Efficacité des vaccins COVID-19 : un risque de formes graves divisé par 9 selon 2 études françaises

Par DAVID PAITRAUD - Date de publication : 12 Octobre 2021
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Deux études récentes du groupement d'intérêt scientifique GIS EPI-PHARE démontrent une efficacité des vaccins contre la COVID-19 supérieure à 90 % contre les formes graves de cette infection (hospitalisation ou décès) chez les personnes de plus de 50 ans en France.
L'efficacité des vaccins COMIRNATY, SPIKEVAX et VAXZEVRIA sur les formes graves de COVID-19 persiste au moins 5 mois après une vaccination complète (illustration).

L'efficacité des vaccins COMIRNATY, SPIKEVAX et VAXZEVRIA sur les formes graves de COVID-19 persiste au moins 5 mois après une vaccination complète (illustration).

 
Résumé : 
Le groupement d'intérêt scientifique GIS EPI-PHARE (ANSM-Cnam) publie 2 nouveaux rapports analysant les données d'efficacité en vie réelle des vaccins COVID-19 (COMIRNATY, SPIKEVAX, VAXZEVRIA) au sein de la population française. 

Par rapport au précédent rapport publié en mai 2021, les données portent : 
  • sur un suivi plus long, jusqu'en juillet 2021 au lieu de février, 
  • sur une population élargie aux personnes de 50 ans et plus, 
  • sur 3 vaccins au lieu d'un seul (les vaccins VAXZEVRIA et SPIKEVAX en plus du vaccin COMIRNATY).
Ces nouvelles études montrent une efficacité vaccinale supérieure à 90 % en prévention des formes graves de COVID-19 (hospitalisation et décès) chez les plus de 50 ans (50-74 ans, et plus de 75 ans). 

Elles suggèrent également que cette efficacité persiste :
  • jusqu'à au moins 5 mois après un schéma vaccinal complet, 
  • au début de la période de circulation du variant Delta en France (juin à juillet 2021).


Deux nouvelles études de pharmaco-épidémiologie ont été réalisées par le groupement d'intérêt scientifique GIS EPI-PHARE (ANSM-Cnam) pour évaluer l'efficacité des vaccins contre la COVID-19 sur les risques de formes graves au sein de la population française.

Ces études ont été réalisées à partir des données du système d'information VACCIN COVID et du Système National des Données de Santé (SNDS) recueillies jusqu'au 20 juillet 2021, soit un suivi de 5 mois supplémentaires par rapport au précédent rapport (cf. notre article du 26 mai 2021).

Par rapport à ce précédent rapport qui ne portait que sur les personnes de 75 ans et plus, les données analysées dans ces 2 nouveaux rapports portent sur une population élargie : 
  • aux personnes âgées de 50 à 74 ans : comparaison d'un groupe de sujets vaccinés (entre le 1er février 2021 et le 30 avril 2021) versus un groupe non vacciné, soit 15,4 millions de personnes (7,7 millions dans chaque groupe) ;
  • aux personnes âgées de 75 ans et plus : comparaison d'un groupe de sujets vaccinés (entre le 27 décembre 2020 et le 30 avril 2021) versus un groupe non vacciné, soit 7,2 millions de personnes (3,6 millions dans chaque groupe).

Enfin, trois vaccins sur les 4 autorisés en France ont été étudiés (contre un seul dans le précédent rapport, le vaccin COMIRNATY) : 
  • vaccin COMIRNATY de Pfizer, utilisé majoritairement (chez 53 % des 50 - 74 ans et 85,3 % chez les plus de 75 ans) 
  • vaccin SPIKEVAX de Moderna (7 % des 50-74 ans et 8,7 % des plus de 75 ans), 
  • vaccin VAXZEVRIA d'AstraZeneca (39 % des 50-74 ans et 6,1 % des plus de 75 ans). 

Analyse des données d'efficacité par tranche d'âge
Efficacité vaccinale chez les 50-74 ans
Pour réaliser une comparaison entre groupes de population, chaque sujet vacciné de 50-74 ans a été apparié chronologiquement (du 1er février au 30 avril 2021) à la date de vaccination à un sujet non vacciné de mêmes âge (même année de naissance), sexe et région administrative.


Dans cette population, les sujets vaccinés avaient :
  • une prévalence plus élevée de maladies chroniques relativement aux sujets non vaccinés (hypertension, dyslipidémie, diabète, maladie coronaire),
  • tendance à être issus de milieux socioéconomiques moins défavorisés, 
  • moins d'antécédent connu d'infection au coronavirus.

En termes d'efficacité sur les formes graves, les auteurs observent pour l'ensemble des vaccins : 
  • une réduction du risque d'hospitalisation pour COVID-19 de 92 % (IC 95% = 91% à 94%) dans le groupe des sujets vaccinés,
  • une réduction du risque de décès lors d'une hospitalisation pour COVID-19 de 86% (78% à 91%) à partir du 14e jour après un schéma vaccinal complet. 

Les données vaccin par vaccin montrent une réduction du risque de forme grave de COVID-19 comparable, supérieure à 90 % :
  • 93 % avec COMIRNATY,
  • 92 % avec SPIKEVAX,
  • 94 % avec VAXZEVRIA. 

