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Retrait et rappel de lots de laits infantiles : un DGS-Urgent pour définir la conduite à tenir

Plusieurs lots de laits infantiles font l'objet d'un retrait dans les points de vente et d'un rappel auprès des consommateurs, en raison d'une contamination possible par la toxine céréulide. Dans ce contexte, un DGS-Urgent a été adressé aux professionnels de santé.

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En ligne de mire, une huile riche en acide arachidonique produite par un même fournisseur chinois.

En ligne de mire, une huile riche en acide arachidonique produite par un même fournisseur chinois.Cristina Gaidau / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Depuis fin décembre 2025, plusieurs sociétés commercialisant des laits infantiles en poudre procèdent au retrait international de lots au sein de leurs gammes (cf. Encadré), en raison d'un risque de contamination par la toxine céréulide. Ces retraits au sein des points de vente s'accompagnent de rappels auprès des consommateurs. 

Dans ce contexte, la direction générale de la Santé (DGS) précise aux professionnels de santé [1] la conduite à tenir en présence de signes évoquant une toxi-intoxication alimentaire après consommation de lait infantile dans un DGS-Urgent.

Il est notamment rapporté, qu'à ce jour, « aucun lien n’a scientifiquement été démontré entre la consommation d’un lait infantile retiré du marché et une éventuelle pathologie ou le décès d’un nourrisson ». En France, deux enquêtes judiciaires sont ouvertes pour définir les causes de décès de deux nourrissons ayant consommé du lait Guigoz.

Encadré - Liste des laits infantiles faisant l'objet d'un retrait/rappel de lots (au 29 janvier 2026)

Seuls certains lots de ces produits sont concernés par l'alerte de retrait/rappel. Les lots non concernés peuvent être utilisés.

Société Nestlé (cf. notre article du 15 janvier 2026 pour la liste des lots)

Société Lactalis Nutrition Santé (LNS - cf. notre article du 22 janvier 2026 actualisé le 24 janvier 2026 pour la liste des lots) 

Société Blédina (uniquement en France d'outre-mer - cf. notre article du 22 janvier 2026 actualisé le 24 janvier 2026 pour la liste des lots)

Société Gallia (cf. notre article du 22 janvier 2026 actualisé le 24 janvier 2026 pour la liste des lots)

Société Babybio [2, 3]

  • OPTIMA 1 en pot de 800 g : 
    • GTIN 3288131580319, lot 894408, péremption 09/07/2027
    • GTIN 3288131580319, lot 900035, péremption 12/08/2027
  • OPTIMA 1 en pot de 400 g :
    • GTIN 3288131590318, lot 900932n péremption 18/08/2027

Société Duroc La Marque en moins (uniquement site internet) [4, 5, 6]

  • BIO AGE 3 (10 - 36 mois) en pot de 800 g : 
    • GTIN 3701335101680, lot 8000003748, péremption 17/11/2027
  • BIO AGE 2 (6 - 12 mois) en pot de 800 g : 
    • GTIN 3701335101673, lot 8000003747, péremption 17/11/2027
  • BIO AGE 1 (0 - 6 mois) en pot de 800 g : 
    • GTIN 3701335101666, lot 8000003746, péremption 16/11/2027

Une alerte internationale à cause d'une huile produite en Chine

Dans un communiqué de presse commun [7], le ministère de la Santé et le ministère de l'Agriculture expliquent que cette alerte internationale est motivée par le risque de contamination d'une huile riche en acide arachidonique (huile ARA) produite par un fournisseur chinois et entrant dans la formulation des laits infantiles « pour le bon développement des bébés ». 

Prise en charge d'un nourrisson ayant des effets indésirables après ingestion d'un lait infantile

Les signes cliniques évocateurs d’une intoxication par la toxine céréulide sont ceux d’une toxi-infection alimentaire :

  • chez le nourrisson : les symptômes sont dominés par des vomissements précoces et répétés pouvant être accompagnés d’une diarrhée et d’une fièvre modérée à élevée ; 
  • le délai d’apparition des symptômes est court, le plus souvent compris entre 1 et 12 heures après l’ingestion de l’aliment ou du lait contaminé ;
  • l’évolution est très généralement favorable, avec une régression spontanée des symptômes en 6 à 24 heures ;
  • chez le nourrisson, le risque principal est la déshydratation aiguë : perte de poids, bouche sèche, pas ou peu d’urines dans la couche, yeux creux, absence de larmes ;
  • les autres signes de gravité associés à une toxi-infection sont :
    • fièvre élevée persistante,
    • sang dans les selles,
    • vomissements répétés,
    • tout nourrisson âgé de moins de 3 mois présentant des symptômes.

En priorité, réhydrater 

« La prise en charge thérapeutique d’une toxi-infection alimentaire est symptomatique et repose sur la réhydratation par solution de réhydratation orale (SRO) », explique la DGS : 

  • proposer à l’enfant rapidement et prioritairement une solution de réhydratation orale (SRO), en petites quantités répétées (10-15 mL toutes les 10-15 minutes), même en cas de vomissements (cf. VIDAL Reco « Gastroentérite aiguë de l'enfant »). La prise fractionnée de SRO est le meilleur traitement pour diminuer les vomissements, les traitements antivomitifs ne sont que peu ou pas efficace ;
  • si l'apport oral n'est pas réalisable, la réhydratation entérale par sonde nasogastrique (40 à 50 mL/kg en 4 à 6 heures) est aussi efficace que la réhydratation IV (cf. VIDAL Reco « Gastroentérite aiguë de l'enfant ») ;
  • poursuivre l’alimentation dès que possible, sans jeûne prolongé, avec un lait adapté ou une alimentation normale adaptée à l’âge de l’enfant ;
  • éviter les boissons sucrées, sodas, jus de fruits ou eau seule, inadaptés à la réhydratation.

Pour les cas graves

Les cas graves doivent être adressés aux urgences hospitalières. Les parents doivent contacter le 15 en cas de symptômes sévères.

Toute situation préoccupante doit faire l’objet d’un signalement à l'agence régionale de santé (ARS). Les parents peuvent également faire une déclaration sur le portail des signalements en cas de symptômes évocateurs d'une intoxication, en précisant la marque, le n° de lot et si un médecin a été consulté.

La recherche de la bactérie ou de la toxine par diagnostic biologique est indiquée en cas de critère de gravité uniquement.

Conserver les laits pour analyse ultérieure

Le lait en poudre contenu dans des boîtes issues des lots faisant l'objet d'un rappel ne doit plus être consommé, même si l'enfant ne présente aucun symptôme.

La DGS préconise de conserver la boîte à des fins d’analyses ultérieures éventuelles.

Utiliser un lait de remplacement

Sur son site internet, la Société française de pédiatrie (SFP) a établi une liste des préparations infantiles pouvant être proposées en alternative aux produits retirés du marché, en tenant compte des allégations de chacune de ces préparations. 

Sources

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