Données épidémiologiques

La mortalité a continué à baisser en 2024, malgré des décès par maladies respiratoires à la hausse

La baisse de la mortalité toutes causes s'est poursuivie en 2024, sans rejoindre le niveau des projections prépandémiques. Les tumeurs restent la première cause de mortalité devant les maladies cardio-neurovasculaires.

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En France, plus d'un cinquième des décès ont une cause inconnue ou imprécise.

En France, plus d'un cinquième des décès ont une cause inconnue ou imprécise.mitakag / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Résumé

Les causes de décès en France en 2024 sont décrites dans trois études publiées conjointement, l'une de Santé publique France et les deux autres par la direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques. 

La baisse de la mortalité post-Covid s'est poursuivie, mais les bénéfices ont été en partie effacés par la hausse des décès des maladies respiratoires (grippe, pneumonies). 

Les tumeurs restent la première cause de mortalité, totalisant plus d'un quart des décès (27,1 %) devant les maladies cardio-neurovasculaires (21,2 %). La mortalité des tumeurs diminue, sauf celle du cancer du pancréas en hausse tendancielle et celle des cancers broncho-pulmonaires chez les femmes. 

Plus d'un cinquième des décès ont une cause imprécise ou inconnue. 

Un tiers des décès sont associés à des comorbidités ou à certains antécédents médicaux en 2024. 

Trois études publiques publiées conjointement dressent un panorama des causes médicales de décès en France pour l'année 2024 [1, 2, 3]. La diminution de la mortalité toutes causes en post-Covid s'est poursuivie, mais marque le pas par rapport à 2022 et 2023, en partie en raison de la hausse de la mortalité des maladies respiratoires (grippe, pneumonies) avec une épidémie hivernale très intense [2]. Les tumeurs restent la première cause de décès chez les hommes et les femmes, devant les maladies cardio-neurovasculaires.

Ces résultats, publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire par Santé publique France [1] et dans deux Études et résultats de la direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (Drees) (2, 3], s'appuient sur la statistique nationale des causes de décès produite par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) (CépiDC), à partir du recueil exhaustif des volets médicaux des certificats de décès. Des chiffres à mettre en miroir avec l'augmentation (légère) de l’espérance de vie à la naissance, qui atteint 85,8 ans pour les femmes et 80,2 ans pour les hommes (+0,2 an par rapport à 2023) selon le bilan de l'Institut national de la statistique et des études (Insee) publié en 2026.

Une tendance globale favorable, mais des phénomènes contraires émergent

Si le nombre de décès est en hausse en 2024 (4 000 de plus qu'en 2023, soit 641 046) avec l’arrivée des générations du baby-boom aux âges de forte mortalité, Santé publique France confirme la tendance à la baisse observée ces dernières années : le taux de mortalité standardisé diminue (- 11 décès pour 100 000 habitants par rapport à 2023, soit 778 décès pour 100 000). Outre la diminution des décès dus au Covid, « des baisses de moindre ampleur s'observent aussi pour la mortalité due aux symptômes et états morbides mal définis, aux maladies cardio-neurovasculaires et aux tumeurs », précise Santé publique France dans un communiqué.

À l'inverse, la mortalité par maladies respiratoires (liée à un démarrage précoce de l'épidémie hivernale et la cocirculation de trois virus grippaux) [2] et, dans une moindre mesure, celle des maladies infectieuses (en particulier génito-urinaires et surtout septicémies) progressent. Ainsi, si le taux de mortalité standardisé en 2024 se situe à un niveau inférieur à celui de 2019, Santé publique France souligne toutefois « malgré un niveau historiquement bas, la mortalité toutes causes reste supérieure à celle que l'on aurait attendue si la tendance prépandémique s'était prolongée jusqu'en 2024 ». En particulier concernant la mortalité due aux maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, cardio-neurovasculaires, de l'appareil digestif et de l'appareil génito-urinaire. 

Un tiers des décès sont associés à des comorbidités ou à des antécédents médicaux

Première cause de mortalité comme en 2023, les tumeurs comptent pour plus d'un quart des décès (27,1 %, 77 315). Fait notable, elles concernent des personnes en moyenne plus jeunes que celles toutes causes confondues. La mortalité par tumeur continue de baisser, « à l'exception de celle du pancréas en hausse tendancielle, et de celles du poumon, des bronches et de la trachée chez les femmes », rapporte Santé publique France. Quant aux maladies cardio-neurovasculaires, elles restent en deuxième place (n = 71 621), avec un léger recul par rapport à l'an passé, causant un cinquième des décès (21,2 %). Loin derrière viennent les pathologies respiratoires (26 762), du système nerveux (21 088), dont les maladies d'Azheimer et de Parkinson, et les causes externes qui comportent entre autres les accidents et les suicides (19 553). 

Mais plus d'un cinquième des décès ont une cause inconnue (4,8 %) ou imprécise (16,5 %) [3]. Dans ce dernier cas, il s'agit d'arrêts respiratoires, de sénilité, d'insuffisances cardiaques ou encore de septicémies sans précision sur le point d'appel.

Par ailleurs, un tiers des décès est associé à des comorbidités ou à des antécédents médicaux (greffes, implants, stomies, traitements lourds), avec en moyenne 2,2 causes par certificat qui sont autant de facteurs de risque ou d'aggravation de la cause initiale.

L'hypertension artérielle (HTA) est la cause associée la plus fréquente chez les 65 ans et plus, alors qu'elle arrive en 4e position chez les moins de 65 ans, derrière les tumeurs, l'alcool et le tabac. « Leur prise en compte en complément de la cause initiale apporte une meilleure mesure de l'impact des maladies chroniques et des antécédents médicaux », conclut Santé publique France.

Sources

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