#Santé publique

Hépatite A en Loire-Atlantique : la DGS appelle à la vigilance devant une épidémie persistante

Alors que l'épidémie d'hépatite aiguë A sévit encore en Loire-Atlantique depuis avril 2025, avec plus de 250 personnes touchées, la direction générale de la Santé recommande une vigilance renforcée. Elle rappelle la conduite à tenir en cas de suspicion d’une telle infection.

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
En cas de symptômes compatibles avec une hépatite A : bilan hépatique et sérologie.

En cas de symptômes compatibles avec une hépatite A : bilan hépatique et sérologie.Nansan Houn / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Dans un DGS-Urgent diffusé le 23 mars 2026 [1], la direction générale de la Santé (DGS) alerte les professionnels de santé sur la persistance de l'épidémie d'hépatite aiguë A qui sévit en Loire-Atlantique depuis avril 2025.

Plus de 250 personnes ont été touchées (hors cas de retour de zone à risque), un chiffre à comparer aux 8 à 12 cas annuels habituellement enregistrés dans le département [2]. La grande majorité des cas est concentrée dans la métropole nantaise.

Après un pic épidémique observé en août 2025 (plus de 60 cas sur ce seul mois [2]), la dynamique a connu une phase de décroissance. Toutefois, l'incidence reste à un niveau supérieur aux valeurs normalement attendues, ne permettant pas de déclarer l'épidémie terminée. La DGS signale par ailleurs une reprise récente de la circulation virale, confirmée par les données de surveillance des eaux usées [1].

L'épidémie est causée par plusieurs souches différentes du virus de l'hépatite A (VHA). Elle a débuté de façon quasi simultanée dans deux populations ayant un accès précaire à l'eau, avant de s'amplifier en population générale [1].

Les mécanismes de cette extension à la population générale restent insuffisamment élucidés, avec des hypothèses incluant les milieux scolaires et certaines expositions alimentaires [1].

L’agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire signalait déjà en septembre 2025 une évolution des profils des personnes infectées :

  • entre mai et juin 2025 : environ un tiers des cas concernaient des personnes en situation de précarité, un tiers des voyageurs de retour de zones à risque et un tiers des personnes sans facteur de risque identifié [2]
  • depuis août 2025 : plus de 80 % des nouveaux cas concernent des personnes sans facteur de risque identifié [2].

En septembre 2025, un précédent DGS-Urgent a signalé  1 021 cas recensés au cours des huit premiers mois de 2025, dépassant le total de l'année 2024 (1 010 cas) [3]. Deux foyers épidémiques majeurs avaient alors été identifiés : l'un en Auvergne-Rhône-Alpes (84 cas, épidémie terminée fin août 2025) et l'autre en Pays de la Loire, toujours actif [3] (cf. notre article du 23 septembre 2025).

Conduite à tenir pour les professionnels de santé

La DGS invite les professionnels de santé à faire preuve de vigilance renforcée devant tout patient présentant des symptômes compatibles, même en l'absence de notion d'exposition évidente [1]. Il est recommandé de :

  • prescrire une sérologie VHA (IgM anti-VHA) pour confirmer le diagnostic ;
  • réaliser un bilan hépatique pour évaluer la gravité de l'atteinte ;
  • procéder au signalement obligatoire auprès de l'ARS Pays de la Loire (ars44-alerte@ars.sante.fr), permettant d'engager les mesures de santé publique [1].

L'hépatite A est une maladie à signalement obligatoire.

La vaccination, pilier de la prévention

La DGS rappelle que la vaccination contre le VHA constitue une mesure de prévention efficace. Les professionnels de santé sont invités à vérifier le statut vaccinal de leurs patients et à mettre en œuvre la vaccination pour toute personne répondant aux recommandations en vigueur [4] :

  • les jeunes accueillis dans les établissements et services pour l'enfance et la jeunesse handicapée ;
  • les personnes atteintes de mucoviscidose ;
  • les personnes atteintes de maladies chroniques du foie (hépatites B et C chroniques, hépatopathie alcoolique, etc.) ;
  • les enfants à partir de 1 an, nés de familles dont au moins un membre est originaire d'un pays de haute endémicité et susceptible d'y séjourner ;
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

Vaccination des contacts

Les personnes identifiées par l'ARS comme cas contacts peuvent bénéficier d'une gratuité du vaccin, dans le cadre d'une convention avec les unions régionales de professionnels de santé (URPS) pharmaciens [1]. La vaccination de l'entourage familial est recommandée le plus tôt possible et dans un délai maximum de 14 jours suivant l'apparition des symptômes du cas index.

Pour plus de précisions sur les recommandations autour d'un cas d'hépatite A et sur les recommandations pour les professionnels : cf. les recommandations vaccinales [4].

Mesures d'hygiène : un complément indispensable

En complément de la vaccination, la DGS insiste sur l'importance des mesures d'hygiène pour limiter la transmission du VHA dans l'entourage des cas et dans les collectivités et en particulier le lavage régulier des mains à l'eau et au savon, avant les repas et après le passage aux toilettes [1, annexe].

Sources

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !