Comment le médecin décide-t-il de la mise en place d’un traitement contre le cholestérol ?

Lorsqu’une personne présente un taux sanguin de cholestérol trop élevé sur deux analyses de sang à jeun consécutives, une prise en charge médicale peut s’avérer nécessaire.

Le médecin généraliste décide de l’opportunité de traiter en fonction de la présence ou non des facteurs de risque décrits précédemment : l’âge, le genre, un éventuel tabagisme, la pression sanguine (la pression « systolique », c’est-à-dire le chiffre le plus élevé de la « tension »), le taux sanguin de cholestérol LDL, le pays de résidence et l’existence d’autres maladies augmentant le risque cardiovasculaire.

Pour évaluer ce risque objectivement, le médecin dispose d’outils spécifiques, les échelles SCORE2 (pour le cas général), SCORE2-OP (pour les personnes de 70 ans et plus) et SCORE-diabetes pour les personnes diabétiques. En fonction de l’âge, du genre, du tabagisme, du pays de résidence, de la pression systolique moyenne et du taux de cholestérol LDL, ces échelles permettent d’estimer la probabilité (en pourcentage) de décéder d’une maladie cardiovasculaire dans les 10 ans à venir.

En fonction des résultats de l’évaluation, le médecin va décider de mettre en place ou non une stratégie de traitement dont l’objectif est de réduire les risques sur lesquels il est possible d’agir : arrêt du tabac, conseils nutritionnels, instauration d’une activité physique ou sportive régulière, traitement médicamenteux contre l’excès de cholestérol, traitement médicamenteux contre l’hypertension artérielle, traitement médicamenteux contre d’autres maladies qui augmentent le risque cardiovasculaire. Le traitement contre l’excès de cholestérol s’inscrit donc dans une stratégie globale : réduire fortement le taux de cholestérol ne suffit pas, il est préférable de chercher à réduire tous les facteurs de risque.

En général, chez un patient qui n’a pas de maladie particulière pouvant affecter le risque cardiovasculaire, la possibilité de mettre en place une stratégie de traitement est envisagée lorsque le risque de décès cardiovasculaire à 10 ans, mesuré grâce aux échelles SCORE2, est supérieur ou égal à 2,5 % (chez les 40-49 ans) ou à 5 % (chez les 50 ans et plus). Mais cela ne signifie pas forcément que des traitements destinés à réduire le taux de cholestérol et la pression artérielle doivent être mis en place d’emblée. Chez les personnes dont le risque est modéré, la stratégie de réduction du risque peut se limiter à l’arrêt complet du tabac, des conseils nutritionnels et la mise en place d’une activité physique régulière, avec un suivi médical.

Cela n’est pas le cas des personnes pour lesquelles le risque cardiovasculaire est estimé « très élevé » (supérieur ou égal à 7,5 % chez les 40-49 ans, supérieur ou égal à 10 % chez les 50 ans et plus). Dans ce cas, des médicaments sont systématiquement prescrits en plus des mesures décrites précédemment : traitement contre l’excès de cholestérol et/ou antihypertenseurs, par exemple.

Qu’est-ce que le score calcique ?
Le score calcique est un examen d’imagerie basé sur un scanner thoracique, qui permet de mesurer la quantité de calcium présente dans les artères coronaires, dans les dépôts de cholestérol (plaques d’athérome). Plus le score obtenu est élevé, plus le risque cardiovasculaire serait important. Aujourd’hui, la mesure du score calcique n’a montré d’intérêt que chez les personnes diabétiques. Elle n’est pas recommandée dans la population générale car elle ne semble pas plus prédictive du risque que l’échelle SCORE2.

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