Un risque plus élevé si la consommation de boissons sucrées excède 237 mL par jour.monticelllo / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Plusieurs facteurs de risque de cancer gastrique sont déjà identifiés : infection (Helicobacter pylori), tabac, alcool, alimentation pauvre en fruits et légumes. Par ailleurs le rôle délétère des boissons sucrées a déjà été avancé pour certains cancers, notamment colorectal, du sein et du foie. Mais aucun élément n’était à ce jour disponible concernant les cancers gastriques.
D’où l’intérêt porté par plusieurs médias grand public sur les résultats d’une vaste étude épidémiologique [1] publiée dans la revue Gastro Hep Advances, portant spécifiquement sur le cancer de l’estomac.
Dans ce travail, les données de deux cohortes américaines ont été utilisées : celles de la Nurses’Health Study (121 700 femmes de 30 à 55 ans, suivies depuis 1976) et de la Health Professionals Follow-Up Study (51 529 hommes de 40 à 75 ans, suivis depuis 1986). Parmi les personnes ayant complété en 1986 le questionnaire ad hoc (112 284 et non pas les 177 000 participants initialement inclus), 278 cas de cancers gastriques ont été enregistrés.
Les chercheurs se sont particulièrement intéressés à la consommation de boissons sucrées (principalement du sucre ajouté) : sodas, limonades, cocktails de fruit, boissons énergisantes, etc. Celle-ci a été quantifiée en cinq groupes : moins d'une portion par mois ( < 8 onces soit < 237 mL), ce qui est considéré comme une absence d’apport, une à trois portions par mois, une à trois par semaine, quatre à sept par semaine et plus d'une par jour.
Un risque mis en évidence pour la première fois
Un risque plus élevé est apparu associé au cancer de l’estomac lorsque les personnes buvaient quotidiennement plus de 237 mL (8 onces) par rapport à celles qui n’en consommaient jamais, soit un risque multiplié globalement par 2,45, mais triplé chez les femmes et doublé chez les hommes.
En revanche, aucune différence n’a été constatée avec les boissons contenant des édulcorants. Quant aux mécanismes en cause, ils restent encore hypothétiques : prise, de poids, perturbations endocriniennes, inflammation… ?
Si Sud Ouest via Destination Santé [2] souligne que « cette étude de grande ampleur et à la méthodologie rigoureuse est la première à mettre en évidence cette association fortement suspecte », elle insiste aussi sur ses limites. « Comme il s’agit d’une étude observationnelle, les résultats montrent uniquement une association entre la consommation de boissons sucrées et le cancer de l’estomac. Ils ne permettent pas d’affirmer que ces boissons sont directement responsables de l’apparition de la maladie ». Clémence Lannes de Passeport Santé [3] conclut également que « la prudence reste nécessaire avant d’en tirer des conséquences définitives pour chacun ».
[1] Gweon TG, Ha J, Kim H, Du M, Song M, Chan AT. Association between sugar-sweetened and artificially sweetened beverage intake and gastric cancer incidence. Gastro Hep Advances, 2026;5. DOI/10.1016/j.gastha.2026.101097
[2] Boissons sucrées : un lien avec le cancer de l’estomac identifié pour la première fois (Sud Ouest par Destination Santé, le 25 août 2026)
[3] Lannes C. Boissons sucrées : une étude observationnelle pointe un lien avec le cancer de l’estomac (Passeport Santé, le 26 août)
2 minutes
Ajouter un commentaire




Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.