Prise en charge

Obésité : prise en charge de WEGOVY et MOUNJARO à partir du 15 juin 2026, sous conditions

WEGOVY FLEXTOUCH (sémaglutide) et MOUNJARO KWIKPEN (tirzépatide) seront remboursables à 65 % en ville et agréées aux collectivités à compter du 15 juin 2026, pour le contrôle du poids chez certains patients. MOUNJARO obtient également son remboursement dans le diabète de type 2.

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Le prescripteur doit remplir un document renseignant l'indication et le remettre au patient. 

Le prescripteur doit remplir un document renseignant l'indication et le remettre au patient. peakSTOCK / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Résumé

WEGOVY (sémaglutide) et MOUNJARO (tirzépatide) sont remboursés à 65 % dans l'obésité de l'adulte à partir du 15 juin 2026 :

  • chez les patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial  40 kg/m2 sans comorbidité ;
  • chez les patients ayant un IMC initial  35 kg/m2 avec une comorbidité.

La primo-prescription est réservée à des spécialistes de niveaux de recours 2 et 3 :

  • les médecins exerçant en centre spécialisé obésité (CSO) ;
  • ou les endocrinologues en lien avec un CSO.

La prise en charge de WEGOVY et de MOUNJARO est subordonnée à un document rempli par le prescripteur (via le téléservice de l'Assurance maladie) afin de justifier l'indication. Un exemplaire est à remettre au patient pour la délivrance en pharmacie.

MOUNJARO est également remboursé dans le diabète de type 2 de l'adulte insuffisamment contrôlé en complément d'un régime alimentaire et d'une activité physique :

  • en bithérapie avec la metformine ;
  • en trithérapie avec la metformine associée à un sulfamide hypoglycémiant ou une insuline basale.

Dans le diabète de type 2, la prescription de MOUNJARO peut être réalisée par tout médecin.

Les spécialités WEGOVY FLEXTOUCH (sémaglutide) et de MOUNJARO KWIKPEN (tirzépatide) vont bénéficier d'une prise en charge dans le droit commun à partir du 15 juin 2026 [1, 2, 3, 4] : 

  • remboursement en ville à 65 % ;
  • agrément aux collectivités.

Contrôle du poids : une prescription initiale très encadrée

Dans le contrôle du poids, ces deux médicaments sont pris en charge chez l'adulte en cas d'échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (< 5 % de perte de poids à six mois), en complément d'un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique pour la gestion du poids, incluant la perte de poids et le maintien du poids (cf. Encadré 1) pour :

  • les patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 40 kg/m2 sans comorbidité ;
  • les patients ayant un IMC initial ≥ 35 kg/m2 avec une comorbidité :
    • un diabète de type 2 ;
    • une HTA nécessitant un traitement médicamenteux ;
    • une hypertriglycéridémie > 5 g/L (contrôlée à plusieurs reprises, en dehors de toute consommation d'alcool et en dehors du déséquilibre d'un diabète de type 2) et résistante au traitement habituel comprenant les mesures nutritionnelles ;
    • une stéatohépatite non alcoolique (Mash, anciennement Nash) ou une fibrose hépatique (quel que soit le stade de la fibrose). La stéatose isolée n'est pas une comorbidité retenue pour l'indication de chirurgie bariatrique ;
    • un syndrome des ovaires polykystiques chez la patiente en âge de procréer ;
    • un problème de fertilité masculine ou féminine avec un projet d'assistance médicale à la procréation (AMP), sur proposition de l'équipe d'AMP ;
    • une maladie rénale chronique (jusqu'au stade d'insuffisance rénale chronique [IRC] modérée : stade 3A ou 3B) après avis du néphrologue, voire une insuffisance rénale sévère ou terminale avec un projet de transplantation rénale. Dans ce dernier cas, la décision doit être discutée au cas par cas de façon collégiale avec l'équipe de transplantation et réalisée dans des centres disposant d'une structure de dialyse ;
    • une cirrhose Child A, après accord avec l'hépatologue ;
    • un syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec un indice d'apnées/hypopnées (IAH) ≥ 15/h ;
    • un asthme sévère en lien avec l'obésité après avis d'un pneumologue, d'un ORL et/ou d'un allergologue ;
    • des lombalgies chroniques, une coxarthrose, une gonarthrose, invalidantes, documentées, après avis rhumatologique et/ou orthopédique confirmant les bénéfices attendus par la perte de poids ;
    • une incontinence urinaire invalidante ne répondant pas aux modifications thérapeutiques du mode de vie associées aux traitements médicamenteux de l'incontinence urinaire et, si besoin, de la constipation, après confirmation par un gynécologue ou un urologue que la perte de poids post-chirurgie bariatrique est susceptible d'améliorer les troubles urinaires ;
    • une hernie pariétale ou une éventration symptomatique ou complexe dont le traitement chirurgical impose une perte de poids avant la chirurgie pariétale ;
    • une hypertension intracrânienne idiopathique résistant à une prise en charge neurologique bien conduite ;
    • la présence d'un handicap moteur avec ou sans paraplégie. Il est recommandé de réaliser ces chirurgies au cas par cas après avis d'un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou d'un neurologue. L'indication opératoire devra être validée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) de recours dans un centre de niveau 3 pour la prise en charge de l'obésité.
Encadré 1 - Évaluation médico-économique de WEGOVY et MOUNJARO dans le contrôle du poids

