Infirmiers en pratique avancée : un nouveau métier

Par Isabelle HOPPENOT - Date de publication : 09 mars 2021
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L'exercice en pratique avancée des auxiliaires médicaux, introduit par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de sante, ne concerne pour l'instant que la pratique avancée infirmière, en ville et à l'hôpital. Une synthèse du cadre juridique encadrant la formation des infirmiers en pratique avancée (IPA), de leurs compétences élargies et de leurs domaines d'intervention a été récemment publiée dans la rubrique Infos pratiques de VIDAL, qui a également recueilli le témoignage d'une IPA.
IPA : une formation spécifique de deux ans (illustration).

IPA : une formation spécifique de deux ans (illustration).


Après une formation de deux ans et l'acquisition de compétences élargies, les infirmiers de pratique avancés (IPA) sont habilités à prendre en charge des patients, dont le suivi leur est confié par un médecin, dans des domaines d'intervention prédéfinis : pathologies chroniques stabilisées, oncologie et hémato-oncologie, maladie rénale chronique, dialyse et transplantation rénale, psychiatrie et santé mentale.

Des patients ayant une maladie stable
Suzy Gonsseaume, IPA au Centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose (CRCM) de l'hôpital Robert-Debré, AP-HP, à Paris, suit, toujours après orientation par leur médecin, des enfants atteints de mucoviscidose, pathologie entrant dans le cadre des insuffisances respiratoires chroniques. « Il s'agit de patients stables ou d'enfants qui peuvent avoir besoin d'un suivi rapproché, parce qu'eux-mêmes ou leurs parents doivent acquérir des compétences », explique-t-elle.
Les consultations sont souvent longues, comprenant, outre l'examen clinique, un volet important d'éducation thérapeutique. Elles sont aussi l'occasion de faire le point avec les intervenants extra-hospitaliers (kinésithérapeutes, prestataires, écoles, etc.) et d'orienter si besoin le patient vers une diététicienne ou un psychologue par exemple.
L'IPA est habilité à renouveler un traitement ou à adapter les doses, mais pas à initier un traitement. Il peut prescrire des soins infirmiers à domicile et des examens complémentaires (bilan sanguin, radiologie), hors situation d'urgence telle qu'une exacerbation ou une cassure de la courbe staturo-pondérale qui, elle, implique systématiquement l'intervention du médecin.

Confiance et disponibilité
« Travaillant au sein d'une structure hospitalière, je peux à tout moment faire appel à un médecin », poursuit Suzy Gonsseaume. « Les patients apprécient notre disponibilité, de pouvoir consulter de façon rapprochée et d'aborder des problématiques de leur vie quotidienne. Ils nous accordent toute leur confiance en raison du lien que nous avons avec le médecin qui, de son côté, apprécie qu'il y ait des bilans intermédiaires et un suivi de la thérapeutique mise en place. C'est un nouveau métier, complémentaire de celui de médecin ou d'infirmier, qui doit trouver sa place dans le parcours de soins, qu'il permet de fluidifier ».

Une formation théorique et pratique de deux ans
Les conditions de formation ont été définies et, désormais, pour exercer en pratique avancée dans l'un des domaines d'intervention, l'infirmier doit avoir au moins 3 années en équivalent temps plein d'expérience professionnelle en tant qu'infirmier et avoir obtenu le diplôme d'État d'infirmier en pratique avancée (de grade Master) dans la mention correspondant au domaine d'intervention. Une formation théorique et pratique qui se déroule sur 2 ans.
Les premières promotions d'IPA sont entrées en formation en septembre 2018 et ont donc commencé à exercer en 2020. Le diplôme d'IPA peut également être acquis dans le cadre d'une validation des acquis de l'expérience (VAE), parcours suivi par Suzy Gonsseaume, titulaire d'un Master en sciences cliniques obtenu en 2017 et diplômée IPA en 2019.

Une évolution de carrière sans quitter la clinique
« Il s'agit d'une formation très prenante, avec un stage de 2 mois la première année et de 5 mois la deuxième année et, par exemple à l'AP-HP, les personnels qui la suivent sont détachés pendant 2 ans », explique-t-elle. « Pour les infirmiers, cette formation offre un espoir d'évolution de carrière tout en restant dans la clinique, qui est le cœur de notre métier ».
Aujourd'hui, seuls certains domaines d'intervention sont ouverts aux IPA, « mais des évolutions sont espérées, notamment l'ouverture à la gériatrie ou aux urgences ».
 
©vidal.fr


Pour en savoir plus
Sur vidal.fr
Système de santé : la pratique avancée des infirmières et infirmiers. Infos pratiques. VIDAL.

Sources : VIDAL

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