Une prescription maximale de 12 semaines pour les anxiolytiques et de 4 pour les hypnotiques. Kwangmoozaa / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Près d’un tiers des patients sous benzodiazépines anxiolytiques et près de deux tiers des patients sous benzodiazépines hypnotiques ont une durée de prescription supérieure à la durée maximale recommandée [1].
Leur efficacité est bien démontrée pour soulager rapidement les symptômes, en revanche leur utilisation prolongée expose à des risques bien connus : dépendance, syndrome de sevrage, troubles cognitifs, chutes chez les personnes âgées ou encore accidents de la route.
Le pharmacien est un acteur clé pour éviter qu'un traitement temporaire ne devienne chronique.
Une aide ponctuelle dans l'anxiété
Les benzodiazépines anxiolytiques ne traitent pas les causes de l’anxiété, mais ses symptômes.
Elles sont indiquées lors de manifestations anxieuses liées à un trouble anxieux (trouble anxieux généralisé, trouble panique [avec ou sans agoraphobie], trouble de l’anxiété sociale ou phobie sociale, et de façon très exceptionnelle dans le trouble obsessionnel compulsif [TOC] ou l'état de stress post-traumatique [EPST]) ou lors de manifestations anxieuses liées à un trouble de l’adaptation (ensemble de syndromes de réponse au stress qui se développent après un événement de vie difficile).
Leur prescription doit être envisagée comme une mesure transitoire, en complément des approches non médicamenteuses avec une durée ne devant pas dépasser 12 semaines, période de décroissance progressive comprise [2].
À réserver aux insomnies occasionnelles et transitoires
Dans l'insomnie, les benzodiazépines hypnotiques ont une place encore plus limitée : l'insomnie occasionnelle et transitoire (une seule ou quelques nuits), les épisodes se résolvant avec la disparition du facteur déclenchant. Devant toute insomnie autre qu’occasionnelle, il est rappelé que des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont recommandées en première intention.
Lorsque leur utilisation est nécessaire, la durée maximale recommandée est de 4 semaines, arrêt progressif compris et il convient dans tous les cas de s’assurer de la bonne mise en condition pour le sommeil [3].
Abus, dépendance et risque de mésusage
Toutes les personnes traitées au long cours ne développent pas un trouble de l'usage, mais certaines peuvent présenter un véritable mésusage, caractérisé par une perte de contrôle des prises, une poursuite du traitement malgré ses conséquences négatives ou une recherche compulsive du médicament. Lors de la prescription, du renouvellement ou même de la délivrance, l’utilisation de l’échelle cognitive d’attachement aux benzodiazépines (ECAB) permet de repérer les troubles addictifs aux benzodiazépines [4].
Prévenir l’usage au long cours des benzodiazépines ne repose pas uniquement sur la prescription initiale. Avec son accessibilité et la répétition des contacts avec les patients, le pharmacien contribue à faire de ces traitements ce qu'ils doivent rester : des médicaments utiles lorsqu'ils sont utilisés au bon moment, à la bonne dose et pour une durée limitée.
Campagne et outils de prévention
Pour accompagner les professionnels de santé, l’Assurance malade a créé en novembre 2025 des outils et ressources à disposition sur le site Ameli.fr dans le dossier : « Benzodiazépines : les bonnes pratiques de prescription ».
Ces outils proposent des clés pour mieux accompagner le bon usage des benzodiazépines (vidéos, tests de repérage, plaquettes informatives), ainsi qu'un outil d'aide pour comprendre la déprescription.
[1] Benzodiazépines : les bonnes pratiques de prescription (Assurance maladie, 2025)
[2] Quelle place pour les benzodiazépines dans l’anxiété ? (fiche HAS, 11 juillet 2024)
[3] Quelle place pour les benzodiazépines dans l’insomnie ? (fiche HAS, 11 juillet 2024)
[4] Échelle ECAB (fiche HAS, octobre 2007)
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