Les arrêtés de prise en charge de WEGOVY et MOUNJARO dans le contrôle du poids s'appuient sur les avis médico-économiques [5, 6] émis par la Commission de la transparence (CT), ainsi que sur d'autres avis, dont celui portant sur les sous-populations à prendre en charge prioritairement parmi les patients éligibles à ces médicaments [7, 8].

Dans les avis médico-économiques d'octobre 2024 et de novembre 2025 [5, 6], la CT attribue à ces deux médicaments :

  • un service médical rendu (SMR) important uniquement chez l’adulte ayant un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 35 kg/m² en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (< 5 % de perte de poids à six mois), en complément d'un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique pour la gestion du poids, incluant la perte de poids et le maintien du poids. Le SMR est insuffisant dans le reste des indications de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) ;
  • une amélioration du service médical rendu mineure (ASMR IV) dans la stratégie de prise en charge des patients adultes ayant un IMC initial > 35 kg/m2 en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (< 5 % de perte de poids à six mois) et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique).

Pour WEGOVY, la CT s'est appuyée sur les résultats de deux études de supériorité réalisée versus placebo :

  • l’essai de phase 3 Select, sur un critère de jugement cardiovasculaire cliniquement pertinent ;
  • l’essai de phase 3 Step HFpEFsur deux cocritères de jugement principaux, à savoir un critère de qualité de vie évalué au moyen du score CSS du questionnaire KCCQ-23 et la perte de poids, après 52 semaines de traitement, chez des patients obèses avec une insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée.

Pour MOUNJARO, la CT a pris en compte les résultats des études Surmount réalisées versus placebo (variation relative de la moyenne du poids) ainsi que ceux issus des études Summit, Surmount-OSA et Surmount-1 extension montrant des bénéfices :

  • chez les patients avec une insuffisance cardiaque (Summit) ;
  • sur la variation de l’indice d’apnées/hypopnées (Surmount-OSA) ;
  • sur le délai de survenue d’un diabète de type 2 à long terme (193 semaines) chez des patients prédiabétiques (Surmount-1 extension).

La population cible de WEGOVY et MOUNJARO pour le contrôle du poids est estimée entre 1 050 000 et 2 100 000 patients.

Prescription restreinte à certains prescripteurs pour l'obésité

Dans cette indication relative au contrôle du poids, la prescription initiale de WEGOVY et MOUNJARO est réservée aux professionnels exerçant dans les structures de santé impliquées dans la prise en charge de l'obésité de niveaux de recours 2 et 3, à savoir :

  • les médecins exerçant en centre spécialisé obésité (CSO), dans un CHU, dans un SMR de « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition » ;
  • ou les endocrinologues en lien avec un CSO.

Cette restriction est justifiée par les spécificités de ces médicaments, afin de garantir leur bon usage dans le contrôle du poids (injection sous-cutanée, position dans la stratégie thérapeutique en seconde intention en association à des mesures hygiéno-diététiques, incertitudes d'un effet rebond à l'arrêt du traitement).

Le renouvellement peut être effectué par tout médecin.

Justifier que la prescription est conforme au cadre de prise en charge et aux recommandations

Dans l'indication relative au contrôle du poids, la prise en charge de WEGOVY et de MOUNJARO est subordonnée au renseignement par le prescripteur d'éléments relatifs aux circonstances et indications :

  • la prescription initiale a-t-elle été réalisée par un prescripteur habilité ?
  • le patient est-il âgé de 18 ans ou plus ?
  • l'IMC initial du patient est-il ≥ 35 kg/m2  avec comorbidité (parmi celles définies par l'arrêté relatif à la prise en charge) ou ≥ 40 kg/m2 sans comorbidité ?
  • le patient est-il en échec d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite (< 5 % de perte de poids à six mois), en complément d'un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique ?

Ces renseignements doivent être présentés sur un document (réalisé via le téléservice de l'Assurance maladie - amelipro) joint à l'ordonnance. Il doit être remis au patient et présenté en pharmacie. Ce dispositif d'accompagnement à la prescription est déjà applicable depuis février 2025 (cf. notre article du 16 janvier 2025) pour les analogues du GLP-1, dans le traitement du diabète.

