COVID longs : information et rééducation au cœur de la prise en charge

- Date de publication : 10 juin 2021
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Les formes prolongées de COVID-19 nécessitent une exploration clinique très complète. La prise en charge repose sur la rééducation, des traitements symptomatiques, un soutien psychologique et la participation active du patient, qui doit apprendre à s’autogérer.
Atteintes neurologiques ou musculaires : la rééducation occupe une place centrale (illustration).

Atteintes neurologiques ou musculaires : la rééducation occupe une place centrale (illustration).

 
Résumé :
Pouvant toucher des personnes ayant été hospitalisées pour une forme sévère de COVID-19, tout comme des sujets, en moyenne plus jeunes, après un épisode initial modéré, les formes prolongées de COVID-19 nécessitent un bilan complet afin d'éliminer une étiologie relevant d'un traitement spécifique. L'information et l'accompagnement du patient, tout au long de la rééducation, constituent deux grands piliers de la prise en charge, comme cela a été souligné lors d'un Vidal Live, réunissant la Pr Dominique Salmon-Ceron (infectiologue, hôpital Hôtel-Dieu, Paris), le Dr Sergio Salmeron (pneumologue, hôpital Saint-Joseph, Paris) et le Dr François Trémolières (infectiologue et interniste).


L'exploration clinique des personnes présentant une forme prolongée de COVID-19 (voir notre actualité du 8 juin 2021) nécessite une consultation longue. En effet, il faut faire décrire au patient ses symptômes, leurs facteurs déclenchants, éliminer une complication de la phase aiguë, la décompensation d'une comorbidité ou une autre étiologie.

L'examen clinique doit être complet, incluant notamment la recherche d'une hypotension orthostatique et la mesure de la saturation en oxygène, au repos et à l'effort, après un test de lever de chaise d'une minute par exemple. Une SpO2 > 95 % est rassurante, une valeur inférieure doit conduire à réaliser un bilan respiratoire plus poussé.

Différentes échelles peuvent être utilisées pour orienter le diagnostic, telles que la MRC (Medical Research Council) pour la dyspnée ou le score de Nijmegen pour le syndrome d'hyperventilation.

Le bilan biologique doit être réalisé avec parcimonie, car il est le plus souvent peu contributif. Il se limite en général à une numération-formule sanguine, une ferritinémie, un bilan hépatique et un dosage de la TSH (Thyroid-Stimulating Hormone).

Plusieurs diagnostics possibles
Au terme de ce premier bilan, différents diagnostics peuvent être posés :
  • syndrome d'hyperventilation, hyperréactivité bronchique ;
  • douleurs intercostales, péricardite, myocardite, tachycardie sinusale posturale ;
  • troubles dysexécutifs, cérébellite, hyposmie/phantosmie, syndrome dysautonomique ;
  • gastrite, œsophagite, gastroparésie, diarrhée d'allure motrice ;
  • émotivité, troubles anxieux, voire dépressifs, troubles fonctionnels.

Apprendre au patient à s'autogérer, en évitant le déconditionnement
La stratégie de prise en charge de ces formes prolongées de COVID-19, précisée en février dernier par la Haute Autorité de santé dans ses réponses rapides, se fonde sur quatre grands piliers.

Tout d'abord des traitements symptomatiques, par exemple des anti-inflammatoires non stéroïdiens qui peuvent être prescrits en cas de douleurs pour aider à passer un cap, ou un traitement anti-reflux, etc.

Deuxième grand volet de la prise en charge : l'information complète du patient qui doit apprendre à s'autogérer. Il doit ainsi reconnaître les facteurs déclenchant les symptômes et ses limites. Il doit être incité à poursuivre ses activités, même de façon modérée, afin d'éviter le cercle vicieux du déconditionnement.

Une rééducation progressive
Troisième pilier, la rééducation qui occupe bien sûr une place centrale lorsqu'il existe une atteinte neurologique ou musculaire : respiratoire en cas de syndrome d'hyperventilation, olfactive en cas d'anosmie/phantosmie, orthophonique en cas de troubles dysexécutifs. Elle passe par le sport en cas de déconditionnement.
Il s'agit toujours d'une rééducation progressive sur 3 à 6 semaines, au cours desquelles le patient doit bénéficier d'un accompagnement.

Enfin, dernier volet : la prise en charge psychologique. Les troubles anxieux et dépressifs doivent être systématiquement recherchés et, si besoin, traités par des benzodiazépines ou par des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine.

La vaccination contre la COVID-19 n'est pas contre-indiquée, elle peut au contraire éviter une réinfection, voire être bénéfique, en réaxant la réponse immunitaire. Les données sont encore parcellaires, mais des signes d'amélioration sont rapportés chez environ 10 % des patients, une quinzaine de jours après la vaccination avec, de façon intéressante, une montée des anticorps chez des personnes auparavant séronégatives.

Une amélioration à un an dans 80 % des cas
Avec désormais un an de recul, 80 % des patients rapportent aller mieux ou beaucoup mieux, 10 % s'estiment guéris et 10 %, en revanche, souffrent encore beaucoup.
Les symptômes respiratoires (dyspnée, toux) sont ceux qui disparaissent le plus rapidement et, pour l'instant, les cas de fibrose pulmonaire, que l'on craignait au début de l'épidémie, semblent exceptionnels.
Les manifestations neurologiques sont en revanche plus longues à s'améliorer.
Le suivi des patients et les recherches se poursuivent afin de mieux comprendre les mécanismes sous-tendant ces formes prolongées, leurs éventuels facteurs de risque et, bien sûr, leurs modalités de prise en charge.

©vidal.fr

Pour en savoir plus

Sources : VIDAL

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