Etude

Changement climatique et système de santé : il est encore temps de donner votre avis dans la grande consultation du Shift Project

Le Shift Project, think tank pour la décarbonation de l'économie, s'adresse au secteur de la santé. Médecins, pharmaciens et infirmiers sont appelés à participer via un questionnaire en ligne jusqu'au 20 septembre. Objectif : définir des actions concrètes en faveur du climat.

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Des leviers d'action existent pour baisser les émissions des gaz à effet de serre en santé.

Des leviers d'action existent pour baisser les émissions des gaz à effet de serre en santé.Drazen Zigic / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le secteur de la santé est mis à l'épreuve par le changement climatique. En prise directe avec les conséquences sanitaires sur les patients, il est aussi contributeur des émissions de gaz à effet de serre (GES). Comment sortir de l'impasse ? Le Shift Project, ce think tank pour la décarbonation de l'économie, en partenariat avec l'association affiliée The Shifters composée de plus de 25 000 bénévoles, propose de choisir l'action.

En portant une grande consultation en santé, comme fait précédemment pour d'autres thématiques (agriculture, sport, maires), ces deux associations d'intérêt général souhaitent recueillir la voix des médecins, pharmaciens et infirmiers. Le questionnaire d'environ 15 minutes, qui comporte un volet commun et des items spécifiques à chaque catégorie professionnelle, est ouvert depuis mars et jusqu'au 20 septembre 2026.

Pour compléter cette enquête quantitative, des entretiens qualitatifs d'environ une heure sont menés en parallèle avec un panel d'une trentaine de professionnels de santé (hors du cercle des Shifters). Le projet est financé avec les fonds propres du Shift et les 4,5 millions d'euros collectés lors d'une opération de crowdfunding.

Une restitution au niveau national et local

« L'objectif de cette consultation est de comprendre la perception des enjeux énergétiques et climatiques par ceux qui font le système de soins. Quels sont les freins, les motivations, les besoins explique pour VIDAL Mathis Egnell, coordinateur et ingénieur de projet Santé au Shift Project. Les résultats nous permettront de porter la voix des professionnels de santé dans le débat public et de faire valoir leurs attentes auprès des politiques, des industriels, des institutions, comme la Haute Autorité de santé, l'Assurance maladie et des établissements de santé ».

La publication du rapport final est programmée lors d'un événement de restitution nationale à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris début novembre 2026. Les enjeux sont aussi locaux : le comité de pilotage prévoit des conférences régionales dans les établissements auprès des soignants cibles et des acteurs avec lesquels ils interagissent.

Une plus grande participation des libéraux et infirmiers est attendue

La participation du plus grand nombre est nécessaire pour donner du poids au plaidoyer. « Pour l'instant, nous avons reçu près de 14 000 réponses, provenant pour moitié de médecins, pour un tiers d'infirmiers et à 15 % de pharmaciens, poursuit Mathis Egnell. Ce qui représente 3 % des médecins, 3 % des pharmaciens et moins de 1 % des infirmiers. En l'état, les résultats statistiques sont solides au niveau national mais pas encore assez pour une analyse par région. Si la représentativité est satisfaisante dans certaines, par exemple l'Île-de-france, la Bretagne et la Normandie, elle ne l'est pas assez pour d'autres, comme l'Occitanie et les Hauts-de-France ».

L'équipe vise aussi une plus grande participation du secteur libéral (les répondants sont majoritairement hospitaliers) et plus largement des infirmiers avec un objectif de 1 à 1,5 %.

Médicaments et dispositifs médicaux : les postes les plus émetteurs de GES

Les principaux postes émetteurs de GES pour la santé sont la production et la consommation de médicaments et de dispositifs médicaux (50 %), loin devant les transports et déplacements des soignants, patients et visiteurs (10-15 %), la consommation d'énergie, notamment le chauffage (10 %) et l'alimentation (10 %).

Les leviers d'action sont nombreux et variés, par exemple :

  • pour les médicaments, favoriser la production française et européenne (ce qui abaisserait les émissions respectivement de 50 % et 40 % par rapport à une production intégrale en Chine) ;
  • préférer les dispositifs médicaux réutilisables plutôt qu'à usage unique ;
  • pour les transports, équiper les infirmiers et infirmières de véhicules électriques légers pour leurs visites à domicile ;
  • pour l'alimentation, limiter le gaspillage, les emballages plastiques et les produits carnés en faveur de ceux d'origine végétale.

Le système de soins français représente plus de 8 % des émissions de GES nationales (près de 50 millions de tonnes équivalent CO2).

Pour participer, cliquez sur le lien suivant.

Sources

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