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La vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche est un moyen de renforcer la protection des nouveau-nés et des nourrissons (illustration).

La vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche est un moyen de renforcer la protection des nouveau-nés et des nourrissons (illustration).

#Santé publique #Recommandations
Par David Paitraud - Date de publication : 14 avril 2022

Vaccination contre la coqueluche : recommandée à chaque grossesse par la HAS

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de vacciner les femmes enceintes contre la coqueluche, afin de conférer une protection passive contre cette maladie aux nouveau-nés dès leur naissance. Cette démarche est recommandée quel que soit le statut vaccinal antipertussique de la femme, et à chaque grossesse.
 
Résumé
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de vacciner les femmes enceintes contre la coqueluche à partir du deuxième trimestre de chaque grossesse, de préférence entre les semaines d'aménorrhée 20 et 36.

Cette recommandation sera ajoutée aux recommandations vaccinales 2022 (non publiées à la date du 13 avril 2022).

Cette démarche vaccinale vise à favoriser une protection passive du nouveau-né contre cette maladie infectieuse potentiellement grave. Plus de 9 décès par coqueluche sur 10 surviennent chez les nouveau-nés et les nourrissons de moins de six mois. 


En effet, au cours des premiers mois de vie, la protection du nourrisson contre la coqueluche n'est pas suffisante, et l'expose à un risque accru d'infection pertussique.

Les arguments en faveur d'une vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse sont :
  • la protection du nouveau-né assurée par le passage transplacentaire des anticorps anticoquelucheux de la mère, avec une efficacité démontrée en termes de réduction des hospitalisations et des décès chez les nourrissons de moins de 3 mois ; 
  • le bon profil de tolérance du vaccin chez la femme enceinte et le nouveau-né ;
  • la concentration des anticorps maternels insuffisante pour assurer cette protection passive des nourrissons lorsque la vaccination contre la coqueluche intervient avant la grossesse ;
  • l'expérience acquise à Mayotte, où la vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceinte a été recommandée en 2018, et les données internationales disponibles.
Lorsque cette vaccination pendant la grossesse n'est pas possible ou a été réalisée au moins un mois avant l'accouchement, la HAS recommande le maintien de la stratégie de cocooning, et la vaccination de la mère et de l'entourage du nouveau-né.

La Haute Autorité de santé (HAS) a émis de nouvelles recommandations relatives à la protection contre la coqueluche, qui seront ajoutées aux recommandations vaccinales 2022.

Pour renforcer la protection des nouveau-nés et des nourrissons, elle recommande une vaccination contre la coqueluche des femmes enceintes, à chaque grossesse et quel que soit leur statut vaccinal vis-à-vis de cette maladie. 

S'appuyer sur la vaccination de la mère pour protéger le nouveau-né avant qu'il ne soit vacciné à son tour
L'objectif de cette démarche est de protéger le nouveau-né contre cette maladie au cours des premiers mois de vie. 

Une période critique, sans protection
La vaccination contre la coqueluche est devenue une vaccination obligatoire chez le nourrisson depuis 2018. Elle est initiée à l'âge de 2 mois, mais
 plus de 90 % des décès par coqueluche surviennent au cours des six premiers mois de vie, et notamment au cours des trois premiers mois. Les données disponibles (cf. Encadré ci-dessous) indiquent qu'avant trois mois, les nourrissons ne sont que partiellement protégés par la vaccination contre la coqueluche. Les premiers mois de vie constituent ainsi une période à haut risque pour le nourrisson. 

Encadré - Coqueluche du nourrisson - Données épidémiologiques françaises
En France, plus de 9 décès par coqueluche sur 10 concernent un enfant de moins de 6 mois.
Entre 2013 et 2021 (source Renacoq, réseau national de la coqueluche), 993 cas de coqueluche hospitalisés ont été enregistrés chez des nourrissons de moins de 1 an, dont un tiers de nourrissons de moins de 3 mois (non protégés par la vaccination).

Une immunisation prénatale, assurée par un passage transplacentaire des anticorps anticoquelucheux de la mère, permet ainsi de protéger l'enfant pendant cette période critique, au cours de laquelle les parents et la fratrie sont les principales sources de contamination.

Une expérience française à Mayotte...
En France, la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse est mise en œuvre à petite échelle, sur le territoire de Mayotte depuis 2018. Elle a été initiée dans un contexte d'épidémie de coqueluche.

... et des données internationales
En outre, la stratégie de vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse est recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et mise en œuvre dans trente pays, dont plusieurs pays européens (Espagne, Irlande, Royaume-Uni, République tchèque, Belgique, Suisse). 

