Recommandations, Vigilance

EVRYSDI buvable : conduite à tenir en présence de particules après reconstitution

L'ANSM et le laboratoire Roche alertent les pharmaciens d'officine et hospitaliers de la présence possible de particules insolubles dans la solution buvable reconstituée d'EVRYSDI. Dans cette situation, le flacon de solution reconstituée ne doit pas être délivré.

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Il est demandé aux pharmaciens de vérifier la limpidité de la solution reconstituée.

Il est demandé aux pharmaciens de vérifier la limpidité de la solution reconstituée.Nuthawut Somsuk / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le laboratoire Roche et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) alertent les pharmaciens d'officine et les pharmaciens hospitaliers d'un possible défaut de qualité concernant la solution buvable EVRYSDI 0,75 mg/mL (risdiplam - cf. Encadré), après reconstitution. Ils précisent la conduite à tenir face à cette situation, pour la sécurité des patients [1]. 

Encadré - Indication thérapeutique d'EVRYSDI
  • Traitement de l’amyotrophie spinale (SMA) 5q chez les patients avec un diagnostic clinique de SMA de Type 1, Type 2 ou Type 3 ou avec une à quatre copies du gène SMN2.

La prescription est hospitalière, réservée aux spécialistes et services de neurologie et neuropédiatrie. 

Des particules visibles et insolubles dans la solution reconstituée

Cette alerte fait suite au signalement, par une pharmacie en Allemagne, de la présence de particules étrangères insolubles dans la solution buvable EVRYSDI 0,75 mg/mL après reconstitution sur deux lots [1, 2].

Selon le laboratoire ROCHE, un défaut de fabrication du produit vrac est à l'origine de cette anomalie. Après investigation au sein des sites de fabrication, il ressort que ces particules sont constituées de polytétrafluoroéthylène blanc (PTFE-Téflon). « Le PTFE est un matériau chimiquement inerte et non toxique et qui n’est pas absorbé par l’organisme. Les particules de PTFE identifiées mesurent entre 0,3 mm et 2,7 mm », détaille le laboratoire Roche dans son courrier adressé aux pharmaciens [2].

En France, 3 lots de produit fini sont concernés par ce défaut de qualité : 

  • B2034B04 ;
  • B2035B10 ;
  • B2036B05.

Aucun autre lot n’est concerné à ce jour.

Inspecter visuellement et remplacer par un autre flacon si nécessaire

Pour mémoire, EVRYSDY se présente en poudre pour solution buvable. La solution buvable EVRYSDI doit être reconstituée par le pharmacien (ou un professionnel de santé autre) conformément aux instructions décrites dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) avant d’être dispensée. Seule la forme reconstituée et prête à l'emploi doit être délivrée aux patients, dans le flacon d'origine en verre ambré et en position verticale. La solution reconstituée peut être conservée au réfrigérateur (entre 2 et 8 °C) pendant 64 jours au maximum.

Dans le cadre de l'alerte de sécurité, aucun rappel de lot n'est organisé, mais les recommandations suivantes sont adressées aux pharmaciens :

  • vérifier la limpidité de la solution reconstituée dans le flacon (conformément à l'étape 5 des instructions de reconstitution de la notice) : « Le flacon en verre ambré et la limpidité du médicament reconstitué permettent de détecter les particules de PTFE blanches à l'œil nu ».

Si la solution reconstituée contient des particules visibles après avoir agité le produit 2 fois pendant 15 secondes, conformément aux instructions de reconstitution :

  • la solution reconstituée d'EVRYSDI 0,75 mg/mL ne doit pas être délivrée ;
  • le pharmacien doit délivrer immédiatement et en remplacement un nouveau flacon ne présentant pas de défaut de qualité, afin de garantir la continuité du traitement ;
  • le pharmacien doit soumettre une réclamation en cas de produit défectueux et solliciter le remplacement du produit, en contactant l’Information médicale par téléphone au 01.47.61.47.61 ou par email à paris.imp@roche.com.

Pas de risque particulier identifié pour les patients

Dans son courrier [2], le laboratoire Roche précise que le risque clinique associé à ces particules insolubles est considéré comme faible pour les patients : « Ces petites particules ne présentent pas de risque particulier ou supplémentaire par rapport au risque habituel lié à l’ingestion de liquides ou d’aliments ». 

Aucun effet indésirable en lien avec ce défaut ni aucun nouveau signal concernant l'obstruction gastro-intestinale, la détresse respiratoire, l'insuffisance respiratoire ou la mortalité n’a été signalé ou identifié à ce jour.

Concernant plus spécifiquement le risque de dysphagie (symptôme potentiel bien connu, observé au cours de l'évolution de la SMA), le laboratoire explique que « la présence occasionnelle de particules ne devrait pas augmenter le risque intrinsèque pour les patients au-delà des risques déjà liés à l'administration de liquides ou d'aliments », note le laboratoire. Pour rappel, la dysphagie est traditionnellement gérée de manière proactive par la pose d'une sonde d'alimentation afin de garantir une nutrition sûre et de réduire les risques respiratoires.

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