MOUNJARO dans le traitement du diabète : modalités de remboursement

Selon son AMM, MOUNJARO dispose également d'une indication thérapeutique chez les adultes, les adolescents et les enfants de 10 ans et plus pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé en complément d'un régime alimentaire et d'une activité physique :

  • en monothérapie, quand l'utilisation de la metformine est considérée comme inappropriée en raison d'une intolérance ou de contre-indications ;
  • en association avec d'autres médicaments destinés au traitement du diabète.

À partir du 15 juin 2026, MOUNJARO sera pris en charge remboursable et agréé aux collectivités chez les adultes pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé en complément d'un régime alimentaire et d'une activité physique (cf. Encadré 2) :

  • en bithérapie avec la metformine ;
  • en trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant ;
  • en trithérapie avec la metformine et une insuline basale.
Encadré 2 - Évaluation médico-économique de MOUNJARO dans le traitement du diabète

La prise en charge de MOUNJARO dans son indication relative au diabète a été évaluée par la CT en juillet 2025 [9].

La CT a émis un avis favorable à cette prise en charge dans un périmètre restreint par rapport à l'indication de l'AMM. Selon ses conclusions, MOUNJARO présente : 

  • un SMR modéré uniquement chez les adultes pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique :
    • en bithérapie avec la metformine,
    • en trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant,
    • en trithérapie avec la metformine et une insuline basale.
  • un SMR insuffisant dans les autres situations de l’AMM, dont l'utilisation chez l'enfant et l'adolescent, ou l'utilisation en monothérapie.

MOUNJARO n'apporte pas d'ASMR. 

Application du dispositif d'accompagnement pour justifier la prescription de MOUNJARO

Dans le traitement du diabète, la prescription de MOUNJARO peut être réalisée par tout médecin. Comme pour les autres a-GLP1, le prescripteur doit remettre au patient un document indiquant les renseignements suivants : 

  • le patient est-il âgé de 18 ans ou plus ?
  • le patient est-il atteint d'un diabète de type 2 insuffisamment contrôlé par un régime alimentaire et l'activité physique ?
  • MOUNJARO est-il prescrit dans l'une des situations suivantes :
    • en bithérapie avec la metformine,
    • en trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant,
    • en trithérapie avec la metformine et une insuline basale.

La prise en charge du médicament est conditionnée à la présentation de ce document en pharmacie, avec l'ordonnance.

Prix applicables à WEGOVY et MOUNJARO

À partir 15 juin 2026, WEGOVY et MOUNJARO seront remboursables à 65 % en ville aux prix suivants (quelle que soit l'indication) [10, 11] :

  • WEGOVY 0,25 mg FlexTouch solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 1,5 mL + 4 aiguilles, CIP 3400930258620, prix public TTC = 146,91 euros
  • WEGOVY 0,5 mg FlexTouch solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 1,5 mL + 4 aiguilles, CIP 3400930258637, prix public TTC = 146,91 euros
  • WEGOVY 0,5 mg FlexTouch solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 3 mL + 4 aiguilles, CIP 3400930317815, prix public TTC = 146,91 euros
  • WEGOVY 1 mg FlexTouch solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 3 mL + 4 aiguilles, CIP 3400930258644, prix public TTC = 146,91 euros
  • WEGOVY 1,7 mg FlexTouch solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 3 mL + 4 aiguilles, CIP 3400930260241, prix public TTC = 169,31 euros
  • WEGOVY 2,4 mg FlexTouch solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 3 mL + 4 aiguilles, CIP 3400930258668, prix public TTC = 195,10 euros
  • MOUNJARO KWIKPEN 2,5 mg/dose solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 2,4 mL, CIP 3400930292907, prix public TTC = 176,10 euros
  • MOUNJARO KWIKPEN 5 mg/dose solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 2,4 mL, CIP 3400930292914, prix public TTC = 237,68 euros
  • MOUNJARO KWIKPEN 7,5 mg/dose solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 2,4 mL, CIP 3400930292938, prix public TTC = 335,95 euros
  • MOUNJARO KWIKPEN 10 mg/dose solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 2,4 mL, CIP 3400930292945, prix public TTC = 335,95 euros
  • MOUNJARO KWIKPEN 12,5 mg/dose solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 2,4 mL, CIP 3400930292952, prix public TTC = 433,80 euros
  • MOUNJARO KWIKPEN 15 mg/dose solution injectable, boîte de 1 stylo prérempli de 2,4 mL, CIP 3400930292976, prix public TTC = 433,80 euros

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