Septembre en or, un temps fort pour mettre en avant les recherches sur les cancers de l'enfant. SewcreamStudio / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Septembre en or, le mois international de sensibilisation et de lutte contre les cancers pédiatriques, est l'occasion de faire un focus sur les avancées de la recherche.
L'Institut Gustave-Roussy, pionnier depuis 1952 en oncopédiatrie, a lancé deux programmes médico-scientifiques chez l'enfant : le programme Decript qui vise à comprendre l'origine génétique des tumeurs et des seconds cancers et le programme Inspire, qui explore le rôle du micro-environnement tumoral dans l'agressivité des cancers.
Des facteurs de prédisposition génétique sont retrouvés dans environ 10 % des cancers de l'enfant. Le risque de second cancer est plus important dans cette population de patients.
L'objectif du programme Decript est à la fois d'identifier de nouveaux facteurs génétiques de prédisposition, mais aussi de développer un score polygénique du risque de second cancer, intégrant les interactions avec les traitements reçus.
Ces travaux pourraient permettre à terme d'adapter les traitements, de personnaliser les modalités de suivi et de proposer des stratégies de prévention.
Pourquoi ? L'origine de la survenue d'une tumeur chez l'enfant est une question souvent posée par les parents. Comprendre le rôle de la génétique dans les tumeurs pédiatriques et le risque de second cancer est l'objectif du programme médico-scientifique Decript porté à l'Institut Gustave-Roussy par deux pédiatres oncologues, les Drs Brice Fresneau et Léa Guerrini-Rousseau. C'est l'un des deux programmes médico-scientifiques en oncopédiatrie sur les quatre lancés à Gustave-Roussy.
« Des facteurs de prédisposition génétique sont retrouvés dans environ 10 % des cancers de l'enfant et de l'adolescent, a rappelé la Dr Léa Guerrini-Rousseau, pédiatre oncologue à Gustave-Roussy lors d'un point presse organisé par l'institut à l'occasion de Septembre en or. Ces mutations de gènes confèrent un risque plus important que la population générale. Actuellement, 65 syndromes de prédisposition au cancer, souvent associés à des maladies rares ou ultra-rares, ont été décrits ».
C'est par exemple le syndrome de Lynch, le syndrome CMMRD (tous deux des déficits constitutionnels de la réparation des mésappariements de l'ADN, l'un avec une seule mutation d'un gène MMR, le second avec deux copies mutées) ou encore la maladie
Le risque de second cancer, entre prédisposition génétique et traitements administrés
Le risque de second cancer est une préoccupation de plus en plus prégnante chez les oncopédiatres. « C'est la première cause de mortalité », souligne la Dr Guerrini-Rousseau. Si le taux de guérison des cancers pédiatriques dépasse les 80
L'objectif principal de Decript est d'identifier de nouveaux facteurs génétiques de prédisposition (liés à un seul gène ou à une combinaison de variations), en particulier des variants rares ou mal connus, mais aussi de caractériser les interactions entre ces prédispositions et les traitements du cancer. Ce programme s'appuie sur les données génétiques et cliniques recueillies à Gustave-Roussy au fil des décennies.
C'est le cas en particulier avec Predcap, le premier observatoire national français des syndromes de prédisposition aux cancers pédiatriques créé en 2022, qui compte aujourd'hui plus de 600 patients grâce à une couverture désormais nationale de tous les centres de la Société française de lutte contre les cancers et les leucémies de l'enfant et de l'adolescent (SFCE). Un modèle du genre dont d'autres pays souhaitent s'inspirer avec « l'objectif de développer des interconnexions entre les bases », s'enthousiasme la Dr Guerrini-Rousseau.
Un score de risque polygénique pour personnaliser la prise en charge
Les travaux de Decript se décomposent en trois axes
- séquençage de l'ADN tumoral et de l'ADN constitutionnel dans une cohorte de 4 000 à 5 000 patients (entrepôt de données standardisé et sécurisé) ;
- calcul d'un score de risque polygénique de second cancer à l'aide de l'analyse épidémiologique et génétique (nouveaux gènes de prédisposition et impact de variations génétiques) en intégrant les caractéristiques cliniques et les traitements reçus ;
- transfert des connaissances de recherche fondamentale vers la recherche clinique, comme l'essai international de prévention avec une immunothérapie dans le syndrome CMMRD.
À terme, ces travaux pourraient ainsi permettre d'adapter les traitements, de personnaliser les modalités de suivi et de proposer des stratégies de prévention. Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) a vu le jour en septembre 2021 pour les cas familiaux génétiques complexes, la RCPop. « Une fois par mois, oncologues, généticiens biologistes et médicaux, spécialistes de chaque syndrome de prédisposition se rassemblent, c'est une initiative inédite à l'international », se félicite la pédiatre oncologue.
Pionnier en oncologie pédiatrique en 1952, Gustave-Roussy, qui a regroupé les équipes dans une seule unité de recherche début 2026, poursuit son engagement pour guérir les enfants mieux et plus
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L'Institut Gustave-Roussy a lancé un autre programme médicoscientifique en oncologie pédiatrique, le projet Inspire. Codirigé par la Dr Claudia Pasqualini, oncopédiatre, il vise à mieux comprendre les mécanismes de résistance de certains cancers pédiatriques en étudiant le micro-environnement tumoral. Ce dernier peut freiner l'action du système immunitaire, limiter l'action des traitements et favoriser les métastases. Inspire a pour objectif de décrire les interactions entre les cellules tumorales et leur environnement immunitaire, en particulier les macrophages. Pour ces travaux, les chercheurs s'appuient sur des organoïdes, des modèles 3D de tumeurs réalisés à partir des cellules des patients au niveau du site primitif et des sites métastatiques. L'équipe étudiera si la modulation du micro-environnement permet de diminuer la dissémination métastatique et d'améliorer la réponse aux traitements. |
[1] Communiqué de presse, Septembre en or : lancement de deux nouveaux programmes de recherche dédiés aux cancers pédiatriques (Gustave-Roussy, 8 septembre 2026)
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