Les médicaments des troubles bipolaires

Mis à jour : Jeudi 12 Décembre 2019

Le traitement des troubles bipolaires s’appuie essentiellement sur la prescription de médicaments destinés à prévenir les rechutes. C’est un traitement de fond qui sera pris pendant des années, voire toute la vie. Les traitements de fond disponibles aujourd’hui ont apporté un bénéfice considérable aux personnes souffrant de maniaco-dépression. Grâce à eux, de nombreux patients ont vu leur souffrance soulagée. Ces médicaments améliorent la qualité de vie des malades en réduisant la fréquence et l’intensité des cycles ainsi qu’en stabilisant leur humeur.

Les traitements de fond

Les médicaments régulateurs de l’humeur (thymorégulateurs) constituent les traitements de fond du trouble bipolaire. Ils sont de plusieurs types. Le choix du médicament s’effectue en fonction des symptômes observés, mais aussi en prévision d’éventuels effets indésirables. Bien que tous ces médicaments aient prouvé leur efficacité contre le trouble bipolaire, certains patients traités continuent à avoir des symptômes. Dans ce cas, pour une plus grande efficacité, le médecin peut décider d’associer plusieurs médicaments thymorégulateurs.

Les sels de lithium

Les sels de lithium sont les thymorégulateurs les plus utilisés (leur mécanisme d’action n’est pas bien élucidé). Leur effet se manifeste lentement. La prescription des sels de lithium nécessite un bilan médical préalable, renouvelé tous les ans : prise de sang (numération formule sanguine, glycémie, dosages pour contrôler le bon fonctionnement des reins et de la thyroïde…), test de grossesse, électrocardiogramme et électroencéphalogramme.

Les principaux effets indésirables du lithium sont : somnolence, tremblements des mains, troubles digestifs, perturbation du fonctionnement de la glande thyroïde. Nausées, tremblements, soif, troubles de l’équilibre sont les signes les plus fréquents d’un surdosage. Ils doivent être signalés rapidement à votre médecin.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Février 2021
Thymorégulateurs : sels de lithium

Les antiépileptiques

Des substances initialement développées pour lutter contre l’épilepsie (le valproate, et plus rarement, la carbamazépine) sont également prescrites pour réguler l’humeur. Le valproate est associé à un risque accru de malformations pour l’enfant à naître en cas d’utilisation chez la femme enceinte. Une contraception efficace est nécessaire en cas d’utilisation chez la femme en âge de procréer. La lamotrigine, un autre antiépileptique, est également utilisée en prévention des épisodes dépressifs chez les personnes souffrant de troubles bipolaires.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Février 2021
Thymorégulateurs : valproate
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  • Médicament référent
  • Médicament générique

Les neuroleptiques atypiques

Des antipsychotiques atypiques (ou neuroleptiques atypiques) peuvent également être prescrits pour traiter les épisodes maniaques. Certains sont également utilisés pour prévenir les récidives des troubles bipolaires.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 16 Février 2021
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  • Médicament référent
  • Médicament générique

Les traitements des phases aiguës

Certains médicaments sont utilisés pour soulager les symptômes lorsque ceux-ci sont très sévères. Une fois ce but atteint, ils laissent place aux traitements de fond destinés à prévenir les rechutes. Lors des phases aiguës de troubles bipolaires graves résistants aux traitements, le médecin peut prescrire une sismothérapie (électrochocs).

Les traitements des phases maniaques aiguës

Lors de crises maniaques graves, le médecin peut avoir recours aux régulateurs de l’humeur à des doses plus élevées que celles prescrites pour un traitement de fond, mais aussi à des neuroleptiques sédatifs.

Les traitements des phases dépressives aiguës

Lors d’une phase dépressive sévère, le médecin peut prescrire des antidépresseurs, en particulier de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS). Cependant, ces médicaments doivent être utilisés avec précaution, car certains d’entre eux peuvent favoriser l’apparition d’une phase maniaque. Pour cette raison, il arrive que la première phase maniaque reconnue chez un patient apparaisse à la suite de la prescription d’un traitement antidépresseur. Cela peut arriver chez des patients dépressifs n’ayant pas signalé à leur médecin qu’ils avaient connu des périodes d’euphorie anormale (donc des signes de troubles bipolaires). Cela se produit également chez des patients n’ayant jamais connu de phase maniaque et chez qui ces antidépresseurs ont révélé l’existence de troubles bipolaires jusque-là inexprimés.

Ainsi, lorsque les troubles bipolaires ne sont pas trop sévères, les antidépresseurs ne sont pas utilisés afin de ne pas risquer de provoquer des épisodes de manie. Si le patient peut supporter un peu plus longtemps les symptômes dépressifs, le médecin préfère souvent attendre que les régulateurs de l’humeur fassent leur effet (en quelques jours à quelques semaines). L’efficacité des thymorégulateurs sur le trouble bipolaire sera meilleure en l’absence d’antidépresseurs.

Comment bien utiliser les médicaments régulateurs de l’humeur ?

Il est indispensable de signaler la prise de thymorégulateurs à son pharmacien et à tout nouveau médecin consulté.

De plus, il faut veiller à ne pas se déshydrater (donc boire suffisamment) et à ne pas consommer trop ou trop peu d’aliments salés. Ainsi, un séjour dans un pays chaud nécessitera une plus grande surveillance et une adaptation de l’apport en sel. Il faut également veiller à ne pas consommer trop de substances diurétiques telles que le café ou le thé.

Un traitement de fond par un sel de lithium est toujours mis en place progressivement. L’ajustement de la dose efficace se fait grâce à une surveillance des concentrations de lithium dans le sang. Des dosages sanguins sont pratiqués tous les cinq jours en début de traitement, puis s’espacent. Lorsque le traitement est stabilisé, ces prises de sang sont faites tous les deux à trois mois. L’efficacité d’un traitement par les sels de lithium est évaluée après un à deux ans. Ce traitement dure plusieurs années, voire toute la vie.

La prise d’alcool est fortement déconseillée avec les sels de lithium. Il faut être extrêmement vigilant sur les risques d’interaction entre les sels de lithium et d’autres médicaments (par exemple les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène ou l’acide niflumique).

Des analyses de sang sont également nécessaires en cas de traitement avec la carbamazépine (Tégrétol et ses génériques). Ces médicaments interagissent également avec de nombreux médicaments et, en particulier, diminuent l’efficacité des pilules contraceptives.

Quand peut-on arrêter le traitement de fond ?

Si les symptômes ont disparu durablement grâce au traitement de fond, un arrêt très progressif peut éventuellement être envisagé, mais seulement après plusieurs années. La décision en est toujours délicate, et de nombreux patients préfèrent continuer à prendre leur traitement de fond. Lors de l’arrêt du traitement de fond, le patient et son entourage doivent être extrêmement vigilants à l’éventuelle apparition de symptômes maniaques : sensation soudaine d’amélioration, querelles avec les membres de la famille, réapparition d’un tic, achats impulsifs, diminution du sommeil, frénésie d’appels téléphoniques, etc.

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