Les chercheurs prévoient en 2050 quasiment un doublement des morts par cancer par rapport à 2023.tovovan / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le magazine Science & Vie [1] a récemment relayé les résultats d’une grande étude [2], publiée dans The Lancet, portant sur la fréquence de différents cancers et leur mortalité dans le monde.
L’analyse des données recueillies de 1990 à 2023 conduit en effet à un constat inquiétant. En 2023, le nombre de nouveaux cas de cancers survenus dans 204 pays est estimé à 18,5 millions et celui des décès inhérents à 10,4 millions.
Pour se faire une idée de ce que représentent ces chiffres, Vikram Niranjan, professeur assistant de santé publique à l’université de Limerick (Irlande) et coauteur de l’étude [3] précise que cela signifie que près de 1 mort sur 6 est dû au cancer.
Un doublement des chiffres prévu en 2050
Si ces éléments révèlent « une augmentation alarmante des diagnostics de cancer, particulièrement dans les régions les moins équipées en infrastructures médicales, cette tendance, exacerbée par des facteurs évitables et des inégalités d’accès aux soins, annonce une crise sanitaire mondiale », souligne la journaliste Auriane Polge dans Science & Vie.
Les chercheurs prévoient en 2050 quasiment un doublement des morts par cancer par rapport à 2023 : le nombre de nouveaux diagnostics s’élèverait à 30,5 millions ; la mortalité atteindrait le chiffre de 18,6 millions.
Les pays à faible niveau de revenu les plus concernés
Selon les estimations, les pays à faible indice de développement humain en feront cruellement les frais puisque l’incidence des cancers pourrait y augmenter de 142 % d’ici 2050 [4], alors que la mortalité qui leur est attribuable y est déjà très élevée.
Le Pr Vikram Niranjan souligne, à cet égard, la rapidité à laquelle sont survenues les modifications du mode de vie et de l’environnement dans ces régions, associée au vieillissement des populations, mais sans le contrepoids des capacités de dépistage, de diagnostic et de traitement.
Le rôle majeur des politiques de santé
Le magazine scientifique précise, à cet égard, que d’après des données issues de 115 pays « seuls 39 % des États financent les soins de base comme le cancer dans leur couverture nationale. Moins d’un tiers propose un accès généralisé aux soins palliatifs. La radiothérapie reste quatre fois plus accessible dans les pays riches que dans les pays en voie de développement ».
Si presque la moitié (41,7 %) des morts par cancer était en 2023 attribuable à des facteurs de risque modifiables (tabac, alcool, alimentation, poids, pollution, métier, environnement…), la prévention ne saurait être seulement une affaire d’individus : elle est aussi fortement façonnée par les décisions politiques. Le cancer n’est pas qu’une pathologie médicale, c’est aussi une problématique sociale.
Or, pour l’instant, comme le souligne Auriane Polge, les données colligées révèlent à l’évidence « un échec collectif à bâtir des systèmes de soins plus justes ». Pour le Pr Vikram Niranjan, l’avenir n’est cependant pas fixé et ces projections doivent être considérées comme des avertissements plutôt que des certitudes.
[1] Polge A. Cancer : malgré les avancées médicales, la mortalité pourrait doubler d’ici 2050. Science & Vie, 15 mars 2026
[2] GBD 2023 Cancer Collaborators. The global, regional, and national burden of cancer, 1990-2023, with forecasts to 2050 : a systemic analysis for the Global Burden of Disease Study 2023. The Lancet, 2025;406:1565-1586
[3] Niranjan V. Cancer deaths to double by 2050 Unless We make changes, Expert Warns. Science Alert, décembre 2025
[4] Global cancer burden growing, amidst mounting need for services (Organisation mondiale de la santé, 1er février 2024)
3 minutes
Ajouter un commentaire



Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.