Bonne pratique

Le SOPK devient le Smop, le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien

Des experts internationaux ont changé la dénomination du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l'expression ne recouvrant pas la réalité clinique. La nouvelle appellation, en mettant en avant les risques métaboliques associés, permettra d'améliorer la prise en charge.

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Le repérage des facteurs de risque métabolique est une étape essentielle de la prise en charge.

Le repérage des facteurs de risque métabolique est une étape essentielle de la prise en charge.nortonrsx / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

C'est au terme d'un processus de plus de dix ans de travail que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a été renommé « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien » (Smop) par des experts internationaux. L'annonce a été faite le 12 mai 2026 lors du Congrès européen d'endocrinologie à Prague avec la publication concomitante de la conférence de consensus dans The Lancet [1].

La nouvelle appellation vise à refléter la réalité multisystémique de l'affection dans l'objectif de mieux repérer et prendre en charge les 170 millions de femmes qui en seraient atteintes dans le monde (soit près d'une femme sur huit). Pour ce travail d'envergure, plus de 14 000 patientes et professionnels de santé ont été consultés à travers le monde et 56 sociétés savantes et associations de patients impliquées.

Pourquoi le terme de SOPK est-il inadapté ?

Le terme de polykystique est inapproprié : si de nombreux follicules ovariens immatures sont fréquemment observés à l'échographie, il ne s'agit pas à proprement parler de kystes ovariens. De plus, de nombreuses personnes ne présentent pas ce type d'anomalies et peuvent pâtir d'un retard diagnostique.

À l’inverse, les troubles endocriniens sont fréquents et multiples (cf. notre article du 26 juin 2025) [2]), pouvant toucher la régulation de l'insuline, des androgènes, des hormones ovariennes et neuroendocrines. Les conséquences peuvent être métaboliques (obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, dyslipidémie, stéatose hépatique métabolique [ou Masld pour Metabolic Dysfunction Associated Steatotic Liver Disease], maladie cardiovasculaire, syndrome d'apnée du sommeil), reproductives (dysfonction ovulatoire, cycles menstruels irréguliers, infertilité, complications de la grossesse et cancer de l'endomètre), psychologiques (dépression, anxiété, altération de la qualité de vie, troubles du comportement alimentaire) et dermatologiques (acné, alopécie, hirsutisme). L'indice de masse corporelle (IMC) est généralement plus élevé chez les personnes concernées.

C’est pourquoi, la nouvelle dénomination comporte trois parties, rappelle dans un article publié dans The Conversation [3] la chercheuse Elisabet Stener-Victorin, investigatrice principale au Karolinska Institutet, qui a participé à la conférence de consensus :

  • le terme « polyendocrinien » fait référence aux multiples systèmes hormonaux impliqués ;
  • le terme « métabolique » souligne le risque permanent de diabète et de maladies cardiaques ;
  • le terme « ovarien » maintient le lien avec les troubles de l’ovulation et l’infertilité, qui restent des caractéristiques essentielles de cette maladie.

Quels bénéfices attendus ?

Les bénéfices attendus de l'adoption de la nouvelle terminologie sont multiples :

  • dépister plus tôt dans la vie, au mieux dès l'adolescence ;
  • limiter le retard diagnostique ;
  • repérer les facteurs de risque et les prendre en charge tout au long de la vie ;
  • promouvoir la recherche en proposant de nouvelles pistes à étudier [4].

Quels changements chez les personnes déjà prises en charge ?

Les critères diagnostiques sont inchangés et les examens paracliniques (bilan hormonal, échographie pelvienne et taux d'AMH) restent les mêmes (cf. notre article du 26 juin 2025) [2]).

La prise en charge thérapeutique (mode de vie, médicaments) est identique.

Comment la terminologie sera-t-elle intégrée dans les soins ?

L'utilisation des deux termes, SOPK et Smop, coexistera pendant une période de transition de trois ans, jusqu'en 2028. L'installation de la nouvelle terminologie sera portée par les recommandations cliniques, la formation médicale et les systèmes internationaux de codification des maladies. Les recommandations seront progressivement mises à jour.

Sources

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