Lancement d’un programme pilote de dépistage du cancer du poumon

Avant un déploiement national prévu en 2027, un programme pilote de dépistage du cancer du poumon vient d’être lancé dans cinq régions françaises. Il s’adresse à des fumeurs ou anciens fumeurs de 50 à 74 ans dont la forte consommation a duré au moins vingt ans.

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Chez les patients asymptomatiques, 85 % des tumeurs sont identifiées à un stade précoce.

Chez les patients asymptomatiques, 85 % des tumeurs sont identifiées à un stade précoce.Nattakorn Maneerat / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le 11 mai 2026 a été lancé le programme pilote de dépistage du cancer du poumon, une première étape avant un déploiement national, et dont Libération a détaillé les enjeux [1]. Le quotidien s’est notamment appuyé sur les explications du Pr Marie-Pierre Revel, cheffe du service de radiologie de l’hôpital Cochin à Paris [2], qui coordonne ce dispositif dénommé Impulsion avec le Pr Sébastien Couraud, chef du service de pneumologie et oncologie thoracique des Hospices Civils de Lyon.

On y apprend ainsi que le projet, porté par l’Institut national du cancer (Inca), concerne cinq régions (Île-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes), et qu’une généralisation est envisagée pour 2027.

L’objectif est de recruter 20 000 fumeurs ou ex-fumeurs âgés de 50 à 74 ans, ayant consommé un paquet de cigarettes par jour pendant au moins vingt ans. Pour être éligibles, les personnes ne doivent présenter aucun symptôme comme une toux, des douleurs, un essoufflement [3]…

Le but est de pouvoir prendre en charge des patients porteurs d’un cancer du poumon le plus tôt possible. En effet, 85 % des tumeurs identifiées chez des personnes asymptomatiques le sont à un stade précoce, qui ne requiert souvent qu’une intervention chirurgicale. A contrario, lorsque des symptômes sont présents, 85 % des tumeurs sont déjà à un stade avancé, ce qui nécessite alors un traitement beaucoup plus lourd avec des chances de guérison amoindries.

Des chiffres qui devraient balayer les craintes de certaines personnes à se faire dépister par peur d’un mauvais résultat.

De faibles contraintes pour un intérêt majeur

Les contraintes pour les participants sont minimes, la principale étant de s’engager à passer régulièrement des examens d’imagerie.

À la question de savoir si l’exposition répétée aux rayons X ne pourrait pas elle-même augmenter le risque de cancer, le Pr Revel explique que « grâce aux progrès technologiques et informatiques, on peut désormais utiliser des scanners à très faible dose, sans compromettre la qualité finale ».

Elle précise de plus que « l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) constitue aussi un progrès décisif. Un des objectifs d’Impulsion va être de démontrer qu’on peut remplacer le deuxième lecteur du scanner, un radiologue humain jusqu’à présent, par une IA ». C’est d’ailleurs avec cette dernière aide technique que le recours au dépistage à l’échelon national peut être envisagé, en l’absence d’un nombre suffisant de professionnels pouvant être mobilisés dans le programme.

Au-delà de la confirmation de l’intérêt et de la faisabilité d’un dépistage national réservé au cancer du poumon, Impulsion doit également apporter d’autres informations, en permettant, par exemple, de vérifier que le parcours patient est optimal dans toutes les régions françaises.

Le quotidien précise que l’« on va particulièrement évaluer le taux de faux positifs et le taux de complications des biopsies. On va aussi s’assurer que les délais entre un dépistage positif et la réunion pluridisciplinaire, puis entre cette dernière et l’intervention chirurgicale, sont partout tenus ». D’éventuelles difficultés et disparités pourraient ainsi être repérées et corrigées avant l’élargissement du dépistage.

Pour finir, la spécialiste ajoute que le dépistage du cancer du poumon pourrait apporter d’autres bénéfices que ceux attendus dans le domaine de la cancérologie. Les examens par scanner pourraient en effet servir à détecter d’autres anomalies provoquées par le tabagisme comme les atteintes coronariennes. La possibilité d’une combinaison du dépistage du cancer du poumon avec celui de pathologies cardio-vasculaires est ainsi à l’étude.

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