Complément alimentaire, Législation, Vigilance

Compléments alimentaires à base de CBD : non autorisés en Union européenne

Conformément à la réglementation européenne, les denrées alimentaires à base de cannabidiol (CBD) dont les compléments alimentaires ne sont pas autorisés, faute de démonstration de la sécurité de cette substance. Ces produits doivent être retirés du marché.

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Des contrôles renforcés auprès des points de vente, dont les pharmacies, sont annoncés.

Des contrôles renforcés auprès des points de vente, dont les pharmacies, sont annoncés.Aleksandra Medvedeva / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Résumé

Les denrées alimentaires, dont les compléments alimentaires, qui contiennent du cannabidiol (CBD, extrait ou produit de synthèse) ne sont pas autorisés à la vente en France et dans l'Union européenne. 

Le CBD est considéré comme un nouvel aliment en droit européen ; pour autoriser sa commercialisation, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit rendre au préalable un avis positif. À ce jour, l'Efsa considère que les données scientifiques disponibles ne permettent pas de démontrer l'innocuité du CBD et, par conséquent, la sécurité des consommateurs n'est pas garantie. 

En France, le ministère de l'Agriculture entend faire appliquer les règles européennes en vigueur. Les compléments alimentaires formulés à base de CBD doivent être retirés du marché. Un renforcement des contrôles dans les points de vente (dont les pharmacies) est en cours. 

L'interdiction de vente relative aux denrées alimentaires à base de CBD ne s'applique pas à certains produits à base de chanvre (plante), ni aux produits de cosmétologie.

Dans un communiqué publié le 20 mai 2026, le ministère chargé de l'Agriculture rappelle que les denrées alimentaires (y compris les compléments alimentaires) formulées à base de cannabidiol (CBD, extrait ou produit de synthèse - cf. notre article du 18 mars 2026) « ne sont pas autorisées à la vente » dans le territoire de l'Union européenne [1]. 

Cette clarification intervient alors que :

  • depuis plusieurs années, des produits de cosmétologie et des produits alimentaires formulés à base de cannabidiol (CBD) sont proposés sur le marché ;
  • le nombre de déclarations d'intoxication augmente chez les personnes consommant des produits à base de CBD. 

Une réglementation européenne trop souvent oubliée

Selon la réglementation européenne en vigueur, le CBD et autres substances cannabinoïdes répondent à la définition des nouveaux aliments (Novel Food) telle que précisée dans le règlement européen n° 2015/2283 :

  • les nouveaux aliments sont définis comme des aliments qui n'avaient pas été consommés de manière significative par l'homme dans l'Union européenne (UE) avant le 15 mai 1997, date d'entrée en vigueur du premier règlement relatif aux nouveaux aliments [2].

Selon ce règlement, tout nouvel aliment est soumis à une évaluation scientifique par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Cette évaluation doit permettre d'établir le cadre d'utilisation de la substance (dose, restriction d'emploi…), garantissant la sécurité du consommateur. 

La sécurité du CBD reste à démontrer

Dans un premier avis publié en 2022, l'Efsa a estimé que les données étaient insuffisantes pour démontrer l’innocuité du CBD [1, 3]Les préoccupations portaient sur les effets indésirables potentiels sur le foie, le système gastro-intestinal, les systèmes endocrinien, nerveux et reproducteur.

Afin de prendre en compte les données disponibles depuis 2022, l'Efsa a actualisé son avis en 2026 [3, 4]. Pour le groupe d'experts qui a réalisé cette analyse, « les nouvelles publications sur le CBD ne suffisent pas à combler les lacunes et les incertitudes précédemment identifiées dans les données ». Ces incertitudes persistantes portent sur : 

  • le comportement cinétique du CBD ;
  • les effets à long terme de la consommation de CBD sur le foie, les fonctions neurologiques et les systèmes reproducteur et immunitaire ;
  • le potentiel d'interaction entre le CBD et des médicaments.

En conclusion, le groupe d'experts de l'Efsa propose de fixer une dose provisoire de sécurité pour le CBD de 0,0275 milligramme par kilogramme de poids corporel par jour (environ 2 mg/jour pour un adulte de 70 kg). Cette dose provisoire sans danger s'applique uniquement aux compléments alimentaires dont la pureté en CBD est ≥ 98 %, sans nanoparticules, pour lesquels le procédé de production est considéré comme sûr et la génotoxicité exclue.

Il souligne que la sécurité du CBD ne peut pas être établie chez les personnes de moins de 25 ans, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes sous traitement.

Le niveau de sécurité du CBD fera l'objet d'un nouvel examen par l'Efsa « lorsque les données toxicologiques et/ou humaines requises seront disponibles, soit auprès des pétitionnaires, soit dans les publications scientifiques ».

Compléments alimentaires à base de CBD : ils doivent être retirés du marché

En France, le ministère chargé de l'Agriculture demande le retrait du marché des produits alimentaires formulés à base de CBD (issu de l'extraction à partir du chanvre, ou synthétique), incluant les compléments alimentaires.

Une série de contrôles renforcés est annoncée par la direction générale de l'Alimentation (DGAL) auprès des points de vente, dont les pharmacies. En 2026, ces contrôles seront réalisés dans le cadre des comités opérationnels départementaux antifraude.

Conformément à la réglementation européenne (n° 2015/2283), certains produits à base de chanvre ne sont pas considérés comme de nouveaux aliments et restent autorisés à la vente : 

  • les graines de chanvre et leurs dérivés dont les huiles ;
  • les feuilles de chanvre destinées à la préparation d’infusion aqueuse.

La vente de ces produits alimentaires formulés à partir de la plante est conditionnée :

  • au respect des teneurs maximales en tétrahydrocannabinol (THC) : 0,3 % (cf. notre article du 18 mars 2026) ;
  • à l'absence d'extraits de cannabinoïdes (dont le CBD), de THC ou d’autres molécules stupéfiantes, ou d’autres parties du chanvre ajoutées pour enrichir la formulation.

Non concernés par les dispositions relatives aux nouveaux aliments, les produits cosmétiques à base de CBD restent également autorisés à la vente sur le territoire européen. 

Les consommateurs doivent être vigilants

En parallèle de ce rappel réglementaire et de l'annonce des contrôles dans les points de vente, le ministère en charge de l'Agriculture alerte les consommateurs sur le risque associé au CBD et aux cannabinoïdes en général, en raison de leurs propriétés psychoactives.

Depuis 2024, les données de nutrivigilance indiquent une hausse significative des signalements d’intoxication en France. Plusieurs centaines de cas ont été recensés chez des consommateurs de produits à base de CBD. « Dans la majorité des cas, ces intoxications sont causées par des substances interdites présentes dans ces produits à l’insu du consommateur (cannabinoïdes de synthèse) ou des taux de THC supérieur à 0,3 % », précisait l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en juin dans une alerte publiée en juin 2025 (cf. notre article du 26 juin 2025), soulignant un manque de fiabilité des étiquetages. 

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