Enfin, l'analyse des données montrent également : 
  • un maintien dans le temps de l'efficacité vaccinale sur le risque de formes graves, avec persistance de la réduction du risque d'hospitalisation atteignant 96 % et 97% respectivement après un délai de 3-4 mois et 4-5 mois ; 
  • un maintien de l'efficacité vaccinale de 92 % (89 % à 95 %) sur la période comprise entre le 20 juin et le 20 juillet 2021, correspondant au début de la période de circulation du variant Delta.

Les auteurs soulignent que "la réduction du risque des formes graves de COVID-19 observée dans cette étude peut être sous-estimée car elle ne tient pas compte de la protection des non vaccinés par les vaccinés (immunité collective) ni de l'immunité naturelle acquise par l'infection qui diminue le risque de forme sévère chez les non-vaccinés".

Efficacité vaccinale chez les 75 ans et plus

Dans la population des 75 ans et plus, les auteurs ont apparié chronologiquement (du 27 décembre 2020 au 30 avril 2021) chaque sujet vacciné à un sujet non vacciné à la date de vaccination de mêmes âge (même année de naissance), sexe, région administrative et type de résidence (EHPAD et USLD avec/sans PUI [pharmacie à usage intérieur]).

En comparaison au groupe "non vaccinés", le groupe "vaccinés" était un peu plus favorisé sur le plan socioéconomique et avait moins souvent d'antécédents d'infection au SARS-CoV-2 (1,9% vs 4,8%). Peu de différences en termes de comorbidités ont été notées. 

Pour l'ensemble des vaccins, les auteurs observent : 
  • une réduction du risque d'hospitalisation pour COVID-19 de 93 % [IC95 % : 92 % à 93 %], à partir du 14e jour après la seconde injection,
  • une réduction du risque de décès pour COVID-19 de 93 % [IC95 % : 92 % à 94 %], à partir du 14e jour après la seconde injection,
  • une persistance de cette efficacité, de l'ordre de 94 % [IC95 % : 84 % à 98 %], à au moins 5 mois de suivi,
  • une persistance de cette efficacité malgré l'émergence du variant Delta (juin/juillet 2021). 

En synthèse : un risque de forme grave divisé par 9 chez les vaccinés de plus de 50 ans, et une efficacité maintenue à 5 mois 
Selon ces récents rapports français, on peut estimer que 
les personnes vaccinées de 50 ans et plus ont 9 fois moins de risque d'être hospitalisées ou de décéder de la COVID-19 en comparaison aux personnes non vaccinées. 

Outre le fait de confirmer les résultats préliminaires du précédent rapport EPI PHARE (cf. notre article du 26 mai 2021), ces nouveaux rapports permettent d'évaluer l'efficacité vaccinale sur les formes graves de COVID-19 :
  • dans une population élargie, dès l'âge de 50 ans,
  • avec un suivi plus long, à 5 mois après un schéma de vaccination complet, 
  • au début de la période d'émergence du variant Delta en France. 

Pour aller plus loin
La vaccination est efficace à plus de 90% pour réduire les formes graves de Covid-19 chez les personnes de plus de 50 ans en France (ANSM, 11 octobre 2021, actualisé le 12 octobre 2021)
Impact de la vaccination sur le risque de formes graves de Covid-19 (Epiphare, 11 octobre 2021)
Rapport EPI PHARE : données portant sur les 50 - 74 ans (11 octobre 2021)
Rapport EPI PHARE : données portant sur les plus de 75 ans (11 octobre 2021)

 

Sources : CNAMts , ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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oliv Il y a 11 jours 2 commentaires associés

Efficacité vaccinale... Après l'étude bidonnée de la DREES, Véran récidive avec l'étude bidonnée d'Epiphare ! Non mais quand allez-vous arrêter d'intoxiquer les médecins qui vous lisent et vous font encore confiance ? En tous cas côté patients les dégâts sont quasi irréversibles : grosse crise de confiance vis-à-vis d'une profession endoctrinée, servile, en perte de repères et de vocation. Après des années d'études de médecine, il est nécessaire de se déconditionner tout comme je l'ai fait après mes études d'ingénieur. Que de mensonges et de manipulations dans notre système éducatif élitiste et que d'orgueil ! Redescendez de vos piédestals ; cette époque est largement révolue à présent et on vous surveille de près.

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Modérateur Médecine générale Il y a 11 jours 1 commentaire associé

Vous comprendrez mieux en lisant la page 11 du rapport : 

"Au total, 3 645 744 sujets vaccinés et 3 645 744 témoins ont été inclus : 2 486 060 (40,5%) sujets inclus uniquement dans le groupe « vaccinés », 2 486 060 (40,5%) sujets inclus uniquement dans le groupe « non vaccinés » et 1 160 913 (19,0%) sujets initialement inclus dans le groupe « non vaccinés » puis devenus vaccinés par la suite et donc inclus successivement dans le groupe « non vaccinés » puis le groupe « vaccinés ». Le suivi médian à partir de la date index pour l’ensemble de la cohorte était de 50 jours (étendue interquartile (EIQ), 19 ; 111). Le suivi médian (EIQ) et le délai médian (EIQ) entre les injections par spécialité de vaccin sont reportés ci-dessous"

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oliwen Il y a 11 jours 0 commentaire associé

Merci mais vous comprendrez mieux sur la chaîne YT de "Décoder l'éco" à partir de la 8ème minute pour ce qui est de la page 11 du rapport. Ce genre d'étude purement statistique doit être analysée par des professionnels des chiffres et pas seulement des médecins. Les possibilités d'enfumage des lecteurs non initiés sont énormes dans ce domaine-là.

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