Les Français les plus modestes participent jusqu'à deux fois moins aux programmes de dépistage.SeventyFour / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Analysant les données de l'EDP-Santé entre 2015 et 2020 [1], l’enquête s'appuie sur des caractéristiques socio-économiques individuelles (niveau de vie et diplôme) plutôt que sur des indicateurs écologiques territoriaux, permettant une mesure plus fine des inégalités.
Les résultats révèlent que les Français les plus modestes participent jusqu'à deux fois moins aux programmes de dépistage des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus que les plus aisés.
Cancer du sein : un écart de participation de 1,6
Parmi les femmes âgées de 50 à 74 ans éligibles au dépistage organisé, le taux de participation atteint 66,9 % chez les 10 % les plus aisées, contre seulement 41,6 % chez les 10 % les plus modestes.
Par ailleurs, le dépistage individuel (mammographies et échographies) concerne moins de 10 % des femmes les plus modestes (20,9 % chez les femmes au niveau de vie le plus élevé).
Cancer colorectal : une participation deux fois moindre chez les plus modestes
Pour les 50-74 ans éligibles au dépistage organisé du cancer colorectal, la participation est deux fois plus fréquente chez les 10 % les plus aisés que chez les 10 % les plus modestes (31,4 % versus 16,1 %).
Les femmes y participent davantage que les hommes (28,6 % contre 26 %).
Comme pour le cancer du sein, le taux de participation maximal n'est pas atteint chez les plus aisés, mais au neuvième décile, suggérant une substitution par un suivi médical individuel.
Cancer du col de l'utérus et vaccination HPV : des écarts similaires
Les femmes de 25 à 65 ans les plus aisées recourent 1,6 fois plus au dépistage que les plus modestes.
Concernant la vaccination préventive contre le papillomavirus, les adolescentes du décile le plus aisé sont 1,8 fois plus nombreuses à avoir un schéma vaccinal complet à 16 ans.
Au-delà des freins financiers
Si les coûts directs ou anticipés (examens complémentaires, restes à charge, transport) constituent un obstacle, les auteurs de l’étude précisent qu’il existe d'autres barrières : moindre familiarité avec les recommandations, distance sociale vis-à-vis des professionnels de santé, représentations défavorables des examens ou du pronostic.
Ces freins peuvent être accentués chez les personnes en situation de handicap ou présentant des troubles psychiques.
L'étude conclut que « la gratuité seule ne suffit pas » et qu'il est nécessaire de déployer « des actions complémentaires pour toucher les populations les moins disposées à la prévention ».
[1] Dépistage du cancer : les personnes modestes y recourent moins souvent (Drees, du 19 février 2026)
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