Vigilance

OCREVUS dans la SEP et risque d’atteinte hépatique grave : les recommandations de l’ANSM

Des atteintes hépatiques d’origine médicamenteuse, parfois graves, ont été identifiées chez des patients traités par OCREVUS pour une SEP. Un bilan hépatique est désormais requis avant le traitement, puis avant la seconde perfusion IV de 300 mg ; et en cas de signes d’appel.

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Ce risque hépatique et les mesures à déployer pour le réduire vont être intégrés dans le RCP.

Ce risque hépatique et les mesures à déployer pour le réduire vont être intégrés dans le RCP. Irin Somsuppamongkol / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Résumé
  • Un risque d’atteinte hépatique médicamenteuse, parfois grave (pronostic vital engagé, inscription temporaire sur liste de greffe), a été identifié avec OCREVUS (ocrélizumab), anti-CD20 indiqué dans la SEP.
  • Les symptômes surviennent généralement dans le mois suivant la première dose.
  • Un bilan hépatique est désormais requis avant le traitement, avant la seconde perfusion de 300 mg (J14, forme IV), et en cas de signes évocateurs.
  • Si l'atteinte est confirmée, le traitement doit être interrompu. 

Un nouveau risque d’atteinte hépatique grave, potentiellement mortelle, a été rapporté avec OCREVUS (ocrélizumab), un anticorps monoclonal ciblant sélectivement les lymphocytes B CD20+, indiqué dans la sclérose en plaques (SEP) (cf. Encadré).

Un risque nouveau, identifié après plus de 450 000 patients traités

Comme l’explique le courrier du laboratoire Roche aux professionnels de santé [1], et les informations publiées par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) [2] :

« Au 31 octobre 2025, on estime que 451 174 patients ont été traités par OCREVUS. Cela correspond à une exposition cumulée estimée à plus de 1,4 million de patient-années ». Et, « selon une revue de l’ensemble des données disponibles : un risque d’atteinte hépatique d’origine médicamenteuse est associé à OCREVUS ». Il existe des preuves solides « d’un lien temporel entre la première dose d’OCREVUS et le début des symptômes qui sont survenus généralement dans un délai d’un mois ».

Le laboratoire précise également que : « La majorité des cas n’était pas grave ». Cependant, « certains patients présentaient des formes sévères », associant une élévation marquée des transaminases (ASAT, ALAT) et de la bilirubine totale, avec engagement du pronostic vital et/ou inscription temporaire sur liste d’attente de greffe hépatique, levée ensuite grâce à un traitement adapté.

Cet effet indésirable d’une fréquence « indéterminée » ne figure pas dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) qui va être mis à jour. Le mécanisme de l’atteinte hépatique n’est, à ce jour, pas identifié.

Un bilan hépatique avant et pendant le traitement

La fonction hépatique doit ainsi être contrôlée :

  • avant l'instauration du traitement que ce soit la forme pour perfusion intraveineuse (IV) ou la solution injectable en sous cutanée ;
  • à J 14 avant la seconde perfusion de la dose initiale de 300 mg pour perfusion IV ;
  • et rapidement pendant le traitement en cas d'apparition de signes ou symptômes évocateurs d'une atteinte hépatique, notamment :
    • une fatigue nouvelle ou aggravée,
    • une anorexie,
    • des nausées, des vomissements,
    • une gêne dans la partie supérieure droite de l'abdomen,
    • des urines foncées,
    • un ictère.

En cas d’atteinte confirmée : arrêter le traitement

Si une atteinte hépatique est confirmée, OCREVUS doit être interrompu et « le traitement ne doit être repris que si une autre étiologie plausible peut expliquer les signes et symptômes d’atteinte hépatique ».

Rappel : dépister le VHB avant toute instauration

Pour rappel, les patients avec un virus de l’hépatite B (VHB) actif ne doivent pas être traités par ocrélizumab et un dépistage du VHB doit être effectué chez tous les patients avant l’instauration du traitement, car des cas de réactivation du virus de l’hépatite B (VHB) ont été rapportés.

Encadré - OCREVUS, deux formes et deux indications

OCREVUS est commercialisé en France, à l’hôpital, sous forme de solution à diluer pour perfusion IV depuis 2018 et de solution injectable sous-cutanée disponible depuis 2026 (cf. notre article du 5 février 2026) :

Il est indiqué dans le traitement des patients adultes atteints de :

  • formes actives de sclérose en plaques récurrente (SEP-R) définies par des paramètres cliniques ou d’imagerie ;
  • sclérose en plaques primaire progressive (SEP-PP) à un stade précoce en termes de durée de la maladie et de niveau du handicap, associé à des données d’imagerie caractéristiques d’une activité inflammatoire

 

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