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Surveillance du vaccin IXCHIQ : pas de nouveaux signaux de sécurité identifiés

Les dernières analyses des données françaises de pharmacovigilance ne mettent pas en évidence de nouveaux signaux de sécurité concernant le vaccin IXCHIQ. Les effets indésirables rapportés sont connus. L'ANSM rappelle qu'IXCHIQ est contre-indiqué chez les sujets immunodéprimés.

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Vaccin sous surveillance renforcée notamment à travers une enquête de pharmacovigilance.

Vaccin sous surveillance renforcée notamment à travers une enquête de pharmacovigilance.Yutthana Gaetgeaw / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Dans le cadre de l’enquête de pharmacovigilance portant sur le vaccin contre le chikungunya IXCHIQ (cf. Encadré), l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) note qu'aucun nouveau signal de sécurité* n’a été identifié sur la période du 2 juin au 31 août 2025 [1]. 

*Un signal de sécurité correspond à un événement ou un effet indésirable dont le caractère nouveau ou inhabituel, qualitatif ou quantitatif nécessite une investigation. 

Encadré - IXCHIQ, un vaccin sous surveillance renforcée en France
Initiée en mars 2025, l'enquête de pharmacovigilance permet d'assurer une surveillance renforcée du profil de sécurité du vaccin IXCHIQ, alors que des événements indésirables graves ont été rapportés dès les premières semaines d'utilisation en mars 2025 (cf. notre article du 17 avril 2025). Elle est confiée aux centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Paris HEGP, avec comme relecteur le CRPV de Grenoble. 

Des effets indésirables connus

Les effets indésirables rapportés auprès des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) au cours de la période du 2 juin au 31 août 2025 sont en majorité connus et documentés :

  • 15 nouveaux cas déclarés sur la période ;
  • dont 3 cas graves correspondant à des symptômes similaires à ceux observés lors de formes graves d’infections au virus chikungunya (syndrome « chikungunya like »). 

« Il s’agit de déclarations tardives qui concernent des vaccinations réalisées avant le 28 avril 2025 », note l'ANSM.

Dans la majorité des cas, le profil des patients ayant développé ces effets indésirables est le suivant :

  • personnes vaccinées dans des zones où la maladie circule activement (zones endémiques) ou en pleine épidémie ;
  • sujets âgés de 65 ans et plus.

Ces effets indésirables sont présentés dans deux synthèses périodiques mises en ligne sur le site de l'ANSM : 

Au total depuis le début de la vaccination, 62 cas d’effets indésirables, dont 21 cas graves ont été déclarés sur le territoire français.

Pas d'IXCHIQ en cas d'immunodépression

L'enquête de pharmacovigilance relève un nouveau cas déclaré de mésusage d’IXCHIQ, correspondant à l'injection de ce vaccin dans un contexte d'immunodépression. 

L'ANSM rappelle aux professionnels de santé qu’IXCHIQ est un vaccin atténué ; il est contre-indiqué chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli (immunodéficientes ou immunodéprimées) en raison d’une maladie ou d’un traitement médical.

Des signaux devenus des effets indésirables mentionnés dans le RCP

Après analyse au niveau européen, les signaux de pharmacovigilance suivants ont été confirmés et intégrés (ou en cours d'intégration) en tant que risques dans les documents d'information (résumé des caractéristiques du produit [RCP] et notice) d'IXCHIQ : 

  • signal concernant l’encéphalite et l’encéphalopathie : après évaluation des données, l’Agence européenne du médicament (EMA) a confirmé le risque d’encéphalopathie et d’encéphalite pour les personnes âgées ayant des maladies associées (comorbidités) ; 
  • signal concernant le risque de méningite aseptique chez le jeune adulte en bonne santé : le risque de méningite aseptique était un effet indésirable connu mais un nouveau signal de sécurité a été déclenché à la suite d’un cas survenu chez un jeune adulte en bonne santé. Après évaluation des données, le comité de pharmacovigilance (Prac) de l'EMA a récemment recommandé [2] une évolution de l'information dans le RCP et la notice d'IXCHIQ, pour indiquer que « des cas graves, tels que la méningite aseptique, peuvent également survenir chez des patients jeunes ne présentant pas de comorbidités ». Jusqu’à présent, la majorité des cas rapportés concernaient des personnes de plus de 65 ans ou présentant plusieurs maladies chroniques.

 

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