Les données de vie réelle issues de l'expérience étrangère permettent de confirmer le rapport efficacité/tolérance de cette stratégie : 
  • réduction de 58,3 % à 84,3 % des hospitalisations des nourrissons de moins de 2 mois pour coqueluche ;
  • réduction de la mortalité des nourrissons de moins de 3 mois de l'ordre de 95 % en Angleterre et au Pays de Galles. 
Les données de tolérance sont également rassurantes, tant pour la mère que pour le fœtus et le nourrisson. 

Assurer un passage transplancentaire suffisant des anticorps maternels
La vaccination contre la coqueluche est recommandée à chaque grossesse, et quel que soit le statut vaccinal antipertussique de la mère. 
En effet, chez une mère vaccinée avant la grossesse, la concentration des anticorps maternels est insuffisante pour assurer la protection passive des nourrissons. 
La vaccination pendant la grossesse permet d'assurer un transfert d'anticorps suffisant par passage transplacentaire.

Conséquence de l'immunisation prénatale sur la réponse immunitaire vaccinale du nourrisson
Dans le cadre de cette recommandation, la HAS s'est interrogée sur l'effet blunting de cette stratégie, c'est-à-dire l'influence de l'immunisation prénatale sur la réponse immunitaire du nourrisson au vaccin. L'effet inhibiteur des anticorps maternels sur la production d'anticorps par le nourrisson est effectivement décrit, mais ses conséquences sur la protection à terme des nourrissons primo-vaccinés n'est pas déterminée. 

Modalités de vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse
Saisie par la direction générale de la Santé (DGS) pour évaluer la pertinence d'inclure la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse dans les recommandations vaccinales
, comme c'est déjà le cas à Mayotte, la HAS s'est prononcée favorablement. 

Modalités de vaccination des femmes enceintes contre la coqueluche
Au-delà de sa position, elle définit les modalités de cette vaccination : 
  • vaccination à partir du deuxième trimestre de grossesse, de préférence entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée (de 18 à 34 semaines de grossesse) ;
  • vaccination à chaque grossesse, quel que soit le statut vaccinal de la mère ;
  • vaccination avec les vaccins non vivants tétravalents dTcaP (diphtérie, Tétanos, coqueluche, Poliomyélite). En France, seuls les vaccins REPEVAX et BOOSTRIXTETRA ont une indication chez la femme enceinte.

Favoriser l'adhésion des parents 
Pour sensibiliser les parents à l'intérêt de cette vaccination, la HAS recommande : 
  • d'évoquer ce sujet dès le début du suivi de la grossesse, idéalement lors des visites préconceptionnelles ;
  • d'envisager la vaccination contre la coqueluche de la femme enceinte en même temps que la vaccination contre la grippe saisonnière et la COVID-19 ;
  • de rendre disponibles les vaccins contre la coqueluche dans les maternités et autres centres de soins prenant en charge des femmes enceintes.
La HAS rappelle qu'elle recommande d'étendre l'autorisation de vacciner contre les maladies diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche aux infirmiers, pharmaciens et sages-femmes, y compris chez les femmes enceintes. 

Sans vaccination pendant la grossesse, la stratégie de cocooning reste nécessaire
Déjà recommandée, la stratégie de cocooning, qui vise à protéger le nourrisson de la coqueluche par une vaccination de son entourage (parents, fratrie, grands-parents), reste nécessaire si la mère n'a pas été vaccinée au cours de la grossesse.


Dans ce cas, il est recommandé de :
  • vacciner la mère en post-partum immédiat, avant la sortie de la maternité, même si elle allaite ; 
  • vacciner l'entourage du nouveau-né au plus tard à la naissance de l'enfant.
Lorsque la mère a été vaccinée pendant sa grossesse et qu'au moins 1 mois s'est écoulé entre la vaccination et l'accouchement, il n'est plus nécessaire de vacciner l'entourage proche du nourrisson. 

Enfin, conformément aux recommandations vaccinales en vigueur, la vaccination du nourrisson contre la coqueluche doit être initiée à l'âge de 2 mois, que la mère ait été vaccinée ou non pendant la grossesse.

Pour aller plus loin
Communiqué de presse - Coqueluche : vacciner la femme enceinte pour protéger le nouveau-né (HAS, 12 avril 2022)

Recommandation vaccinale contre la coqueluche chez la femme enceinte (HAS, 12 avril 2022)

Recommandation vaccinale contre la coqueluche chez la femme enceinte - Avis complet (HAS, 12 avril 2022)

 
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