La recherche clinique, une des missions du pharmacien d’officine.MJ_Prototype / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Longtemps réservée aux centres hospitalo-universitaires, la recherche clinique franchit aujourd'hui les portes des officines. Une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives pour la profession.
Trois questions à David Bottigioli, directeur général de Lyon Recherche clinique (Lyrec), association qui œuvre pour démocratiser l’accès à la recherche clinique auprès des hospitaliers, des industriels et désormais des professionnels de santé libéraux.
VIDAL. Comment définiriez-vous la recherche en officine ?
David Bottigioli. Longtemps cantonnée au milieu hospitalo-universitaire, la recherche clinique s’ouvre progressivement aux soins de ville.
Les pharmaciens deviennent des producteurs de données. Le décret du 3 octobre 2018 relatif aux conseils et prestations en officine inscrit d’ailleurs comme l’une des missions du pharmacien la participation à « des actions d’évaluation en vie réelle des médicaments, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique en collaboration avec les autorités sanitaires » [1].
Les pharmaciens d’officine sont de plus en plus sollicités pour participer à la génération de données en vie réelle, à l’évaluation de pratiques, à l’innovation organisationnelle voire au suivi ou au recrutement de patients inclus dans des essais cliniques. Une évolution encore discrète, mais riche en promesses pour l’avenir de la profession.
Quels types de projets sont possibles en milieu officinal ?
L’engagement du pharmacien en recherche peut prendre plusieurs formes :
- des études observationnelles : analysent l’usage réel des produits de santé (prescription, effets indésirables, observance…) et identifient les facteurs influençant la qualité des soins ;
- des études interventionnelles : évaluent l’impact d’interventions en conditions réelles, via des comparaisons s'appuyant sur des critères cliniques ou comportementaux ;
- la recherche collaborative en soins primaires : les pharmaciens participent à des actions interprofessionnelles (prévention, dépistage, maladies chroniques, oncologie, prévention de la iatrogénie…) ;
- des essais cliniques : les pharmaciens peuvent suivre les patients inclus ou les orienter vers des études offrant l’accès à des traitements innovants.
Ces activités peuvent paraître chronophages, mais la recherche clinique génère le plus souvent une rémunération qui rend l’activité viable et attractive.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux pharmaciens hésitant à s'engager dans des projets de recherche ?
Il est intéressant de souligner que de nombreux professionnels de santé libéraux participent déjà à la recherche, souvent sans en avoir pleinement conscience, à travers leurs démarches d’évaluation des pratiques professionnelles. Pourtant, peu d’entre eux valorisent ou structurent ces travaux qui pourraient aisément s’inscrire dans un véritable projet d’étude clinique.
Avec l’accompagnement de structures régionales comme les groupements interrégionaux pour la recherche clinique et l'innovation (Girci) ou associatives comme Lyrec et en étant pleinement impliqués dès la conception des projets, les pharmaciens ont toutes les cartes en main pour devenir des acteurs de la recherche clinique de demain.
D’après un entretien avec David Bottigioli, directeur général de Lyrec.
[1] Décret n° 2018-841 du 3 octobre 2018 relatif aux conseils et prestations pouvant être proposés par les pharmaciens d'officine dans le but de favoriser l'amélioration ou le maintien de l'état de santé des personnes (Journal officiel du 5 octobre 2018, texte 9)
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