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Plusieurs nourrissons hospitalisés en France après avoir consommé du lait contaminé par une toxine

Les onze nourrissons hospitalisés pour une gastro-entérite, suspectée d’être liée à un lait infantile issu d’un lot retiré, ont pu tous rentrer chez eux. Afin de renforcer la sécurité des nourrissons, l’Efsa recommande d’abaisser le seuil limite de céréulide dans ces produits.

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Bacillus cereus est une bactérie ubiquitaire dans l’environnement et thermosensible. 

Bacillus cereus est une bactérie ubiquitaire dans l’environnement et thermosensible.  airdone / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Les agences régionales de santé (ARS) ont remonté 11 cas de nourrissons hospitalisés pour gastro-entérite sévère et qui avaient consommé du lait infantile provenant d'un lot retiré du marché car contaminé par une toxine, la céréulide, a fait savoir la direction générale de la santé (DGS) le 2 février 2026 lors d'un point presse en ligne.

Tous ces enfants sont "revenus à domicile", a noté l'administration du ministère de la santé, précisant que ce bilan ne tenait pas compte des "deux signalements de décès" de nourrissons rapportés ces dernières semaines, "qui font l'objet d'une enquête judiciaire".

Ce point presse était organisé par la DGS et le ministère de l'agriculture dans un contexte de retraits-rappels en cours au niveau international, concernant des laits infantiles contenant une huile riche en acide arachidonique (huile ARA) susceptible d'être contaminée par la toxine céréulide.

Pour l'heure, "aucun lien n'a scientifiquement été démontré entre la consommation d'un lait infantile retiré du marché et une éventuelle pathologie ou le décès d'un nourrisson", souligne la DGS dans un message DGS-Urgent mis en ligne samedi.

Le 2 février 2026, elle a expliqué être en lien d'une part avec les centres antipoison (CAP), qui "répondent aux sollicitations des parents", et d'autre part avec les ARS, qui ont "la charge de nous remonter les situations les plus préoccupantes qui leur sont signalées chez des nourrissons qui auraient pu avoir consommé les laits infantiles" concernés par un retrait.

Pour les 11 cas d'hospitalisation identifiés, les investigations ont révélé que cinq avaient consommé "avec certitude" du lait concerné par un rappel. Pour les six autres, il y avait "un doute de consommation d'un lot rappelé".

Par ailleurs, et alors qu'une épidémie de gastro-entérite est en cours en France, "cinq diagnostics différentiels" ont été posés parmi ces 11 bébés, avec la détection de pathogènes -notamment des adénovirus- susceptibles d'expliquer la gastro-entérite ayant conduit à l'hospitalisation, a précisé la DGS.

Elle a ajouté qu'il n'y avait "pas de recherche systématique de la toxine" chez les enfants concernés, assurant que d'une part cela ne changeait pas la prise en charge -qui repose sur des traitements symptomatiques "quelles que soient l'origine et les raisons des symptômes" de gastro-entérite- et que d'autre part, même avec cette information, "on ne pourrait pas forcément lier la maladie à la toxine".

Les signes cliniques évocateurs d'une intoxication par la céréulide sont "ceux d'une toxi-infection alimentaire", et chez le nourrisson, les symptômes sont "dominés par des vomissements précoces et répétés pouvant être accompagnés d'une diarrhée et d'une fièvre modérée à élevée", est-il décrit dans le DGS-Urgent.

Le principal risque chez le nourrisson est la déshydratation aiguë. Les symptômes apparaissent rapidement, en général entre 1 et 12 heures après l'ingestion du produit contaminé, et l'évolution est "très généralement favorable", en l'espace de 6 à 24 heures.

Le DGS-Urgent détaille la conduite à tenir en cas de symptômes évocateurs chez des nourrissons ayant consommé du lait concerné par un retrait du marché (cf. article du Vidal du 29 janvier 2026).

Un objectif de plus de 1.000 contrôles en 15 jours

Le gouvernement a par ailleurs fait savoir qu'il suivait la recommandation de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) d'appliquer un "niveau de sécurité renforcé" pour les taux de céréulide pouvant être contenus dans les produits, en abaissant le seuil limite de 0,03 à 0,014 µg par kg de masse corporelle.

"Ce nouveau seuil permet d'aller encore plus loin dans la protection des nourrissons, étant fondé sur les normes méthodologiques les plus récentes et intégrant un facteur de sécurité supplémentaire pour ceux-ci", précise le ministère de l'agriculture. Ce seuil repose sur l'observation du taux de céréulide susceptible d'induire des vomissements dans un modèle animal (la musaraigne).

Le ministère appelle l'ensemble des fabricants de laits infantiles en France à "se conformer à ce nouveau seuil", et prévient que l'application de cette nouvelle mesure est donc "susceptible d'entraîner de nouveaux retraits et rappels dans les jours à venir". Au total, cinq usines en France sont concernées.

Il a par ailleurs rappelé le 2 février 2026 avoir lancé une opération de grande envergure en matière de "contrôle de l'effectivité des retraits et rappels" dans les magasins et pharmacies, l'objectif étant de réaliser "plus de 1.000 contrôles en 15 jours".

Les premiers retours sont "beaucoup plus rassurants" que ce qu'avait mis en évidence une première phase de contrôle plus "modeste" menée en décembre 2025, au cours de laquelle des produits incriminés avaient été retrouvés dans les rayons de trois pharmacies sur les 30 contrôlées.

Aucune situation de pénurie de lait infantile n'est à craindre, a en outre assuré le ministère.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 2 février 2026.

Sources

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