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Baisse des IPP prescrits par les généralistes chez les enfants de moins d'un an depuis un rappel des règles par la HAS

Selon une étude d’impact, la fiche « pertinence » de la HAS sur le RGO est associée à une baisse significative des taux de délivrance d’IPP par des généralistes chez les nourrissons de moins de 1 an : -0,37 pour 1 000 naissances vivantes par an entre mars 2024 et août 2025.

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Entre janvier 2022 et décembre 2022, 188 052 enfants ont été exposés aux IPP avant l'âge de 1 an.

Entre janvier 2022 et décembre 2022, 188 052 enfants ont été exposés aux IPP avant l'âge de 1 an.Jorge Aguado Martin / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Les médecins généralistes ont réduit leurs prescriptions d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez les enfants de moins d'un an à la suite de la diffusion en mars 2024 d'une fiche pertinence par la Haute Autorité de santé (HAS), selon une étude d'impact publiée le 16 mars 2026.

Au cours des dernières années, l'exposition de la population pédiatrique à ces médicaments anti-acides a augmenté avec une prescription courante chez les enfants de moins d'un an, bien que cela soit hors autorisation de mise sur le marché (AMM) et malgré les recommandations des sociétés savantes (en juillet 2014 par le Groupe francophone d'hépatologie, gastro-entérologie et nutrition pédiatriques -GFHGNP- et en mars 2018 par les sociétés de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques nord-américaine -NASPGHAN- et européenne -ESPGHAN), rappelle-t-on.

Face à cette situation, la HAS a diffusé une fiche pertinence en mars 2024 intitulée "reflux gastro-œsophagien (RGO) chez l'enfant de moins d'un an: définitions, prise en charge et pertinence des traitements pharmacologiques". Elle rappelait que, chez l'enfant de moins d'un an, l'utilisation des IPP est réservée aux cas d'œsophagite par reflux confirmé par endoscopie œsogastroduodénale ou au traitement d'un RGO pathologique attesté par pH-métrie.

Cette fiche était accompagnée de documents pour les prescripteurs (logigramme et arbre décisionnel de prise en charge) et pour les parents (fiche d'information et affiche de conseils pratiques aux familles). Des courriels ont aussi été envoyés aux médecins généralistes.

Dans un point sur l'état des pratiques, la HAS indique qu'entre janvier 2022 et décembre 2024, 188.052 enfants (9%) ont été exposés aux IPP avant l'âge d'un an, avec des taux d'initiation de ces médicaments variant selon les départements de 4% à 18%. Les prescriptions étaient faites à 37% par des pédiatres libéraux, 32% des médecins généralistes et 25% des prescripteurs hospitaliers.

Pour l'étude d'impact de la fiche pertinence, la HAS a utilisé le système national des données de santé (SNDS). Elle a pris en compte les délivrances d'IPP chez les enfants de moins d'un an entre le 1ᵉʳ janvier 2015 et le 31 août 2025 en France (départements et régions d'outre-mer compris), une délivrance correspondant au remboursement par l'assurance maladie d'au moins une boîte un jour donné pour un patient donné pour un prescripteur donné.

S'agissant des médecins généralistes, la publication de mars 2024 apparaît bien associée à une baisse statistiquement significative des taux de délivrance (-0,37 délivrance pour 1.000 naissances vivantes annuelles entre mars 2024 et août 2025), par rapport au niveau de référence (5,2 délivrances par des généralistes pour 1.000 naissances vivantes annuelles sur janvier 2015-février 2018).

La HAS relève également une accélération significative de la baisse de ces taux.

Chez les généralistes, les recommandations internationales de 2018 avaient déjà été suivies d'une réduction du niveau (-0,30 délivrances pour 1.000 naissances annuelles) mais la hausse s'est ensuite poursuivie, même si elle était ralentie.

En ce qui concerne les pédiatres libéraux, la HAS observe un plateau, c'est-à-dire une stabilisation des taux de prescription après une tendance forte à la baisse dans les trois ans précédant la publication de la fiche pertinence, après la période Covid. Ils avaient déjà bien répondu aux recommandations des sociétés savantes internationales de pédiatrie en 2018.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 17 mars 2026.

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