à d'autres substances) a été rapporté dans le dispositif Drames (Décès en relation avec l'abus de médicaments et de substances).
L'ANSM relève une augmentation des signalements en 2025, justifiant la nécessité d'agir pour freiner cette progression.
En décidant de classer 7 dérivés de la tryptamine sur la liste des stupéfiants, l'ANSM suit une des propositions émises CEIP-A de Montpellier, à savoir
Une identification plus rapide des NPS est nécessaire
L'augmentation de la consommation des NPS-tryptamines et des NPS en général ne concerne pas uniquement la France. Dans son rapport 2026 [4], l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (Euda) souligne une diversification rapide du marché des drogues de synthèse sur le territoire européen (cf. Encadré 2). L'existence d'une gamme de plus en plus variée associée à un accès facilité par Internet s'accompagne d'une augmentation des risques pour les consommateurs.
Pour l'Euda, l'identification précoce des nouvelles substances psychoactives (NPS) constitue à la fois un enjeu majeur de santé publique et un levier de lutte contre ce phénomène : « il est essentiel d'identifier plus rapidement les nouvelles drogues et tendances émergentes pour adapter les politiques de prévention et les stratégies d'action ».
En France, l'ANSM recommande d'ailleurs aux professionnels de santé qui prennent en charge une personne victime d'une intoxication de récupérer le produit consommé, lorsque cela est possible, afin qu'il puisse être analysé. Cette démarche participe à l'amélioration de la détection des nouvelles substances circulant sur le territoire, et à adapter de façon plus réactive les mesures de prévention et de réduction des risques au niveau national.
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Plus de 40 nouveaux produits de synthèse ont été identifiés entre 2024 et 2025 (dont 26 en 2025), a rapporté l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dans son dernier point Sintes publié le 11 juin 2026 [5]. La tendance de fond à la diversification des produits se poursuit ainsi en France et en Europe, comme l'a souligné quelques jours plus tôt, le 9 juin, l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (Euda) dans son rapport annuel [4] en faisant état d'une nouvelle substance détectée par semaine environ en 2025 (UE, Norvège, Turquie). Les formes de cannabis se multiplient avec une progression des produits comestibles et un élargissement du vapotage. Les cannabinoïdes de synthèse, présents dans de nombreux e-liquides collectés, sont également utilisés, en tant qu'agent adultérant (c'est-à-dire introduit pour augmenter le poids à la revente) de produits en vente libre sous l'appellation CBD, le plus souvent à l'insu des consommateurs. « L'émergence constante de nouvelles substances et des phénomènes de substitution (avec de nombreux cas de tromperie, c'est-à-dire de discordance entre la substance attendue et celle identifiée), engendrant des risques sanitaires plus importants », indique l'OFDT. Par ailleurs, la consommation de cocaïne prend de l'ampleur, y compris en France (lire l'article Cocaïne en France : « reprise marquée » des passages aux urgences en 2025, supérieurs à 6.500) avec des teneurs de plus en plus élevées et peu adultérées dans la continuité des années précédentes. Cette évolution est susceptible d'accroître le risque d'effets indésirables aigus. |
[1] L’ANSM classe 7 dérivés synthétiques de la tryptamine sur la liste des stupéfiants (ANSM, 9 juin 2026)
[2] Décision du 12/05/2026 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants (ANSM, 9 juin 2026)
[3] Enquête nationale d’addictovigilance concernant les tryptamines émergentes (1er rapport) (CEIP-A de Montpellier, 10 avril 2025)
[4] Comprendre le phénomène des drogues en Europe en 2026 – principales évolutions (Rapport européen sur les drogues 2026) (Euda, 9 juin 2026)
[5] Point Sintes n°11 (OFDT, juin 2026)
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