#Santé publique

Quand les « miraculés » du cancer éclairent la recherche

Malgré un mauvais pronostic, ils sont toujours vivants. Ces patients exceptionnels, surnommés « outliers », défient les statistiques et intéressent désormais la recherche oncologique.

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Les chercheurs traquent ce qui unit ces survivants exceptionnels.

Les chercheurs traquent ce qui unit ces survivants exceptionnels.fizkes / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le magazine Elle a consacré le 11 décembre 2025 un reportage aux survivants de cancers réputés incurables. Recensés par la start-up française Cure51, ces patients font l’objet d’investigation visant à identifier les mécanismes biologiques à l’origine de ces rémissions exceptionnelles, dans l’espoir d’ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Un recensement international de cas rarissimes

L’initiative, baptisée « étude Rosalind » en hommage à Rosalind Franklin (auteure du cliché 51, la première photographie de l'ADN humain en 1952), inverse la logique traditionnelle de la recherche oncologique.

« Toutes les approches cherchent à comprendre pourquoi une personne décède de sa maladie. Nous avons adopté la démarche inverse : découvrir pourquoi certaines survivent », explique Emna Makhlouf, secrétaire générale de la start-up.

En l’espace de un an, la biotech française a identifié 500 survivants de cancers agressifs (cancer du pancréas, du poumon à petites cellules et glioblastome) à travers le monde, grâce à la collaboration de 98 centres hospitaliers en Espagne, en Allemagne et en France parmi lesquels l'Institut Gustave-Roussy (Villejuif) et le Centre Léon-Bérard (Lyon).

« Ces survivants sont tellement rares qu'on doit les chercher aux quatre coins du monde », souligne Emna Makhlouf. L'entreprise vise à recruter 10 000 patients dans les quatre prochaines années.

Pour chaque patient inclus, les chercheurs récupèrent le dossier médical et un échantillon tumoral, avant de procéder au séquençage de l’ADN. Les résultats sont comparés à ceux de patients décédés de la même pathologie, afin d'identifier une éventuelle signature moléculaire unique qui expliquerait ces survies exceptionnelles.

Premières pistes identifiées

En attendant la publication des résultats complets d'ici deux ans, la startup a d'ores et déjà identifié une dizaine de caractéristiques biologiques communes à ces survivants exceptionnels.

« Ils ont clairement quelque chose que les autres n'ont pas », confie Emna Makhlouf, tout en restant discrète sur la nature précise de ces découvertes.

L'objectif final est d'exploiter ces résultats pour développer de nouveaux traitements. En acceptant de participer à l'étude, les « outliers » espèrent contribuer à transformer leur exception en espoir thérapeutique pour des millions de patients.

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