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Dépistage des cancers par prise de sang : patience, patience

La possibilité de dépister de nombreux cancers par une simple prise de sang n’est plus un rêve. Mais ce n’est pas encore une réalité. Si la recherche avance, il reste encore du chemin à parcourir avant qu’une utilisation en pratique clinique puisse être envisagée.

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Un dépistage précoce permettrait d’accélérer la prise en charge et d’améliorer le pronostic.

Un dépistage précoce permettrait d’accélérer la prise en charge et d’améliorer le pronostic.ojos de hojalata / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Un titre en gras et affirmatif : « Une prise de sang pour dépister 50 cancers » et un sous-titre en maigre et interrogatif : « fiable ou pas ? ».

La typographie utilisée en exergue dans l’article de Jasmine Saunier publié dans Santé Magazine reflète bien la situation actuelle. Le repérage très précoce de signaux tumoraux dans le sang permettrait indiscutablement la mise en œuvre de traitements anticancéreux moins lourds avant l’apparition des symptômes et une amélioration du pronostic. Mais qu’en est-il actuellement ?

Grâce aux explications recueillies auprès de deux experts, la Dre Suzette Delaloge de l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif et le Pr Julien Péron de l’institut de cancérologie des Hospices civils de Lyon, on apprend que parmi les différentes méthodes testées, la plus connue consiste à repérer des fragments d’ADN circulant provenant de cellules tumorales.

L’étape suivante consiste à analyser leurs spécificités. Le test Galleri, commercialisé par une entreprise californienne, mesure, par exemple, la méthylation de l’ADN, ce qui permet d’objectiver la présence d’un cancer et sa localisation. « Les techniques actuelles de séquençage de l’ADN donnent la possibilité de lire rapidement des millions de fragments et d’identifier les motifs de méthylation sur tout le génome. Ensuite les données sont analysées par des algorithmes qui comparent les profils de méthylation à une grande base de données issue de patients avec ou sans cancer ».

D’autres approches sont aussi à l’essai comme la fragmentomique, qui étudie la taille, la forme et la répartition des fragments d’ADN circulants d’origine tumorale. À Lyon, les recherches portent sur un marqueur protéique, la progastrine.

Des performances en demi-teinte

Le test Galleri est celui dont le développement est le plus avancé, permettant de « détecter plus de 50 cancers et de localiser l’organe d’origine dans 90 % des cas », précise L’Express. Une étude a cependant montré qu’il n’arrivait à dépister qu’un peu plus de 40 % des tumeurs. En examinant les résultats selon le type de cancers, les conclusions semblent plus favorables puisque pour les 12 cancers dont la mortalité est la plus élevée, le pourcentage de réussite s’élève à près de 74 %. Malgré tout, seuls 53 % des tumeurs malignes ne seraient détectées aux stades de début de la maladie, contre 25 % à un stade avancé ce qui n’est pas plus contributif que les dépistages actuels. Un autre écueil est celui des surdiagnostics : 38 % des résultats obtenus par le procédé Galleri étaient des faux positifs.

Une fois le test approuvé, quelles personnes pourraient en tirer avantage ? La réponse n’est pas encore très claire. Peut-être déjà celles identifiées comme étant à risque, par exemple, lorsqu’il existe des antécédents familiaux.

Pour clore le chapitre des problèmes en suspens, Santé Magazine s’inquiète également du coût et de la prise en charge financière de tels dispositifs.

Quoi qu’il en soit, il faudra encore patienter quelques années avant que ces analyses sanguines puissent être intégrées à la pratique clinique. Les résultats d’une grande étude menée sur plus de 140 000 personnes par les autorités de santé britanniques, le National Health Service (NHS), sont attendus en 2026, rapporte l’Express. Ils devraient être « décisifs pour juger de l’utilité réelle de cette technologie ».

Sources

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